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Le Stade des Martyrs : Un terrain de jeu pour la corruption

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Dans un pays où l’improbable semble devenir la norme, l’absurde a franchi un nouveau cap. Imaginez un instant : au cœur de Kinshasa, des inconnus érigent des hôtels et des stations d’essence sur le terrain sacré du Stade des Martyrs, sans même un regard furtif des autorités. Cette situation n’est pas simplement grotesque, elle est révélatrice de l’état de déliquescence dans lequel se trouve la RDC.

À travers le monde, un tel affront aux lois et aux normes serait impensable. Qui, ailleurs, oserait initier deux grands chantiers sur un foncier sensible sans l’aval des instances compétentes ? En RDC, cependant, cela semble être une banalité, une facette du quotidien où la corruption règne en maître. Il est temps que ce qui reste de la conscience collective s’éveille et s’insurge contre cette folie

Ces constructions, loin d’être de simples initiatives entrepreneuriales, portent les stigmates d’une connivence coupable entre des investisseurs masqués et des autorités complices. L’absurdité de la situation atteint son paroxysme lorsqu’on considère que ces projets ne pourraient voir le jour que grâce à la bénédiction d’un puissant du régime ou d’un expatrié ayant des généraux dans sa poche.

Cette dynamique sordide crée un climat de méfiance et d’inquiétude parmi les citoyens, qui observent, impuissants, le délitement de leur patrimoine commun. Il est question ici d’un stade, l’un des rares symboles de l’espoir et de la résistance du peuple congolais, qui est désormais réduit à un parc d’attractions pour la corruption.

Les athlètes, les artistes, les supporters, tous méritent un lieu où ils peuvent célébrer leur culture, leur unité, loin des projecteurs d’une corruption aveugle. Au lieu de cela, ils se retrouvent face à un triste spectacle où le béton et l’asphalte étouffent leurs rêves. Les citoyens doivent exiger des comptes, soulever la voix pour que leur patrimoine ne devienne pas le terrain de jeu des prédateurs.

Les stades ne doivent pas être des dépotoirs pour les ambitions égocentriques, mais des lieux de rassemblement, d’évasion et de fierté. La question qui se pose désormais est celle de la responsabilité. Les autorités sont-elles des gardiennes de la loi ou des complices insouciants d’une farce tragique ?

Si Kinshasa est devenue le théâtre de cette mascarade, alors il faudra bien que les acteurs de ce drame fasse preuve de courage et mettent un terme à cette comédie. Car, au fond, le vrai cirque, ce n’est pas le béton qui s’élève, mais la farce d’un pays qui se laisse piétiner par ses propres enfants. Il est temps de dire stop à cette folie. Le Stade des Martyrs doit retrouver sa dignité, et la RDC sa fierté.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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ARSP : Ted Beleshayi prend les commandes, l’heure du renouveau et des réformes ambitieuses a sonné

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Le vent du renouveau souffle sur l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP). Par une série d’ordonnances présidentielles lues ce jeudi à la télévision nationale, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a procédé à un important réajustement stratégique en confiant la direction générale de cette institution clé à Ted Beleshayi. Il sera épaulé par Felly Samuna, nommé Directeur général adjoint.

Cette décision met fin au mandat de Miguel Kashal Katemb et ouvre un nouveau chapitre pour une institution appelée à jouer un rôle déterminant dans la promotion de l’entrepreneuriat national et l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise.

Le couronnement d’un parcours d’excellence

La nomination de Ted Beleshayi est largement perçue comme l’aboutissement d’un parcours marqué par la compétence, la discipline et la fidélité aux idéaux de son engagement politique.

Jeune cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et figure influente de la jeunesse du parti, le nouveau Directeur général incarne cette génération de dirigeants sur laquelle le Chef de l’État mise pour concrétiser sa vision de développement de la République démocratique du Congo.

Homme de terrain et de conviction, il s’est illustré par son attachement aux valeurs républicaines, à la justice sociale et à la bonne gouvernance. Son accession à la tête de l’ARSP apparaît comme un signal fort en faveur du renouvellement des élites et de la promotion des compétences nationales.

Un expert de la gouvernance financière à la tête de l’ARSP

Expert-comptable et auditeur chevronné, Ted Beleshayi présente un profil alliant expérience du secteur privé et maîtrise des rouages de l’administration publique.

Ancien cadre du cabinet KPMG entre 2011 et 2020, il a supervisé la certification des comptes de multinationales actives dans les secteurs minier, énergétique et des télécommunications. Il a également travaillé avec d’importants bailleurs internationaux, notamment la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), tout en participant à plusieurs missions d’audit stratégique pour l’État congolais.

Fondateur de BelkasGroup SAS et parfaitement anglophone, il s’est spécialisé dans la gouvernance financière, l’audit et la gestion des risques avant d’exercer comme haut fonctionnaire au sein d’un organe supérieur de contrôle rattaché à la Présidence de la République.

Le choix d’un technicien face aux défis de la régulation

Dans un contexte où la régulation économique exige davantage de rigueur et de transparence, le choix du Chef de l’État s’est porté sur un profil résolument technique.

Inspecteur des finances de formation, Ted Beleshayi apporte à l’ARSP une expertise forgée au sein des institutions de contrôle les plus exigeantes du pays. Sa maîtrise des mécanismes d’audit et de gestion des risques constitue un atout majeur pour renforcer la crédibilité de l’institution.

L’opinion publique attend désormais une gouvernance davantage orientée vers les résultats, la transparence et l’orthodoxie financière. L’ARSP dispose ainsi d’un dirigeant capable de rassurer les investisseurs tout en veillant à la protection des intérêts des entreprises congolaises.

Les grands chantiers de la nouvelle équipe

Si l’administration précédente a contribué à populariser la loi sur la sous-traitance, sa mise en œuvre a parfois été critiquée pour certaines lourdeurs administratives, un déficit de lisibilité et des tensions récurrentes avec les opérateurs économiques.

Pour réussir son mandat, la nouvelle équipe dirigeante devra relever plusieurs défis majeurs.

Le premier consistera à rationaliser les mécanismes de contrôle en privilégiant une approche fondée sur des audits systématiques, transparents et impartiaux.

La poursuite de la digitalisation des procédures devra également permettre de simplifier l’obtention des attestations d’enregistrement et de réduire les contraintes administratives qui pèsent sur les PME.

Réconcilier l’ARSP avec le secteur privé

L’une des priorités du nouveau management sera également de restaurer un dialogue constructif avec les acteurs économiques.

Dans cette perspective, un rapprochement avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) pourrait favoriser une application plus harmonieuse du cadre réglementaire de la sous-traitance.

L’objectif sera de privilégier la concertation et la confiance plutôt que les rapports de confrontation.

Par ailleurs, la réussite de la politique de sous-traitance ne devrait plus être mesurée uniquement à travers le volume financier des contrats attribués aux entreprises locales, mais également par le nombre d’emplois créés, la qualité de ces emplois et l’efficacité du transfert des compétences au profit des Congolais.

Enfin, l’opérationnalisation des mécanismes de financement entre les PME, les banques et le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) demeure un enjeu essentiel pour permettre aux entreprises nationales d’exécuter efficacement les marchés qui leur sont confiés.

Une nouvelle ère pour la sous-traitance en RDC

L’ARSP entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire. Porté par la dynamique de la jeunesse, fort de son expérience en audit et en gouvernance financière, Ted Beleshayi dispose des atouts nécessaires pour impulser une nouvelle vision de la régulation de la sous-traitance.

Son mandat sera jugé à l’aune de sa capacité à transformer cette institution en un véritable levier de création de richesses, d’emplois et d’opportunités pour les entrepreneurs congolais, faisant ainsi de la sous-traitance un moteur durable de l’émergence économique de la République démocratique du Congo.

A.B.

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