Education
Les enfants en situation de rue, victimes de l’injustice sociale
La protection de l’Enfant en République Démocratique du Congo demeure au centre des préoccupations entre les Scientifiques et les praticiens de l’action sociale qui ne cessent de cogiter pour offrir aux enfants un espace sain conformément aux prescrits de la Loi Portant Protection de l’Enfant.
Dans cette quête, plusieurs entités de la Société civile s’y investissent notamment le CEPEF, Cercle d’Eude pour la Protection de l’Enfant et la Famille qui a opté pour une démarche toute particulière dans ses approches pour aborder la question de l’Enfant.
Le CEPEF a organisé une Conférence – Débat ce jeudi 21 novembre dans la salle du REEJER, DANS LA Commune de Kasa-vubu.
L’Orateur, le Professeur ordinaire Raoul KIENGE KIENGE, enseignant et directeur de l’école de Criminologie de la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa a débattu autour du thème : » Enfant de la rue, Criminel ou Victime de la Société ? »
Dans son introduction, le Professeur KIENGE KIENGE a démontré combien il était important de recadrer le thème de la conférence avant de l’aborder aisément.
Ainsi trois aspects à circoncire ont été dégagé du thème, notamment :
1. Le concept « Enfant de la rue » considéré comme déterminatif et discriminant, d’autant plus qu la rue n’a jamais engendré d’enfant, qui a plutôt sa place à la famille ou à l’école. Le Professeur a donc recommandé aux acteurs sociaux d’employer le terme « enfant en situation de rue » à la place de « enfant de la rue »
2. Ensuite, il avait relevé les ambiguïtés du concept « Criminel » qui est utilisé facilement de manière erronée allant jusqu’à brouiller le regard surtout si on l’applique à un enfant en situation difficile. Par définition, un crime, selon Durkheim est tout acte puni .Et cet acte est puni dans un processus judiciaire. En dehors de ce processus, il n’y a pas de crime. L’enfant n’étant pas un sujet de justice, bénéficie de la Protection sociale spéciale. Ce qui implique la formation des Assistants sociaux et Educateur sociaux, a insisté le Professeur, car ce sont eux qui doivent s’occuper des enfants.
3. Victime de la Société : l’enfant étant dans la société ne peut pas être victime de soi-même. Le Professeur a fait savoir que ce sont les pratiques sociales qui ont fait que les droits des enfants ne sont ni promus ni protégés. Ce qui crée un déficit pour l’enfant qui devient victime de l’injustice sociale.

Le Professeur Raoul KIENGE KIENGE échange avec l’évêque Jean Pierre M’VILA de l’Eglise de Réveil de Matadi en présence du Coordonnateur du REEJER, Rémy Mafu et du Président du CEPEF, Zagor MUKOKO
Par ailleurs, Le Professeur KIENGE KIENGE s’est appuyé sur l’étude de Dynamo International centré sur la perception que les enfants et la société ont des enfants en situation difficile. Par cette étude, le Professeur a présenté des données recueillies pour chaque indicateur, entre autres : les violences physiques, les injustices, les arrestations et abus sexuels.
Pour les filles, l’étude démontre qu’elles sont plus exposées au viol et au mépris.
A la suite de son intervention, les participants ont interagi avec l’Orateur à travers des séries des questions réponses.
Des chocs d’idées jaillit la lumière, dit-on. Plusieurs recommandations ont été formulées par le Professeur sur la situation de l’enfant congolais qui n’est reluisante.
Parmi ces recommandations, nous pouvons retenir :
Ø Création d’une caisse de solidarité pour développer des projets en faveur des familles vulnérables ;
Ø Elargir le Cercle en intégrant d’autres acteurs tels que les policiers ;
Ø Obtenir des moyens financiers sans attendre l’Etat ;
La Conférence – débat s’est achevée sur une note très satisfaisante.

Une vue d’ensemble des participants à la Conférence –débat avec le Professeur KIENGE KIENGE
Les participants ont apprécié le bienfondé de la tenue de cette séance, compte tenu de la pertinence matière abordée et la méthodologie exploitée dans les échanges digne d’un grand Professeur des Universités.
Cette conférence a connu la participation des cadres du Ministères des Affaires Sociales, du Ministère de la Justice, des Avocats de différents barreaux de Kinshasa, les responsables des églises de réveil, les acteurs sociaux de différentes structures de protection des droits de l’enfant.
Elyane Mukuna/Congoprofond.Net
Actualité
Kakule Kavyavu Jean-Baptiste : 34 ans au service de l’éducation récompensés à la JOUNEPA 2026
À l’occasion de la 25ᵉ édition de la Journée nationale des écoles privées agréées (JOUNEPA), célébrée de manière anticipée ce vendredi 29 mai 2026 à Butembo, l’un des moments forts de la cérémonie a été la distinction de M. Kakule Kavyavu Jean-Baptiste, promoteur et gestionnaire du Complexe Scolaire Socapi. Cette reconnaissance récompense plusieurs décennies d’engagement au service de l’éducation et de la formation de la jeunesse congolaise.

Un parcours inspirant commencé en 1994
C’est avec émotion que M. Kakule Kavyavu Jean-Baptiste est revenu sur les débuts de son aventure éducative. En 1994, le Complexe Scolaire Socapi ouvrait ses portes avec seulement deux salles de classe destinées à la première et à la deuxième année primaire. Grâce à une vision claire et à une croissance progressive, une nouvelle classe était ajoutée chaque année, permettant à l’établissement d’évoluer jusqu’au cycle secondaire.
Cette stratégie de développement a porté ses fruits en 2006 lorsque la première promotion de diplômés a enregistré un taux de réussite de 100 %, avec 7 lauréats sur 7 candidats présentés aux examens d’État.
La plus grande fierté du gestionnaire reste le parcours de nombreux anciens élèves qui se distinguent aujourd’hui dans différents secteurs de la vie nationale et internationale. Parmi eux figurent notamment l’Abbé Mirembe ainsi que plusieurs cadres et professionnels évoluant aux États-Unis et dans d’autres pays, témoignant de la qualité de la formation reçue au Complexe Scolaire Sokapi.
Discipline et qualité, les piliers de la réussite
Dans un contexte marqué par la prolifération des écoles privées à Butembo, M. Kakule Kavyavu Jean-Baptiste attribue la confiance des parents à deux valeurs fondamentales : la discipline et l’excellence académique. Selon lui, la rigueur dans le recrutement des enseignants et le suivi constant des apprenants constituent les principaux leviers de performance de l’établissement.
Situé dans la commune de Bulengera, à proximité de l’aérodrome de Rughenda, le Complexe Scolaire Socapi poursuit sa modernisation en améliorant continuellement ses infrastructures. L’école offre plusieurs filières de formation, notamment la Pédagogie générale, la Commerciale et Gestion, la Nutrition, l’Agronomie, l’Électronique ainsi que la Construction.
À travers cette distinction décernée lors de la JOUNEPA 2026, c’est tout le parcours de M. Kakule Kavyavu Jean-Baptiste qui est salué : celui d’un éducateur visionnaire ayant consacré plus de trente ans à bâtir une institution devenue une référence dans le paysage éducatif de Butembo-Lubero.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
