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Entre les sens et l’identité, il y a la surdité
La surdité est souvent perçue à travers le prisme d’une déficience, une incapacité à entendre qui suscite la pitié ou la compassion. Pourtant, cette vision réductrice ignore la richesse d’une communauté vibrante et diverse qui vit la surdité non pas comme un handicap, mais comme une façon alternative d’expérimenter le monde.
En remettant en question les stéréotypes et en explorant les implications culturelles et identitaires de cette condition, on peut mieux cerner cet état d’être. En premier lieu, il est essentiel de redéfinir notre compréhension de la surdité. Pour beaucoup de personnes sourdes, il ne s’agit pas d’une incapacité à entendre, mais d’une différence sensorielle.
Le mouvement des sourds revendique cette identité, affirmant que la surdité est une culture à part entière, avec sa propre langue — la langue des signes — et ses propres codes sociaux. Cette perspective remet en question l’idée que la surdité doit être « réparée » ou « corrigée ». Elle invite plutôt à apprécier la diversité des modes de communication et d’interaction humaine.
La communauté sourde est loin d’être homogène. Elle englobe une variété de cultures, de langues et d’expériences. Les sourds utilisent souvent la langue des signes comme première langue, ce qui leur permet de développer une identité forte et une culture unique. En effet, la langue des signes n’est pas simplement une traduction des mots parlés .
Elle véhicule des nuances culturelles et émotionnelles spécifiques, créant ainsi un espace d’appartenance et de solidarité. Malgré cette richesse, la surdité est souvent entourée de stéréotypes erronés. L’une des idées reçues est que les personnes sourdes sont isolées ou incapables de participer pleinement à la société. En réalité, de nombreux sourds mènent des vies riches, actives et engagées.
Ils sont des artistes, des professionnels, des éducateurs et bien plus encore. La véritable barrière réside souvent dans l’attitude des entendants, qui peuvent être réticents à adopter des modes de communication inclusifs. Pour favoriser une véritable inclusion, il est crucial de mettre en place des infrastructures accessibles.
Cela inclut des services d’interprétation, des sous-titres dans les médias, ainsi que des formations sur la langue des signes dans les écoles et les lieux de travail. En intégrant ces éléments, la société peut non seulement reconnaître les droits des personnes sourdes, mais aussi enrichir le tissu social dans son ensemble. Un autre aspect souvent négligé est le rôle de l’art dans la sensibilisation à la surdité.
De nombreux artistes sourds utilisent leur art pour exprimer leur expérience et défier les perceptions traditionnelles. Que ce soit à travers le théâtre, la danse ou les arts visuels, ces créations offrent une fenêtre sur le monde des sourds, encourageant un dialogue entre entendants et sourds. La surdité n’est pas simplement une question d’audition.
C’est une invitation à repenser notre rapport à la communication et aux différences. En adoptant une perspective inclusive, en célébrant la culture sourde et en déconstruisant les mythes, nous pouvons avancer vers une société où chaque mode d’expression est valorisé. La surdité, loin d’être une limitation, est une partie intégrante de la diversité humaine.
Il est temps de reconnaître et d’apprendre des voix qui ont longtemps été marginalisées. Au final, la question n’est pas de savoir comment rendre les sourds « normaux », mais plutôt comment enrichir notre monde en intégrant toutes les voix.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Santé
Ebola à Butembo : les autorités appellent les étudiants à renforcer le respect des mesures barrières
Les autorités urbaines de Butembo ont sensibilisé les étudiants au respect strict des mesures barrières afin de lutter contre la 17ᵉ épidémie de la Maladie à virus Ebola. Le message a été lancé ce mardi 26 mai 2026 à l’occasion de la cérémonie officielle de remise du trophée du championnat de football de la paix organisé par la Représentation des Étudiants du Congo (REC/Butembo-Lubero).
Prenant la parole au cours de cette activité, M. Bwambale Mughanirya Gilbert, chef de division urbaine à la mairie de Butembo, a exhorté la jeunesse estudiantine à s’impliquer activement dans la riposte contre Ebola à travers le respect des gestes barrières.
« J’invite le corps estudiantin à se liguer pour la riposte contre Ebola. Vous êtes encore jeunes, et nous ne voulons pas voir un jeune mourir d’une maladie aussi grave alors qu’il suffit de respecter quelques gestes simples. L’expérience de la dixième épidémie en 2018 nous a beaucoup appris », a-t-il déclaré.
L’autorité urbaine a indiqué que la ville de Butembo a déjà enregistré deux cas positifs, d’où l’importance d’une mobilisation communautaire pour limiter la propagation de la maladie.
« Je vous demande de respecter les gestes simples afin d’éviter toute chaîne de contamination. Si, après 21 jours, aucun nouveau contact n’est détecté autour des cas confirmés, cela signifiera que la riposte évolue positivement. Cette lutte doit être communautaire, mais l’engagement doit d’abord être personnel », a-t-il insisté.
Dans la ville de Butembo, les campagnes de sensibilisation se multiplient depuis l’annonce de cette nouvelle épidémie. Plusieurs acteurs rappellent notamment les conséquences dramatiques de la dixième épidémie d’Ebola, qui avait causé la mort de plus de 2 277 personnes dans la région, dans un contexte marqué par la désinformation et la méfiance d’une partie de la population envers les équipes de riposte.
Dalmond Ndungo
