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A Dakar, la coopération entre la Chine et l’Afrique prend une autre ampleur : la santé au-devant de la scène

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Souvent critiquée par l’Occident pour sa politique d’aide en Afrique, A Dakar, où s’est tenue la 8ème Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine, la Chine n’a pas fléchi devant ses détracteurs. Sa volonté de soutenir les efforts du développement des pays africains n’a pas changé d’un iota. Bien au contraire, l’Empire du milieu s’est montré encore plus proche de l’Afrique en dévoilant neuf axes prioritaires de sa coopération avec ce continent quelque peu oublié.

C’est le président chinois Xi Jinping lui-même, également Secrétaire général du Parti communiste chinois et président de la Commission militaire centrale, qui s’est chargé de faire cette grande annonce. C’était lors de son discours prononcé, lundi, par liaison vidéo, à l’ouverture de cette conférence réunissant plusieurs acteurs. Un moment fort qui en dit long sur le développement des relations sino-africaines dans le contexte de la pandémie et des supputations de la part de l’Occident qui voit d’un mauvais œil le déploiement des projets chinois en Afrique.

Comme il fallait s’y attendre, la santé, particulièrement la lutte contre la pandémie du Covid-19, et la reprise économique en Afrique ont constitué le plat de résistance de cette rencontre sur fond de la découverte en Afrique du Sud du variant Omicron.

Un milliard de doses de vaccins anti-Covid-19

Au passage, la Chine déjà très impliquée dans la lutte contre le Covid-19 depuis son apparition en Africaine, a promis d’aider ce continent avec un milliard de doses supplémentaires des vaccins contre le Covid-19. Pour cette livraison, 600 millions de doses des vaccins prendront la forme de don. « C’est pour aider l’Afrique à atteindre son objectif de vacciner 60% de sa population d’ici 2022 », a justifié Xi Jinping.

Mais ce qui est encore intéressant dans ce deal, est que les 400 millions de doses restantes seront coproduites par les laboratoires chinois et africains. Ce qui sous-entend l’idée de transfert de technologies chinoises à des entreprises africaines. C’est toute la signification des dix projets phares dans le domaine de la santé, que le président chinois a également fait mention de son discours, lesquels la Chine va très prochainement développer en Afrique à côté évidemment d’autres projets similaires qui sont déjà exécutés ou en cours d’exécution en Afrique. Pour cela, 1 500 professionnels médicaux et experts chinois seront dépêchés en Afrique, a révélé le président chinois dans mot d’ouverture de la conférence.

Outre la santé, comme il a été aussi dit lors de la Conférence de Dakar, la Chine va appuyer plusieurs autres programmes en Afrique, à savoir la réduction de la pauvreté, l’agriculture, le commerce et les investissements, l’innovation numérique, le développement vert, les échanges humains et culturels ainsi que la paix et la sécurité. C’est en tout cas les axes prioritaires que la Chine entend réaliser en Afrique.

Et si on regarde de plus près cette déclinaison de l’aide Chine, très rapidement on s’aperçoit que le couple sino-africain émet désormais sur la même longueur d’onde. Dans ce contexte du renouvellement du vœu de mariage, difficile que des parasites viennent perturber cette lune de miel. Même si la coopération en Afrique n’est pas exclusion, mais dans cette forme de compétition qui ne dit pas son nom, la Chine a pris un avantage sérieux.

Quitte à d’autres pays d’imiter l’exemple de la Chine. Au demeurant, c’est le visage de l’Afrique qui va changer positivement. Bien entendu, avec l’implication des dirigeants et des peuples africains eux-mêmes. C’est seulement dans ces conditions que l’humanité toute entière pourra vivre en harmonie : vœu de la Chine.

Par Cyprien Kapuku


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30 juin : Comme une folle envie d’écrire (Tribune d’Alain Claude Christian Djate Yodi, Journaliste-Communicologue)

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Comment écrire et pourquoi écrire ? Ce ne sont pas vraiment des questions que l’on se pose, quand on connait soi-même le plaisir et la richesse de la lecture. Mais c’est le propre de l’homme que de se remettre en question. Ça aide à mieux trouver sa voie.

La date ne peut que m’honorer. Elle est peut-être à la base de cette décision de prendre finalement mon clavier pour commencer à saisir ces mots, après les invectives de mes proches. Nous sommes en effet le 30 juin 2022, et je me suis réveillé dans un état particulier.

Mon tout premier geste en cette journée, a été un tweet. Probablement la rage de voir un pays aussi riche patauger dans un marasme sans nom depuis 62 ans. Les années passent, avancent, et le pays lui, recule. Mon tweet dit que ce 30 juin 2022, jour de commémoration de l’indépendance de mon pays, n’est pas un jour de réjouissances dans les libations. Mais plutôt une journée de réflexion, d’introspection, sur nos réussites, nos échecs, notre avenir comme peuple, ainsi que les responsabilités de tous et de chacun.

Mais alors que je suis en train de coucher ces lignes et qu’il est à peine 08h15, mon voisin a lancé sa sono. Musique quasi à fond, sans respect du jour férié et de la volonté de plusieurs, travailleurs acharnés, de profiter de cette journée fériée avec une bien rare grasse matinée. Non ! C’est la fête de l’indépendance. Que fête-t-il exactement ? L’indépendance ! Quoi de plus évident.

Non, je ne suis pas dans un quartier populeux de Kinshasa. Je suis dans un quartier résidentiel, comme on dit. Mais non, même ici, le calme est rare, les valeurs en totale perdition.

L’exode des valeurs

Ecrire. Tout ce que je peux coucher sur un papier, ce sont mes expériences, le cursus de ma petite vie, qui a eu la grâce de rencontrer du monde de qui j’ai vraiment été enrichi. Ce que j’évite, et cela m’a longtemps retardé, c’est l’étiquetage. Mon pays est un gros supermarché où l’on vous étiquète selon vos opinions. Et comme je ne voulais pas d’étiquettes, je me suis laissé prendre au piège.

Il est pourtant une chose de plus importantes que les étiquettes, ou plutôt, la crainte des étiquettes. C’est la dérive du pays. Et face à cela, nous avons une responsabilité. Celle de parler, d’interpeller. Car les générations à venir nous jugerons, sans complaisance aucune.

Il se déroule une extinction massive des valeurs. Nous sommes devenus un pays à nivellement par le bas. C’est la rue qui pense, et les intellectuels se plient. Déjà, le vocabulaire du quotidien est façonné par la rue. Maintenant, et c’est bien là la pire des choses, c’est le mental collectif qui est façonné par la rue. Le règne massif du ‘’sans foi ni loi’’ nous envahit et nous assiège, nous qui avons pourtant les repères nécessaires pour édicter les lignes directrices nécessaires à l’épanouissement d’une société de valeurs. Pris de court, nous devenons des ‘’voyous instruits’’. Voyous quand il le faut, et instruits non pas quand nous le voulons, mais quand nous le pouvons. Enserrés dans une société sauvage, nous sommes plus voyous qu’instruits, tel que nous l’impose le rythme de la société dans laquelle nous vivons.

Ceux qui craquent fuient. Des citoyens valeureux, au bord de la crise de nerfs, claquent tout un jour pour aller s’installer ‘’ailleurs’’. Qu’importe si c’est dans le grand Nord canadien, avec des températures que n’atteindrait pas une chambre froide.

Le pays se vide de ses citoyens. Les meilleurs partent parce qu’il faut assurer un avenir à sa progéniture : une éducation de qualité, la double nationalité, l’accès aux soins de qualité, le pouvoir d’achat, ou encore la prise en charge sociale En gros, l’accès aux besoins sociaux de base. Ce qui ailleurs est basique, est pour nous ici un luxe.

Que nous reste-t-il alors, à nous qui chaque jour défions la vie en restant dans notre pays ? A nous qui défions la mort tous les jours en côtoyant les ‘’207’’ et autres ‘’Wewas’’ ? A nous qui envoyons nos enfants dans des universités où se vendent les feuilles d’interrogations, nous dont les enfants sont instruits dans des écoles où les salles de classe comprennent 60 élèves pour un enseignant, du reste mal payé ? Nous qui chaque jour vivons les mêmes bouchons, aux mêmes endroits et depuis des années, sans que personne ne réfléchisse à apaiser nos peines en y trouvant des solutions ? Que nous reste-t-il ? Je ne suis pas sûr d’avoir la réponse en posant cette question. Nous devrions peut-être y réfléchir, ensemble. Ce qui est sûr pourtant, c’est qu’il ne nous reste pas grand-chose. Mais avec ce peu, il est possible de faire beaucoup.

L’heure des gens de bien

Il est l’heure que les gens de bien se lèvent. Tous, ensemble. Il est l’heure que tous ceux qui veulent faire du bien à ce pays – et non pas à leurs poches ou à leurs ventres – se rencontrent, se parlent, en dehors de toute structure politique. Car les partis politiques, en plus de prendre le pays en otage, l’ont complètement desservi, bradé et déstructuré. Il est temps que l’on se batte pour le Congo, avec une vision claire, des perspectives réalisables et concrètes. Le danger est à nos portes.

Le danger guette

Imaginez le Congo dans 10, 15 ou 20 ans… Il sera balkanisé. Non pas comme d’aucuns le pensent, en étant découpé comme un gâteau. Non. Il sera balkanisé intellectuellement, culturellement, économiquement, politiquement. C’est en tuant l’éducation et donc l’instruction, en démultipliant les ‘’wéwas’’, en sacrifiant la relève, que nous assurons la balkanisation de ce pays. Et dans 15 ans, quand tout n’aura été que racaille, nous importerons de l’intelligence dans les pays voisins et ailleurs, pour venir diriger ce pays que nous n’aurons pas su conduire. Ce sera la troisième colonisation, et nous vivrons l’apartheid. Voici cette heure vient, et elle est déjà venue.

Je ne vous souhaiterai pas une bonne fête de l’indépendance. Je vous souhaite de la commémorer. Car il sied de se souvenir des sacrifices de sang et d’engagement de ceux qui se sont battus pour l’acquérir. Il sied de prendre conscience que cela a eu coût, pour eux comme pour leurs familles. A eux, à leurs femmes, enfants et autres descendants, j’exprime ma reconnaissance.

Bonne Commémoration de l’Indépendance.

Alain-Claude Christian Djate Yodi

Journaliste-Communicologue

30 juin 2022


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