Analyses et points de vue
À la recherche du vrai : quelle vérité en RDC?
Dans le tumulte incessant de notre ère digitale, où désinformation et relativisme s’entremêlent, la République Démocratique du Congo émerge comme un observatoire privilégié de l’évolution du concept de vérité. Ce pays, à la richesse culturelle et historique foisonnante, se situe à la croisée de narrations traditionnelles qui valorisent l’authenticité et des défis contemporains liés à la post-vérité.
Au cœur des traditions de la RDC, l’oralité s’impose comme un pilier de vérité transcendant les faits bruts. Dans le sillage de rituels, de mythes et de proverbes, les communautés congolaises transmettent depuis des générations une vérité collective, empreinte de sagesse et de mémoire culturelle. Cette oralité, loin des codes écrits rigides, vise à préserver un sens du vrai profondément ancré dans le tissu social et ancestral du pays.
La philosophie congolaise, traditionnellement authentique et objectivement antique, ne s’attache pas à une vision monolithique de la vérité. Au contraire, elle embrasse la multiplicité, reconnaissant la vérité comme une notion contextuelle et relative. Dans « République Passionnelle » l’auteur, célèbre pour ses analyses sur le pouvoir, trouvait en RDC un exemple parfait de l’influence politique sur les vérités sociétales.
Ces dynamiques amènent à repenser les critères d’objectivité, souvent hérités des anciennes puissances coloniales, pour réinventer une vérité plus authentique. À l’heure où les réseaux sociaux bouleversent la diffusion et la perception de l’information, la RDC fait face à un florilège de défis. Les fake news, vecteurs de désinformation rapide et massive, contrastent avec la réalité complexe du pays.
Sur le plan politique, la vérité n’est pas seulement un idéal mais un instrument manié selon les besoins de la cause. Pourtant, une lueur d’espoir perce à travers l’engagement des jeunes générations. Éveillée et critique, cette nouvelle conscience civile s’efforce de tracer un chemin vers une vérité participative et transparente. En RDC, le goût du vrai oscille entre le respect des traditions et l’urgence des défis modernes.
Le pays est à la recherche d’un équilibre entre l’authenticité des vérités vécues et la remise en question des notions imposées par les influences extérieures. Cette transformation pourrait bien être la clé d’un avenir plus conforme aux aspirations des Congolais invités à réfléchir sur la complexité des vérités qui sont un acte vivant en constante évolution et adaptation face à son environnement culturel unique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Analyses et points de vue
RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)
Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.
Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.
En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.
CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.
Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.
Le Processus de Réinsertion
Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.
A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.
Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.
Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.
Suivi psychologique pour les violences
Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.
La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.
Zagor Mukoko Sanda
