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Diplomatie

Cartographie de la Diaspora congolaise : Un trésor à structurer et à valoriser

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Dans un monde interconnecté, les diasporas sont devenues des acteurs clés du développement économique, social et culturel. La diaspora congolaise, forte de millions de membres à travers le globe, est un vivier d’opportunités encore sous-exploité. La ministre des Affaires étrangères, dans une récente intervention, a mis en lumière ce potentiel. « Il n’y a aucun pays au monde où vous ne trouverez pas un Congolais ou une Congolaise, particulièrement à de très hautes sphères, » a-t-elle affirmé, insistant sur la nécessité de cartographier ces compétences pour les mobiliser.

Cependant, le gouvernement semble encore tâtonner dans sa manière d’engager cette communauté. L’idée d’un répertoire des talents, évoquée par la ministre, constitue un premier pas stratégique. Ce registre permettrait aux entreprises et aux investisseurs de collaborer avec des experts congolais installés à l’étranger. « Si vous voulez investir dans l’infrastructure et vous êtes une compagnie venant du Canada, voici tous les ingénieurs d’origine congolaise formés au Canada, » a-t-elle illustré. Cette vision révèle une approche pragmatique visant à relier diaspora et développement national.

Néanmoins, tout le monde ne souhaite pas retourner définitivement au pays. La ministre reconnaît cette diversité d’aspirations et propose des solutions adaptées : « Être de la diaspora ne veut pas dire qu’on veut nécessairement plier bagage et déménager à Kinshasa. » Les autorités envisagent donc des programmes de volontariat et des stages professionnels, permettant une contribution temporaire mais significative. Ces initiatives pourraient répondre aux attentes de ceux qui souhaitent s’impliquer sans renoncer à leur vie dans leur pays d’accueil« .

La RDC ne se contente pas de théoriser. Elle observe et apprend de pays africains comme le Ghana et le Maroc, qui ont su tirer profit de leurs diasporas. La ministre souligne l’importance de ces modèles : « Il y a tout un potentiel que nous ne captons pas encore et qui nous échappe. » En s’inspirant de ces réussites, la RDC espère bâtir un cadre plus efficace pour intégrer sa diaspora dans ses ambitions nationales.

Cependant, des défis restent à surmonter, notamment la question de la double nationalité. Pour de nombreux Congolais de l’étranger, c’est un obstacle majeur à leur pleine intégration dans le développement du pays. « Je le perçois pour nous comme une perte si nous ne saisissons pas ce capital humain, » a averti la ministre. Ce sujet pourrait être abordé dans le cadre d’une possible révision de la Constitution, un chantier que le président a évoqué avec clarté, annonçant des consultations et des travaux pour recueillir des avis et contributions. « Ce sera peut-être aussi l’occasion de se pencher sur cette question, » a-t-elle ajouté.

Le gouvernement, conscient des enjeux, entend repenser ses approches juridiques tout en respectant les cadres existants. La diaspora n’est pas seulement un atout, elle est un pilier incontournable pour l’avenir de la RDC.

Claudine N. I.

À la Une

Ukraine-Afrique : Kiev veut dépasser les 6,7 milliards USD d’échanges commerciaux avec l’Afrique

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À l’occasion de la Journée de l’Afrique, célébrée le 26 mai à l’Académie diplomatique Hennadii Oudovenko relevant du ministère ukrainien des Affaires étrangères, l’Ukraine a affiché sa volonté de renforcer ses relations politiques, économiques et sécuritaires avec les États africains. Prenant part au forum « Ukraine – Afrique : le Passé, le Présent et l’Avenir des Relations », le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrii Sybiha, a livré un plaidoyer en faveur d’un partenariat « pragmatique et mutuellement bénéfique » entre Kiev et le continent africain.

L’Ukraine et l’Afrique unies contre le néocolonialisme

Dans son allocution, Andrii Sybiha a rappelé que la Journée de l’Afrique symbolise « la victoire contre le colonialisme » et l’unité des peuples africains. Établissant un parallèle entre les luttes historiques africaines et la guerre que mène actuellement son pays, le ministre ukrainien a estimé que l’Ukraine comprend « mieux que quiconque » la valeur de la souveraineté et de la liberté face à « une agression néocoloniale ».

Le chef de la diplomatie ukrainienne a également insisté sur le rôle majeur que peut jouer l’Afrique dans les efforts internationaux pour la paix. Il a appelé à une mobilisation commune contre la désinformation et l’influence russe sur le continent, évoquant notamment le recrutement illégal de mercenaires africains par des réseaux liés à Moscou.

« Cette pratique doit être arrêtée. Il s’agit de sauver des vies », a-t-il déclaré avec fermeté.

Kiev mise sur l’essor économique et humain de l’Afrique

Qualifiant le XXIe siècle de « siècle de l’Afrique », Andrii Sybiha a dénoncé les visions stéréotypées encore portées sur le continent. Selon lui, l’Afrique représente aujourd’hui l’un des principaux moteurs de croissance mondiale grâce à ses ressources naturelles, son dynamisme économique et surtout son capital humain.

L’Ukraine entend ainsi devenir un partenaire fiable de cette « Renaissance africaine ». Le ministre a souligné l’ouverture du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy au dialogue avec les dirigeants africains ainsi qu’avec African Union.

Évoquant les liens historiques entre Kiev et plusieurs pays africains, Andrii Sybiha a rappelé que des ingénieurs et scientifiques ukrainiens avaient contribué au développement industriel de nombreux États africains au XXe siècle. Il a notamment cité des infrastructures emblématiques comme le Haut barrage d’Assouan en Égypte ou encore le complexe sidérurgique d’Ajaokuta au Nigeria.

Offensive diplomatique ukrainienne sur le continent africain

Le ministre ukrainien a annoncé l’ambition de son pays de dépasser le volume commercial de 6,7 milliards de dollars enregistré avant la guerre. Pour atteindre cet objectif, Kiev multiplie les initiatives diplomatiques sur le continent.

Huit nouvelles ambassades ont récemment été ouvertes en Afrique, portant à 18 le nombre total de représentations diplomatiques ukrainiennes. De nouveaux projets d’implantation sont également envisagés, notamment une ambassade en Zambie ainsi qu’un consulat général au Cap, en Afrique du Sud.

« L’Ukraine considère l’Afrique non comme un objet d’aide, mais comme un acteur égal et puissant de la politique mondiale », a affirmé Andrii Sybiha.

Selon lui, l’Ukraine souhaite proposer des solutions technologiques concrètes dans plusieurs secteurs stratégiques, avec une approche fondée sur le bénéfice mutuel et le partenariat d’égal à égal.

Sécurité, agriculture et numérique : les trois piliers de la stratégie ukrainienne

Le chef de la diplomatie ukrainienne a présenté une vision baptisée « Ukraine — partenaire stratégique pour le développement durable de l’Afrique — 2063 », en référence à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Cette stratégie repose sur trois axes majeurs.

– Le premier concerne la sécurité alimentaire. L’Ukraine veut aller au-delà du simple rôle d’exportateur de céréales pour devenir un partenaire technologique capable d’accompagner la modernisation agricole africaine, notamment dans les infrastructures ferroviaires, portuaires et énergétiques.

– Le deuxième pilier porte sur la sécurité et la cybersécurité. Fort de son expérience acquise dans le conflit avec la Russie, Kiev propose son expertise dans la lutte contre les drones, la guerre électronique ainsi que la protection des systèmes numériques. Un projet d’alliance cybernétique régionale et un centre de surveillance contre la désinformation russe figurent parmi les initiatives annoncées.

– Enfin, le troisième volet concerne la transformation numérique et la formation. L’Ukraine souhaite partager son expérience dans la digitalisation des services publics à travers la plateforme Diia et développer des partenariats universitaires pour former une nouvelle génération de spécialistes africains.

Pour Andrii Sybiha, l’Afrique ne doit plus être perçue sous l’angle de l’assistance humanitaire, mais comme un espace stratégique de coopération internationale.

« Ensemble, nous sommes capables de construire un espace entièrement nouveau de sécurité et de développement », a conclu le ministre ukrainien.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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