À la Une
À Shanghai, le représentant du Chef spirituel kimbanguiste plaide pour une coopération sino-africaine fondée sur la paix et la prospérité partagée
En mission à Shanghai, le Dr Jospin Lohanga, ambassadeur itinérant et représentant de Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani, a pris la parole lors de la 8ᵉ édition de la Patent Information Annual Conference of China (PIAC). Dans une allocution empreinte de vision spirituelle et diplomatique, il a appelé à un partenariat équilibré entre la Chine, le Congo et l’Afrique, fondé sur le respect mutuel, la paix et le développement durable.

Une présence africaine remarquée à Shanghai
Le 10 novembre 2025, la Chine a accueilli plusieurs délégations venues d’Afrique et d’ailleurs à l’occasion de la 8ᵉ édition de la PIAC, rendez-vous international consacré aux échanges commerciaux et technologiques.
La délégation congolaise, conduite par le Dr Jospin Lohanga, ambassadeur itinérant et représentant du Chef spirituel kimbanguiste, était accompagnée du député national Elvis Atsongya Kiyaya, élu de Beni (Nord-Kivu).
Dans son allocution adressée au président chinois Xi Jinping et aux délégations de la région Asie-Pacifique, Dr Lohanga a transmis les salutations et bénédictions de Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani, Chef spirituel et figure emblématique du mouvement kimbanguiste.
Le « Chemin de la Passion », pont entre Nkamba et le monde
Revenant sur la dynamique initiée lors de l’édition précédente en 2024, Dr Lohanga a rappelé l’accord de partenariat signé entre la Communauté kimbanguiste, la République Démocratique du Congo et la PIAC.
Cette collaboration vise à promouvoir un réseau d’échanges commerciaux d’import-export entre Nkamba, le Congo et la Chine, dans l’esprit du projet baptisé Chemin de la Passion, conçu par Papa Simon Kimbangu Kiangani.
« Le Chemin de la Passion s’inscrit dans la même dynamique que la Nouvelle Route de la Soie chinoise, en promouvant la coopération économique et culturelle entre les nations », a souligné le représentant du Chef spirituel.
Selon lui, cette vision s’aligne sur une quête d’équilibre mondial, où la puissance des grandes nations s’accompagne d’un renforcement des peuples longtemps marginalisés.
Le message du kimbanguisme : Amour, Loi et Travail
Au cœur de son message, le Dr Lohanga a rappelé les trois principes fondateurs du kimbanguisme — Amour, Loi et Travail —, qu’il a décrits comme les fondations d’une civilisation africaine ancienne, porteuse d’un message universel de paix et de fraternité.
« Grâce à ses ressources et à sa foi, l’Afrique est appelée à renaître de ses cendres et à conclure des accords de développement équitable et respectueux », a-t-il déclaré, appelant à une coopération sincère et mutuellement bénéfique.
Un hommage à la Chine et un appel à la coopération
Saluant la montée en puissance économique et technologique de la Chine, Dr Lohanga a présenté le modèle chinois comme une source d’inspiration pour le continent africain.
« La Chine s’est affirmée comme un exemple de développement rapide, de stabilité politique et de progrès économique durable », a-t-il affirmé.
Il a conclu en appelant à un monde où la diversité devient richesse et l’unité, force de transformation : « Puissions-nous, dans un esprit de coopération sincère, faire de notre diversité une richesse et de notre unité, la force d’un monde meilleur. »
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
La mosaïque d’un peuple-monde : RDC, l’empître géologique qui défie l’indifférence du monde
Avec ses 250 ethnies, ses 450 tribus, ses 78 855 villages et sa myriade de provinces, villes, territoires et chefferies, la RD Congo n’est pas un pays : c’est un continent d’humanité. Là où d’autres nations peinent à gérer trois langues ou dix régions, la RD Congo tient, vivante, bouillonnante et résiliente, une diversité qui ferait vaciller n’importe quelle administration occidentale.
Ce n’est pas un chaos, c’est un miracle politique et social – un laboratoire du vivre-ensemble à l’échelle de l’Afrique tout entière. Sous ce kaléidoscope humain repose un sous-sol à faire pâlir les milliards du Golfe : coltan, cobalt, cuivre, or, diamants, lithium… La RDC est le scandale géologique par excellence, un coffre-fort naturel que le monde pille sans vergogne tout en feignant d’ignorer sa dette historique.
Chaque batterie de nos smartphones, chaque transition énergétique “verte” repose sur les entrailles congolaises – et pourtant, ce pays reste traité en périphérie du jeu mondial. Quelle autre nation supporterait une telle contradiction sans imploser ? La grandeur doit être exigée à tous ceux qui osent prétendre la diriger. Alors oui, diriger cette exception planétaire ne se mesure ni en sièges dorés ni en discours lisses.
Celui qui aspire à gouverner la RD Congo doit porter en lui la hauteur vertigineuse de ce peuple et l’humilité face à cette terre prodigieuse. Il ne s’agit pas de gérer une crise, mais d’incarner une renaissance. Si les dirigeants congolais prenaient pleinement la mesure de ce qu’ils ont – cette diversité, ces ressources, cette âme indomptable – leur stature deviendrait aussitôt celle des plus grands bâtisseurs d’histoire. Car la RD Congo n’attend pas un chef : il attend un géant à sa mesure.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
