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La damnation mémorielle : Quand la mémoire devient un fardeau
La mémoire collective est souvent célébrée comme le fondement de l’identité culturelle et nationale. Elle façonne notre compréhension du passé et guide nos actions présentes et futures. Cependant, il existe une facette plus sombre de cette mémoire collective : la damnation mémorielle. La mémoire est une arme à double tranchant.
Ce concept, qui désigne le poids écrasant de souvenirs traumatisants ou de récits historiques négatifs, soulève des questions cruciales sur la manière dont nous choisissons de nous souvenir et d’enseigner notre histoire. La damnation mémorielle émerge lorsque des événements tragiques, tels que des guerres, des génocides ou des colonisations, sont perpétuellement ravivés dans l’esprit collectif.
Ces souvenirs peuvent devenir des chaînes qui entravent les sociétés, les empêchant d’avancer. Par exemple, le poids des atrocités passées peut mener à une culture de la victimisation, où les sociétés s’identifient avant tout à leurs souffrances plutôt qu’à leurs réussites. La mémoire collective est souvent manipulée à des fins politiques.
Les gouvernements et les institutions peuvent exploiter des événements historiques pour renforcer le nationalisme ou diviser les groupes sociaux. En mettant l’accent sur le passé douloureux, ils peuvent détourner l’attention des problèmes contemporains, créant ainsi un cycle de ressentiment et de division. La damnation mémorielle peut freiner le processus de réconciliation.
Dans des sociétés où les blessures du passé restent vives, la paix devient difficile à atteindre. Par exemple, dans des contextes post-conflit, comme celui de l’Afrique du Sud après l’apartheid, la nécessité d’affronter le passé est cruciale, mais la focalisation excessive sur les injustices peut mener à un ressentiment persistant, rendant le pardon difficile.
Les générations futures héritent souvent d’un fardeau mémoriel qui n’est pas le leur. Les enfants grandissent en portant le poids des souffrances de leurs ancêtres, ce qui peut engendrer des sentiments de culpabilité ou d’incompréhension. Cette dynamique peut nuire à leur capacité à forger des relations saines avec d’autres groupes culturels, perpétuant ainsi des cycles de méfiance et de division.
Pour échapper à la damnation mémorielle, il est essentiel de redéfinir notre approche de l’histoire. Cela implique d’intégrer des récits de résilience, d’innovation et de coopération, plutôt que de se concentrer uniquement sur les traumatismes. Les histoires de guérison et de progrès peuvent servir de contrepoids aux récits douloureux, offrant une vision plus holistique de notre passé.
Encourager le dialogue intergénérationnel et intercommunautaire est crucial pour transcender les divisions créées par la mémoire collective. Des initiatives éducatives qui mettent l’accent sur l’empathie et la compréhension des différentes perspectives peuvent aider à construire un avenir plus uni. Cela ne signifie pas ignorer les blessures du passé, mais plutôt les aborder de manière constructive.
La damnation mémorielle est un phénomène complexe qui mérite d’être exploré avec nuance et profondeur. En tant que sociétés, nous devons reconnaître le pouvoir de la mémoire tout en nous interrogeant sur son impact. Le passé n’est pas un livre fermé. Nous en écrivons chaque jour une nouvelle page.
C’est important de se concentrer sur le présent et l’avenir, en ne laissant pour rien au monde à l’oubli les douleurs du passé historique. La rivière du temps emporte les douleurs de la mémoire. Avec le temps, les souffrances et les souvenirs douloureux peuvent s’estomper, permettant ainsi de tourner la page et d’avancer en lâchant prise sur les souvenirs pesants pour embrasser de nouvelles opportunités.
La clé réside dans notre capacité à transformer les souvenirs douloureux en vecteurs de croissance et de réconciliation, plutôt que de laisser ces souvenirs devenir des fardeaux qui nous empêchent d’avancer. En redéfinissant notre rapport à l’histoire, nous pouvons créer un avenir où la mémoire devient un instrument de paix et de compréhension, plutôt qu’une source de division et de souffrance.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Santé
Butembo : le président du conseil national des sages-femmes en mission pour amorcer le processus d’inscription au tableau de l’ordre
Le président du Conseil national de l’ordre des sages-femmes séjourne à Butembo depuis ce mercredi 6 mai 2026, dans le cadre d’une mission visant à amorcer l’inscription des professionnelles au tableau de l’ordre. Reçu par l’autorité urbaine à l’hôtel de ville, représentée par le chef du premier bureau, il a précisé que cette démarche vise à encadrer légalement l’exercice de la profession.
« Cette mission relève d’une loi signée par le Président de la République le 30 novembre 2023, qui a mis en place un organe régulateur de la profession des sages-femmes. Elles ne peuvent plus exercer sans être inscrites au tableau de l’ordre », a déclaré M. Ambroka Kabeya, soulignant l’importance de ce processus en cours dans plusieurs villes.
Encourageant les professionnelles locales, il a ajouté : « Nous demandons aux sages-femmes de Butembo de se présenter au conseil urbain pour un test, afin de répondre à cette exigence légale et travailler en toute conformité pour accompagner les femmes enceintes ».
Après une première étape à Beni, la mission du président du Conseil national se poursuivra dans d’autres villes de la République démocratique du Congo, dans le but de généraliser cette réforme à l’échelle nationale.
Dalmond Ndungo
