Justice
Kinshasa : une trentaine de délinquants «Kuluna» jugés en procédure de flagrance pour diverses infractions
Il s’est ouvert ce jeudi 31 octobre, au Tribunal de grande instance de Ndjili, à Kinshasa, une audience en procédure de flagrance de 36 délinquants appelés communément « Kulunas », et autres bandits à mains armées.
Ce procès vise à sanctionner les auteurs des pratiques néfastes qui mettent en mal la quiétude de la population. Il servira d’un signal fort qui va décourager le banditisme urbain et toutes autres formes de criminalité à Kinshasa, la capitale congolaise.
Le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité et décentralisation, Jacquemin Shabani qui a pris part à l’ouverture de ce procès a martelé que ce dossier sera suivi de près par le gouvernement afin que les véritables auteurs des crimes soient sanctionnés.
«La justice congolaise est sévère et des sanctions seront infligées aux coupables. Aux parents de ne pas se lamenter pour leurs enfants arrêtés, car c’est de leur responsabilité de veiller sur leurs enfants, bien que l’Etat ait également ses responsabilités qu’il va assumer jusqu’au bout. À partir d’aujourd’hui et conformément aux instructions du Président de la République, nous allons suivre ce dossier chaque semaine dans toutes les grandes villes…Nous irons partout, jusqu’aux provinces », a déclaré Jacquemin Shabani.
Le même jour, un autre procès similaire a été ouvert au Tribunal de paix de Kinshasa-Matete, au centre de la ville.
Ces audiences sont un rappel à tous, que la sécurité est une priorité et que la justice continuera à agir contre tout crime.
Willy Theway Kambulu/CONGOPROFOND.NET
Actualité
» Brut » : 2 policiers condamnés pour torture, la Cour sanctionne les exécutants
Si Philémon Mambabua est reparti libre du prétoire de Ndolo, le verdict prononcé ce 4 juin 2026 n’a pas épargné les 2 policiers poursuivis. La Cour militaire, après avoir rappelé le déroulé des faits ( cette intrusion nocturne de Claudien Likulia, Christopher et Noah à une soirée pyjama non autorisée par le propriétaire des lieux ), a opéré une distinction nette entre le commandement et l’exécution. Là où le doute a profité au premier, les actes matériels atroces ont été imputés aux seconds. La Cour s’est appuyée sur les articles 48 bis et 48 ter de la loi du 9 juillet 2011 portant criminalisation de la torture, qui retiennent la qualité de l’agent, les faits matériels constitutifs de souffrances aiguës, l’élément intentionnel et l’élément moral. Les déclarations des victimes, corroborées par le témoignage décisif de Sakina ( qui a qualifié les agissements des policiers de « brut » ), ont fondé l’intime conviction des juges.

Contrairement à Philémon Mambabua, pour qui l’ordre de « maîtriser » n’a pu être requalifié en instruction de torturer, les deux agents ont été reconnus coupables d’avoir infligé des souffrances aux enfants Mushobekwa et à Noah. Le nombre de policiers impliqués, bien que flou dans certains récits, n’a pas effacé la matérialité des violences retenues par la Cour. Celle-ci a souligné que les traumatismes subis par les victimes, bien que leur récit ait pu être altéré par le choc, ne faisaient aucun doute. La Cour a donc déclaré l’infraction constituée dans le chef des 2 policiers, qui avaient la garde et l’autorité immédiate sur les enfants au moment des faits. Leur dénégation constante n’a pas résisté à la confrontation avec les éléments renseignants et les dépositions concordantes.
La sentence est tombée : 2 ans de servitude pénale, une amende de 500.000 francs congolais par condamné, et la confirmation de leur maintien en détention. Sur le plan civil, la Cour, après avoir constaté l’absence totale de pièces comptables justificatives déposées par les parties civiles, a statué en équité. Elle a ramené la demande initiale de 3,4 millions de dollars américains à une somme totale de 25.000 dollars, soit 5.000 dollars par partie civile. Une décision qui sanctionne les exécutants tout en rappelant avec force que la responsabilité pénale est individuelle.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
