Diplomatie
À la Haye, la RDC veut renforcer sa coopération judiciaire avec les Pays Bas
La République démocratique du Congo et les Pays-Bas veulent renforcer leur coopération judiciaire, notamment dans la lutte contre l’impunité, la criminalité transnationale et la corruption. Cette volonté était au centre des échanges tenus le mercredi 9 septembre 2026 à La Haye entre le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, et son homologue néerlandais de la Justice et de la Sécurité, David van Weel.
Les deux responsables ont notamment examiné les moyens de consolider le cadre juridique de leur coopération et de faciliter la collaboration entre les autorités judiciaires des deux pays dans les affaires présentant une dimension internationale.
Vers de nouveaux accords judiciaires
Parmi les pistes évoquées figure la négociation d’accords bilatéraux sur l’extradition, le transfèrement des personnes condamnées et l’entraide judiciaire.
De tels instruments pourraient faciliter l’échange d’informations et de pièces judiciaires, ainsi que l’exécution de certaines mesures dans les procédures impliquant les deux pays.
Pour la RDC, la mise en place de mécanismes juridiques plus structurés doit permettre de mieux répondre aux dossiers dont les ramifications dépassent les frontières nationales.
La Police judiciaire au centre du renforcement des capacités
Le renforcement des capacités des institutions chargées des enquêtes et des poursuites a également été abordé.
Les discussions ont notamment porté sur les techniques d’enquête, la criminalistique ainsi que la collecte, la conservation et l’exploitation des éléments de preuve.
L’objectif est de renforcer les capacités des enquêteurs congolais à documenter les faits et à constituer des dossiers judiciaires solides pour soutenir les procédures engagées devant les juridictions nationales ou dans le cadre de mécanismes internationaux.
Traquer les avoirs issus de la criminalité
La lutte contre la criminalité financière constitue un autre volet de cette coopération.
Kinshasa souhaite notamment renforcer les échanges avec les autorités néerlandaises en matière d’identification, de traçabilité, de gel, de confiscation et de récupération des avoirs issus de la corruption et d’autres infractions graves.
Cette approche vise à agir non seulement sur les auteurs présumés des infractions, mais également sur les ressources financières générées par les activités criminelles.
La documentation des crimes graves
Les échanges ont également porté sur la documentation des crimes graves et la préservation des éléments de preuve.
Cette question revêt une importance particulière pour la RDC, confrontée à des violences persistantes dans sa partie orientale. Pour les autorités congolaises, une documentation rigoureuse des faits demeure essentielle à l’établissement des responsabilités et à d’éventuelles poursuites judiciaires.
La coopération entre les secteurs de la Justice, de la sécurité et de la Défense a ainsi été évoquée dans cette perspective.
Transformer les engagements en mécanismes opérationnels
À travers cette rencontre, Kinshasa entend donner davantage de contenu à sa diplomatie judiciaire et renforcer les outils permettant de lutter contre les infractions à caractère transnational.
Extradition, entraide judiciaire, transfèrement des condamnés, renforcement des capacités d’enquête et récupération des avoirs illicites constituent les principaux axes identifiés.
L’enjeu sera désormais de traduire les discussions engagées le 9 septembre à La Haye en accords concrets et en mécanismes opérationnels, afin de permettre aux autorités congolaises et néerlandaises de coopérer plus efficacement dans les procédures judiciaires transfrontalières.
Pour la RDC, cette coopération s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la lutte contre l’impunité, la corruption et la criminalité transnationale, tout en consolidant l’État de droit.
Glody Bukasa