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Insuffisances du duo exécutif du Haut-Uélé : Une comédie administrative aberrante

Dans un monde où la gouvernance devrait être synonyme de rigueur, de transparence et de cohérence, le duo à la tête de la province du Haut-Uélé, composé du Gouverneur Jean Bakomito Gambu et de son Vice-Gouverneur Christophe Dara Matata, nous offre un spectacle désolant. Le tout premier acte administratif de ce duo nous démontre une aberration administrative insupportable.

Cette situation dépasse l’entendement et soulève une multitude de questions sur la capacité de ces dirigeants à administrer une province déjà en proie à de nombreux défis. Le premier point qui mérite d’être soulevé concerne la nature même des documents officiels produits par cette administration. Un âne en habit ne devient pas un cheval de course.

Ces insuffisances constatées soulignent que le fait de porter des titres ou responsabilités de Gouverneur ne confère pas nécessairement des compétences ou des capacités. Le fait que le papier officiel soit émis par le Gouverneur Bakomito Gambu, destiné à son Vice-Gouverneur Dara Matata, soulève immédiatement des interrogations.

Que signifie cette situation aberrante où le vice-gouverneur Dara Matata semble être un simple exécutant des ordres de son supérieur Bakomito Gambu, sans cabinet propre ni autonomie ? Cela pose la question de la répartition des rôles et des responsabilités au sein de l’exécutif provincial. Le comble de l’absurde réside dans le fait que le Gouverneur Bakomito se trouve en mission à Watsa.

Ce territoire n’est pourtant pas en dehors du Haut-Uélé. Comment peut-on être en mission dans la province que l’on dirige ? Cela en dit long sur la gestion chaotique et la désorganisation qui règnent au sein de cette administration. Le Haut-Uélé, déjà fragilisé par des problèmes socio-économiques, se voit dirigé par une coalition incapable de se mettre d’accord pour un gouvernement provincial.

Ce sont des responsables qui semblent plus préoccupés par des missions fantomatiques que par les véritables enjeux de leur province. Mais le clou du spectacle réside dans la signature du document. Le courrier émanant du Gouverneur Bakomito, censé être signé par lui, porte en réalité la signature du Vice-Gouverneur Dara. Dans quel monde avons-nous la chance d’assister à une telle incongruité ?

Donc Bakomito expéditeur envoie un courrier officiel à Dara destinataire qui signe la lettre qui lui est adressée. Et le Gouverneur Bakomito est juriste, d’ailleurs Président du barreau d’Isiro. Ce manque de rigueur et de professionnalisme est révélateur d’une administration qui non seulement ne prend pas ses responsabilités, mais semble également mépriser les principes fondamentaux de la gouvernance.

Cette situation soulève une question encore plus préoccupante : nos dirigeants ont-ils déjà eu une expérience significative dans une quelconque administration avant de se retrouver à la tête du Haut-Uélé ? Leur inexpérience apparente et leur incapacité à gérer des situations pourtant basiques laissent supposer qu’ils naviguent à vue, sans boussole ni plan d’action clair.

Ce manque de compétence et de préparation est un véritable affront aux citoyens de la province, qui méritent des leaders capables de relever les défis qui se posent à eux. Le duo Bakomito-Dara n’est pas seulement un symbole d’incompétence ; il est le reflet d’une gouvernance défaillante qui, au lieu de s’améliorer, s’enlise dans des incohérences et des pratiques douteuses.

Il est grand temps que les citoyens du Haut-Uélé se posent les bonnes questions et exigent de leurs dirigeants un minimum de sérieux et de responsabilité. La province mérite mieux que ce chapelet d’incohérences, et il est impératif d’appeler à un changement profond dans la manière dont elle est administrée. Une muraille blanchie n’efface pas les fissures.

Le bilan de 100 jours à la tête de la province est attendu par la population pour mesurer la volonté du changement promis par Jean Bakomito Gambu pendant ses différentes campagnes comme député provincial et national, sénateur et surtout Gouverneur de province. Ce ne sont les gesticulations des dons ici ou là qui masqueront le vide sidéral d’un projet pour l’ensemble de nos territoires.

C’est ce qui illustre l’idée que des apparences soignées ou des efforts superficiels ne masqueront pas les problèmes sous-jacents. Nous rappellerons toujours à Monsieur Jean Bakomito Gambu que des améliorations esthétiques ne suffisent pas à résoudre des problèmes structurels ou profonds créés par lui-même par l’entremise de son partenaire de la coalition au pouvoir.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR