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ACCESS BANK RDC : enquête sur le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme
Accusée d’être impliquée dans le circuit de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme, la Banque Access RDC fait l’objet d’une enquête diligentée par l’Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC), un service spécialisé de la Présidence de la République, créé par l’Ordonnance n°20/013 bis du 17 mars 2020. En effet, l’enquête menée par l’APLC se révèle être conforme à son mandat tel que spécifié à l’article 2 de ladite ordonnance.

Secrétaire exécutif de la CENAREF, Kisula Betika
Toutefois, en poussant plus loin l’analyse d’autres textes juridiques en rapport avec la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en RDC, particulièrement la Loi n°04/16 du 19 juillet 2004 et le Décret n°08/20 du 24 septembre 2008 portant organisation et fonctionnement de la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF), il y a lieu d’évoquer le chevauchement de compétence entre l’APLC et la CENAREF.
1. Mandat de l’APLC
Conformément à l’article de l’Ordonnance n°20/013 bis du 17 mars 2020, l’APLC a pour mission principale d’analyser, examiner et étudier tout indice, soupçon, acte, information ou rapport relatif à la corruption, au blanchiment des capitaux et/ou à des infractions assimilées qui serait porté à l’attention du Président de la République ou de ses services et de lui proposer des mesures appropriées de détection, de prévention et de sanction desdits comportements de manière plus efficace, des procédures de confiscation des produits illicites et de recouvrement des avoirs, revenus et autres profits obtenus au moyen de ces infractions, le tout dans le respect de la Constitution et des lois de la République.
Concrètement, dans l’éventualité où une enquête est déclenchée, il est question de :
a) réunir et établir des preuves suffisantes de corruption et des actes assimilés, avec pouvoir d’entendre toute personne ;
b) faire requérir la mise en cause de la personne ou entité concernée et, le cas échéant, son inculpation et des poursuites par les instances judiciaires compétentes ;
c) s’assurer que le dossier ainsi constitué et toutes ses pièces soient effectivement transmis et déposés auprès de l’organe judiciaire compétent et des poursuites effectivement engagées ;
d) veiller à ce que les conséquences de la corruption et des faits assimilés soient réparées, notamment par l’annulation ou la rescision d’un contrat, le retrait d’une concession ou de tout autre acte juridique analogue ou que soit prise toute autre mesure corrective.

Se basant sur le contenu de l’ordonnance susmentionnée, on constate que l’APLC dispose des pouvoirs étendus. En effet, elle traite à la fois les cas de corruption et autres faits assimilés, ainsi que ceux reliés au blanchiment des capitaux et financement du terrorisme qui sont portés à la connaissance du Président de la République ou de ses services.
2. Attributions de la CENAREF
La CENAREF est un service public à caractère administratif et technique, placée sous la tutelle du Ministère des Finances, ayant pour mission de recueillir et de traiter les renseignements financiers sur les circuits de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme.
En effet, conformément à l’article 17 de la Loi n°04/16 du 19 juillet 2004 et à l’article 3 du Décret n°08/20 du 24 septembre 2008, la CENAREF est chargée de :
a) Recevoir, analyser et traiter les déclarations auxquelles sont tenus les personnes et organismes visés à l’article 4 de la Loi n°04/016 du 19 juillet 2004 portant lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme;
b) Recevoir aussi toutes les autres informations utiles, notamment celles communiquées par les autorités judiciaires ;
c) Faire poursuivre, le cas échéant, les personnes présumées coupables de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme;
d) Réaliser ou faire réaliser des études périodiques sur l’évolution des techniques utilisées aux fins de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme sur le territoire national;
e) Émettre des avis sur la politique de l’État en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, et sur sa mise en oeuvre. A ce titre, elle propose les réformes appropriées au renforcement de l’efficacité de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Il ressort de l’analyse de la Loi n°04/16 du 19 juillet 2004 et du Décret n°08/20 du 24 septembre 2008 que la CENAREF est la structure gouvernementale, habilitée à traiter les questions liées au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme.
3. Observation
Les textes juridiques fixant les attributions de la CENAREF en l’occurrence la Loi n°04/16 du 19 juillet 2004 et le Décret n°08/20 du 24 septembre 2008 d’une part, et l’Ordonnance n°20/013 bis du 17 mars 2020 portant création, organisation et fonctionnement de l’APLC d’autre part, donnent l’ouverture à chacune d’elle la compétence de traiter les dossiers relatifs au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme.

On peut toutefois mettre en exergue que les services rattachés à la Présidence de la République sont essentiellement des services de conception, d’orientation et de suivi de l’action gouvernementale, tandis que les services sous tutelle du Gouvernement sont des services d’exécution.
Au regard des textes juridiques instituant la CENAREF, spécifiquement la Loi n°04/16 du 19 juillet 2004 portant lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, cadre juridique permettant la prévention, la détection et le cas échéant, la répression des actes constitutifs de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme en RDC, et le Décret n°08/20 du 24 septembre 2008 portant organisation et fonctionnement de cette cellule, on constate un chevauchement de compétence entre cette cellule et l’APLC.
4. Conclusion et recommandation
A la lumière de tout ce qui précède, on est tenté d’affirmer que l’article 3 de l’Ordonnance n°20/013 bis du 17 mars 2020 créant l’APLC, postérieure à la Loi n°04/16 du 19 juillet 2004, laisse encore planer une ambiguïté de compétences, en ce qui concerne les attributions des experts de l’APLC. Il est donc opportun d’y remédier.
Aussi, dans le souci de prévenir tout dérapage dans l’exercice de sa mission, et en conformité avec l’article 6 de l’ordonnance créant l’APLC, le Président de la République, S.E. Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO devrait rendre opérationnel le Comité de Pilotage de l’APLC, organe d’orientation et de surveillance dont la mission est d’assurer le respect strict de la lettre et de l’esprit de la mission confiée à l’APLC et de veiller à l’atteinte de ses objectifs. En effet, la mise en place effective de ce comité aura l’avantage de suivre et d’évaluer périodiquement le travail des membres de la coordination de l’APLC.
Godefroid BUSHIRI RAMANZANI
Analyste Indépendant
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Réhabilitations à répétition des routes de desserte agricole : L’expert Firmin Kiala met en garde contre les solutions improvisées
L’amélioration durable des routes de desserte agricole en République démocratique du Congo passe impérativement par des études techniques approfondies, adaptées aux réalités géotechniques du pays et accompagnées d’un renforcement des compétences locales. C’est le message central défendu par Firmin KIALA KI-N’SOKI, consultant international et point focal de l’étude sur la qualité et la durabilité des routes de desserte agricole réhabilitées.
S’exprimant lors de l’atelier de synthèse du rapport provisoire de cette enquête nationale organisé du 6 au 7 mai 2026 au Cercle Elais, l’expert a dressé un état des lieux des infrastructures rurales réhabilitées à travers le pays tout en mettant en garde contre une généralisation précipitée de certaines techniques de stabilisation des routes.
« Il faut y aller progressivement », a insisté Firmin Kiala, estimant que plusieurs procédés techniques nécessitent encore des évaluations adaptées aux contextes locaux avant toute application à grande échelle.

Une étude nationale menée dans les 26 provinces
Selon le consultant, cette vaste enquête de terrain a mobilisé des équipes pendant près d’une année dans différentes régions du pays. L’objectif était d’évaluer les routes réhabilitées, d’identifier les forces et faiblesses des interventions réalisées et de capitaliser les meilleures pratiques observées sur le terrain.
L’étude a couvert un échantillon représentatif des 26 provinces de la RDC, réparties à travers sept grandes zones géotechniques. Une approche qui permet aujourd’hui de disposer d’une lecture plus précise des défis liés à la durabilité des infrastructures rurales.
Pour l’expert, il devient urgent de sortir des méthodes classiques afin d’adopter une approche globale et holistique des routes de desserte agricole. Celle-ci doit intégrer des chaussées adaptées aux besoins d’évacuation des produits agricoles en toutes saisons vers les centres de consommation, tout en tenant compte du trafic potentiel attendu.
Drainage, protection et entretien : les clés de la durabilité

Au-delà des travaux de réhabilitation, Firmin KIALA KI-N’SOKI insiste sur la nécessité d’intégrer des mesures de protection efficaces telles que les barrières de pluie, les dispositifs de lutte antiérosive ainsi qu’un système de drainage performant.
Refusant ce qu’il qualifie de « désinvestissement » consistant à revenir régulièrement sur les mêmes axes quelques années après leur réhabilitation, le consultant estime qu’avec une amélioration adéquate des sols de plateforme et un drainage efficace, une route bien exécutée peut tenir au moins dix ans avant l’apparition des premières dégradations majeures.
Dans cette logique, il recommande également la promotion du système d’entretien par Niveaux de Services (GeNis), considéré comme une alternative efficace pour assurer un suivi permanent des infrastructures rurales.
« La sagesse et l’expérience au service de la Nation »
À travers cette démarche, Firmin KIALA KI-N’SOKI confirme sa volonté de mettre son expertise au service du développement des infrastructures rurales congolaises. Une vision qui privilégie la durabilité, l’anticipation technique et la valorisation des solutions adaptées aux réalités du territoire national.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
