Politique
Tripartite de Luanda : pour Denis Mukwege, le temps n’est plus à des condamnations « creuses et à des paroles vides »
Le candidat malheureux à la présidentielle de 2023, docteur Dénis Mukwege a fait une déclaration dont une copie consultée par la rédaction de CongoProfond.net en rapport avec le rendez-vous manqué de la tripartite entre Félix Tshisekedi, Joâo Laurenço et Paul Kagame le dimanche 15 décembre en Angola.
Au-delà des multiples discours et démarches diplomatiques qui n’ont pas résolu le problème entre les deux nations en conflit (RDC et Rwanda), le docteur Denis Mukwege a noté qu’il faudrait passer désormais aux actions qui permettront de fin à cette agression rwandaise dont la RDC est victime depuis plusieurs décennies.
Pour le prix Nobel de la paix, l’échec du sommet tripartite dans le cadre du processus de Luanda illustre l’impasse politique et diplomatique dans laquelle se trouve ce processus, malgré la bonne volonté du Président de l’Angola Lourenço. Cette impasse des processus de Luanda et de Nairobi remet à jour l’impératif de redynamiser l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba pour la paix, la sécurité et la coopération, signé en 2013.
« Cet accord était le premier visant à s’atteler aux causes profondes du conflit et à mettre fin aux cycles de violence récurrents dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs africains, avec divers États et institutions comme co-garants, y compris l’Union Européenne, la Belgique, les Etats-Unis d’Amérique, la France et le Royaume-Uni et le soutien notamment des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la Banque Mondiale, dans le cadre de la consolidation d’une stratégie pour la paix et le développement », a déclaré Denis Mukwege.
Et de poursuivre : « Le temps n’est plus à des condamnations creuses et à des paroles vides. La RDC et ses partenaires tant publics que privés doivent s’attaquer aux principales causes structurelles qui constituent les éléments moteurs des conflits qui persistent dans l’Est du pays, à savoir l’exploitation et le commerce illégal des ressources naturelles et la culture de l’impunité. Il faut impérativement que les Etats-Unis d’Amérique, l’UE, la France, le Royaume-Uni et d’autres partenaires adoptent des sanctions politiques et économiques, et suspendant leur assistance militaire au Rwanda tant qu’il soutiendra le M23 et agressera la RDC, et tant que les États de régions ne respecteront pas de bonne foi les engagements pris au titre de l’Accord-Cadre », dit-il.
D’après Denis Mukwege, c’est le seul langage qui entraînera des effets concrets pour mettre fin à la souffrance des millions de Congolais inerrance dans l’Est de la RDC, due à l’ingérence rwandaise.
Par la même occasion, l’ancien candidat président de la République à l’élection présidentielle du 23 décembre 2023 suggère la révision de l’accord cadre d’Addis Abeba.
WTK
À la Une
Nord-Kivu : Le BUREC dénonce les querelles politiques autour du gouverneur militaire
Le Bloc Uni pour la Renaissance et l’Émergence du Congo, BUREC, à travers son inter-fédération du Nord-Kivu, a publié ce 24 mai 2026 à Beni une déclaration politique sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la province. Dans ce document, les cadres et militants du parti affirment suivre « avec attention les situations politique et sécuritaire » dans le Nord-Kivu.
Face à la détérioration persistante de la situation sécuritaire, le BUREC/Nord-Kivu a réaffirmé son soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), au président Félix Tshisekedi ainsi qu’au gouverneur militaire du Nord-Kivu, Somo Kakule Evariste. Le parti salue notamment « les efforts consentis dans la recherche de la paix, la restauration de l’autorité de l’État et le développement ».
Dans la même déclaration, le BUREC recommande « le renforcement et l’intensification des opérations militaires contre l’AFC/M23, les ADF et les autres groupes armés réfractaires au P-DDRCS ». Cette formation politique estime que les offensives militaires doivent être renforcées afin de faire face à l’insécurité persistante dans plusieurs zones du Nord-Kivu.
Le parti a également condamné « les sorties médiatiques de certains politiciens et leaders d’opinion qui s’opposent à la gouvernance actuelle de la province ». Selon le BUREC, l’Union sacrée de la Nation au Nord-Kivu « n’a jamais été saisie d’une démarche pour laquelle le Gouverneur militaire aurait constitué une obstruction à un acteur politique, de surcroît un élu ».
Réaffirmant son appartenance à l’Union sacrée de la Nation, le BUREC/Nord-Kivu dit renouveler « avec force son soutien indéfectible à la gouvernance de la province du Nord-Kivu sous l’égide du Général-Major Somo Kakule Evariste, émanation de la volonté du Chef de l’État ».
Cette formation politique appelle par ailleurs les acteurs politiques à éviter d’impliquer l’armée dans les débats politiques. Le document rappelle que « l’armée est apolitique » et estime que le général-major Somo Kakule Evariste « devrait être épargné des querelles politiciennes afin de mieux se concentrer sur sa mission ».
Cette déclaration a été signée à Beni dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et plusieurs groupes armés actifs dans l’est de la RDC, notamment l’AFC/M23 et les ADF.
Franck Kaky
