Justice
Francophonie/Kinshasa 2023 : L’expert John Katumba en détention, depuis 16 jours, pour avoir dénoncé un détournement de 6 millions USD (Mise au point Avocat)
A propos d’une plainte déposée au Parquet par son Avocat, la situation que traverse notre Expert en Tourisme est horrible. Ses détracteurs se battent becs et ongles pour obtenir le retournement de sa plainte ! Sa dénonciation pour obtenir les pièces justificatives sur l’usage de 6 millions USD dans les nettoyages des sites des jeux de la Francophonie lui a apporté des tourments terribles.
Actuellement, il est en détention depuis 16 jours. C’est seulement le lundi 7 octobre dernier qu’il a été mis à la disposition du parquet près le Tribunal de paix de Ngaliema. Et le Magistrat vient juste de le mettre sous mandat d’arrêt provisoire pour une charge d’imputation dommageable….
« Je suis dans un cachot du parquet près du tribunal de paix après 16 jours de détention aux Services Secrets. Mon péché, j’ai dénoncé un détournement des fonds dans les nettoyages des sites retenus pour les Jeux de la Francophonie. Je suis malade et je n’en peux plus… Au lieu de me tuer en détention qu’il me libère et qu’ils mangent leur argent calmement. Je crois qu’un jour la justice de notre pays sera intéressée à faire la lumière sur cette affaire de 6 millions USD dans le nettoyage des sites retenus pour les jeux de la Francophonie. Ça reste une histoire de ma vie qui est écrite. Ce qui m’arrive peut arriver à tout compatriote engagé pour construire un État des droits et non un État des hommes forts « , a-t-il déclaré.
Le problème, martèle son avocat, c’est la recherche intense du retournement de la situation pour charger Monsieur John Katumba est intense… Du fait qu’il aurait informé le Chef de l ‘État directement par un Texto.
Notons que John Katumba est l’Expert qui a travaillé pendant 3 ans au Comite National des Jeux de la Francophonie comme Président de la Commission Tourisme et Environnement. Il a écrit d’une main experte l’offre pour le nettoyage des sites retenus pour les jeux de la Francophonie. Les sociétés des nettoyages qui ont eu les contrats n’ont pas encore fournies la moindre pièce justificative sur les dépenses qu’ils ont effectuées. La situation reste tendue et attend l’intervention des Autorités Judiciaires du pays pour sa relaxation. Dossier à suivre.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Actualité
» Brut » : 2 policiers condamnés pour torture, la Cour sanctionne les exécutants
Si Philémon Mambabua est reparti libre du prétoire de Ndolo, le verdict prononcé ce 4 juin 2026 n’a pas épargné les 2 policiers poursuivis. La Cour militaire, après avoir rappelé le déroulé des faits ( cette intrusion nocturne de Claudien Likulia, Christopher et Noah à une soirée pyjama non autorisée par le propriétaire des lieux ), a opéré une distinction nette entre le commandement et l’exécution. Là où le doute a profité au premier, les actes matériels atroces ont été imputés aux seconds. La Cour s’est appuyée sur les articles 48 bis et 48 ter de la loi du 9 juillet 2011 portant criminalisation de la torture, qui retiennent la qualité de l’agent, les faits matériels constitutifs de souffrances aiguës, l’élément intentionnel et l’élément moral. Les déclarations des victimes, corroborées par le témoignage décisif de Sakina ( qui a qualifié les agissements des policiers de « brut » ), ont fondé l’intime conviction des juges.

Contrairement à Philémon Mambabua, pour qui l’ordre de « maîtriser » n’a pu être requalifié en instruction de torturer, les deux agents ont été reconnus coupables d’avoir infligé des souffrances aux enfants Mushobekwa et à Noah. Le nombre de policiers impliqués, bien que flou dans certains récits, n’a pas effacé la matérialité des violences retenues par la Cour. Celle-ci a souligné que les traumatismes subis par les victimes, bien que leur récit ait pu être altéré par le choc, ne faisaient aucun doute. La Cour a donc déclaré l’infraction constituée dans le chef des 2 policiers, qui avaient la garde et l’autorité immédiate sur les enfants au moment des faits. Leur dénégation constante n’a pas résisté à la confrontation avec les éléments renseignants et les dépositions concordantes.
La sentence est tombée : 2 ans de servitude pénale, une amende de 500.000 francs congolais par condamné, et la confirmation de leur maintien en détention. Sur le plan civil, la Cour, après avoir constaté l’absence totale de pièces comptables justificatives déposées par les parties civiles, a statué en équité. Elle a ramené la demande initiale de 3,4 millions de dollars américains à une somme totale de 25.000 dollars, soit 5.000 dollars par partie civile. Une décision qui sanctionne les exécutants tout en rappelant avec force que la responsabilité pénale est individuelle.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
