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À l’OCC, l’heure de la vérité a sonné – Christelle Mwabilu, la femme de la dernière chance
Ce mardi 17 février 2026 restera gravé comme le jour où le Ministère du Commerce Extérieur a choisi de ne plus assister, impuissant, à la déliquescence d’un fleuron de l’État. En signant l’arrêté mettant en place une commission de redressement pour l’Office Congolais de Contrôle (OCC), le Ministre Julien Paluku Kahongya a envoyé un signal fort : celui de la rupture et de l’exigence.
Mais au-delà de la paperasse administrative, ce sont des hommes et des femmes qui devront incarner ce sursaut. Et au cœur de cette tempête salvatrice, une figure se détache avec une acuité particulière : celle de la Directrice Générale intérimaire, Christelle Mwabilu. En lui confiant les rênes de l’institution 48 heures seulement après la suspension du numéro un, le Ministre n’a pas simplement nommé une intérimaire ; il a choisi un caractère, une vision et une probité.
Il a parié sur une femme pour sauver ce qui peut encore l’être. Dans un univers souvent miné par les compromissions, l’arrivée de Christelle Mwabilu à la tête de l’OCC agit comme un électrochoc. Les nouvelles orientations du ministre sont claires : rigueur, capacité de décision, et ce courage si rare de savoir sanctionner, positivement comme négativement. C’est dans ce moule exigeant que la nouvelle DG intérimaire doit désormais couler son action.
Loin des profils technocratiques classiques, Christelle Mwabilu semble taillée pour cette mission de salut public. On lui demande de s’assurer que le travail soit fait par les bonnes personnes, dans la bonne direction et avec les bonnes ressources. C’est un chantier titanesque, mais c’est aussi la description parfaite du leadership qu’elle devra incarner. Elle n’est pas là pour gérer un héritage encombrant, mais pour le transcender, bousculant au passage les intérêts établis.
La mise en place de la commission de redressement, présidée par le Professeur Byombuka et épaulée par des experts techniques, n’est pas une défiance envers la nouvelle DG. C’est, au contraire, le levier opérationnel qui permettra à Christelle Mwabilu de gouverner en toute transparence. En décidant de prendre en charge les aspects logistiques de cette commission sur le budget de son ministère, Julien Paluku offre à sa DG intérimaire un bouclier : celui de l’indépendance financière de l’enquête.
Christelle Mwabilu peut désormais s’appuyer sur des audits financiers, l’évaluation des contrats douteux et des mécanismes de contrôle défaillants, sans que le coût de la vérité ne pèse sur les caisses exsangues de l’OCC. Elle dispose ainsi de tous les outils pour trancher dans le vif et engager les réformes structurelles qui s’imposent. Le délai est court, quasi irréel pour une administration souvent poussive : dix jours, renouvelables une seule fois, pour rendre des conclusions.
C’est le tempo d’une gestion de crise, et c’est à cette vitesse que Christelle Mwabilu doit désormais apprendre à naviguer. En donnant à la commission un droit de regard absolu sur les comptes bancaires et les documents de l’Office, le Ministre a ouvert grandes les portes de la transparence. Il revient désormais à la DG intérimaire de transformer cet état de grâce en un nouvel âge d’or.
Avec un tempérament qui semble ignorer la peur et un sens aigu de l’intérêt général, Christelle Mwabilu incarne cette lueur d’espoir. À elle de prouver que la rigueur a un visage, et que ce visage est celui d’une femme prête à sortir l’OCC du naufrage pour le hisser vers les standards internationaux.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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Kananga : à la rivière Nganza, le lavage des motos devient une école d’entrepreneuriat pour les jeunes
À la rivière Nganza, située à Kananga, une scène devenue familière se répète chaque jour. Des dizaines de jeunes, âgés de 14 à 35 ans, s’activent sans relâche autour des motos et des véhicules qu’ils nettoient du matin au soir, du lundi au dimanche.
Dans un contexte marqué par le manque d’emplois formels, cette activité de lavage d’engins motorisés s’impose comme une véritable bouée de sauvetage économique. Elle permet à ces jeunes non seulement de subvenir à leurs besoins quotidiens, mais aussi d’envisager un avenir plus stable.
La débrouillardise comme moteur de survie
Munis de seaux, de chiffons et d’une détermination sans faille, ces jeunes ont transformé les abords de la rivière en un espace de travail dynamique. Ici, pas de contrat ni de sécurité sociale, mais une volonté commune de s’en sortir par leurs propres moyens.
Les revenus journaliers oscillent entre 10 000 et 15 000 francs congolais, avec des variations selon l’affluence et la « chance du jour ». Une somme modeste, mais souvent suffisante pour couvrir les besoins essentiels.

Portrait : Junior XL, symbole d’une réussite progressive
Parmi ces jeunes figure Junior XL, un prénom devenu presque une marque sur les lieux. Marié et père de deux enfants, il exerce cette activité depuis 2019. Ce travail, qu’il qualifie lui-même de « débrouillardise », lui a permis de construire son foyer et d’assumer ses responsabilités familiales.
« Grâce à ce travail, j’ai pu me marier et organiser ma vie », confie-t-il avec fierté.
La solidarité financière à travers les ristournes
Au-delà du travail individuel, une organisation collective renforce leur résilience économique. Junior XL participe à une ristourne, un système d’épargne communautaire, avec une contribution journalière de 5 000 francs congolais.
Cette pratique, très répandue dans les milieux informels, permet aux membres de disposer, à tour de rôle, d’un capital plus important pour investir ou faire face à des imprévus.
Diversification des revenus : un pas vers l’entrepreneuriat
Grâce aux fonds issus de cette ristourne, Junior XL a franchi une étape supplémentaire en ouvrant un petit restaurant pour son épouse, toujours à proximité de la rivière.
Avec un sens aigu du commerce, il oriente régulièrement ses clients vers ce point de restauration. Une stratégie simple mais efficace : après le lavage de leurs motos, certains deviennent aussi consommateurs, contribuant ainsi à faire prospérer l’activité familiale.
Des ambitions au-delà du lavage
Malgré les difficultés, Junior XL ne manque pas d’ambition. Son objectif à moyen terme est d’acquérir une moto neuve afin de se lancer dans le transport en commun et diversifier ses sources de revenus.
Comme lui, de nombreux jeunes de la rivière Nganza nourrissent l’espoir de transformer cette activité de survie en un véritable tremplin vers l’entrepreneuriat.

Un secteur à encadrer pour maximiser son impact
Si cette activité constitue une réponse concrète au chômage des jeunes, elle reste informelle et peu structurée. L’absence d’encadrement, d’infrastructures adéquates et de mesures d’hygiène pose plusieurs défis.
Un accompagnement des autorités locales ou d’organisations de développement pourrait améliorer les conditions de travail, accroître les revenus et transformer ces initiatives en véritables micro-entreprises.
À Kananga, le lavage des motos à la rivière Nganza dépasse le simple cadre d’un petit métier. Il incarne la résilience, l’ingéniosité et l’esprit entrepreneurial d’une jeunesse déterminée à se frayer un chemin vers un avenir meilleur, malgré les contraintes économiques.
Mike Tyson Mukendi
