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La décision étriquée du Haut-Uélé : Quand l’immobilisme est érigé en monument provincial
Dans une époque où le monde évolue à un rythme effréné, il est fascinant de constater que certaines autorités, tel un échiquier figé, semblent déterminées à faire régresser la RDC à une ère où l’immobilisme et l’inertie étaient les maîtres mots. L’interdiction des travaux publics par le nouvel exécutif provincial du Haut-Uélé n’est rien de moins qu’une décision d’une absurdité crasse, qui non seulement dévalorise le rôle des Entités Territoriales Décentralisées (ETD), mais également sape les espoirs d’une population déjà éprouvée.
Premièrement, posons la question : pourquoi la RDC a-t-elle décidé de passer de 11 à 26 provinces ? La réponse était pour ramener la décision au plus près de la population. La décision d’entretenir les routes de desserte agricole a été ainsi consacrée par la loi. Donc la décision inique d’un couple exécutif incompétent qui a démontré des lacunes administratives incompréhensibles ne peut être appliquée.
Pour déléguer le pouvoir, oui, mais à qui ? À des autorités qui semblent plus préoccupées par leur propre survie politique que par le bien-être collectif. L’exécutif provincial du Haut-Uélé, par cette décision absurde, démontre de manière éclatante qu’il n’a pas compris que la décentralisation n’est pas un laissez-passer pour l’immobilisme.
En interdisant les travaux publics, il n’est pas en train de défendre un principe légal, mais plutôt de masquer son incapacité à gérer la province, accentuant ainsi son image d’un pouvoir défaillant. L’interdiction des travaux publics ne peut être interprétée autrement qu’un coup d’éclat désespéré d’un exécutif qui, face à sa propre incompétence, préfère plonger la province dans le noir plutôt que d’admettre ses lacunes.
Par rapport à d’autres provinces, pendant que le Nord-Kivu par exemple autorise non seulement les entités territoriales décentralisées mais aussi les particuliers et hommes d’affaires à asphalter les rues et avenues pour moderniser la ville, le Haut-Uélé qui est entièrement non bitumé en plus d’être enclavé interdit stupidement et étouffe cyniquement les initiatives salutaires de réhabilitation des routes d’intérêt général.
Cette décision aberrante de par son iniquité passe pour un archaïsme immonde. Le Haut-Uélé n’est pas un îlot isolé dirigé par un homme qui se prendrait à ses heures perdues pour Kim Jong-Un, le Chef suprême de la République populaire démocratique de Corée. Face à ce paradoxe, peut-on croire que nos dirigeants veulent voir la province décoller et émerger ?
Les engins de l’ancien gouverneur ayant disparu, et voilà que le nouveau potentat décide de geler toute initiative, croyant ainsi se donner le temps de rattraper son retard. Mais que fait-on des besoins pressants de la population ? Que fait-on des routes dégradées et des infrastructures à l’abandon ? Ce n’est pas en érigeant des barrières bureaucratiques que l’on solutionne ces problèmes.
Et que dire des travaux réalisés par des entreprises telles que Kibali Gold à Durba ? Les autorités locales comptent-elles vraiment interdire ces interventions, alors qu’elles sont pourtant nécessaires à la vie quotidienne de la population ? La vie du Haut-Uélé ne peut pas se plier aux caprices d’un homme qui semble croire que la province lui appartient en propre.
Dans un monde où les entreprises privées s’acharnent à construire, à améliorer les conditions de vie, il est hallucinant de voir des autorités locales s’ériger en gardiens d’un statu quo qui n’apporte rien d’autre que des retards et des frustrations. Enfin, la question qui se pose est celle de la compétence même de cet exécutif provincial.
Un gouverneur qui délègue des responsabilités à son vice-gouverneur pour éviter de mettre un pied dans un territoire de sa propre province ne fait qu’illustrer l’état d’abandon dans lequel se trouve le Haut-Uélé. Comment peut-on espérer un quelconque développement lorsque ceux qui sont censés diriger la province semblent ne pas savoir dans quoi ils s’engagent ?
Le bilan des 100 jours de ce nouvel exécutif reste à désirer, et le peuple est en droit de s’interroger sur la transparence et la responsabilité de ses dirigeants. Qui contrôlera les décisions, les dépenses et les actions de cette administration qui semble plus préoccupée par la préservation de son pouvoir que par le bien-être de ceux qu’elle est censée servir ?
Il est temps pour le Haut-Uélé de réaliser que l’immobilisme n’est pas une option. Les décisions irréfléchies et cyniques qui découlent d’une vision étroite du pouvoir ne feront qu’enfoncer davantage la province dans le désespoir. Les autorités doivent comprendre que leur légitimité provient de leur capacité à servir le peuple, et non de la peur de perdre le contrôle.
Il est impératif de se défaire de cette mentalité archaïque et de permettre à la province de se développer et de prospérer. En attendant, nous continuerons à dénoncer ces aberrations, à scruter chaque décision et à exiger des comptes. Le Haut-Uélé mérite mieux qu’un exécutif figé dans ses propres contradictions. « Mauvais élève, mauvais avenir » dit un adage.
Cela souligne l’idée que les efforts fournis en classe et l’engagement dans l’apprentissage sont essentiels pour réussir mais aussi la manière dont on arrive à ses fins préfigure souvent les résultats futurs. Qui ne sème pas ne récolte pas non plus c’est-à-dire sans travail et dévouement, il est difficile d’obtenir de bons résultats.
L’aigreur est le poison de l’âme. Elle ne change pas le passé, mais elle peut gâcher l’avenir. L’idée que la rancœur et l’amertume peuvent nuire à toute une province n’est pas usurpée. Garder des sentiments négatifs entrave la capacité à avancer du nouveau couple exécutif. Il est balourd et sans doute lourdaud de croire qu’interdire des travaux à Faradje construira simultanément des routes à Niangara.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / consultant senior cabinet CICPAR
Santé
Butembo : le président du conseil national des sages-femmes en mission pour amorcer le processus d’inscription au tableau de l’ordre
Le président du Conseil national de l’ordre des sages-femmes séjourne à Butembo depuis ce mercredi 6 mai 2026, dans le cadre d’une mission visant à amorcer l’inscription des professionnelles au tableau de l’ordre. Reçu par l’autorité urbaine à l’hôtel de ville, représentée par le chef du premier bureau, il a précisé que cette démarche vise à encadrer légalement l’exercice de la profession.
« Cette mission relève d’une loi signée par le Président de la République le 30 novembre 2023, qui a mis en place un organe régulateur de la profession des sages-femmes. Elles ne peuvent plus exercer sans être inscrites au tableau de l’ordre », a déclaré M. Ambroka Kabeya, soulignant l’importance de ce processus en cours dans plusieurs villes.
Encourageant les professionnelles locales, il a ajouté : « Nous demandons aux sages-femmes de Butembo de se présenter au conseil urbain pour un test, afin de répondre à cette exigence légale et travailler en toute conformité pour accompagner les femmes enceintes ».
Après une première étape à Beni, la mission du président du Conseil national se poursuivra dans d’autres villes de la République démocratique du Congo, dans le but de généraliser cette réforme à l’échelle nationale.
Dalmond Ndungo
