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Politique

Sénat : la candidature de Jean Bamanisa remplacée par celle de Françoise Bemba pour des raisons du genre (MLC)

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Le parti politique Mouvement de la libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba a remplacé la candidature de son sénateur Jean Bamanisa pour le poste de rapporteur de la Chambre haute du parlement (Sénat) par celle de la sénatrice Françoise Bemba.

Pour éclairer la lanterne, cette formation politique a, dans un communiqué ce dimanche, justifié que le choix de Françoise Bemba est motivé par le respect du Genre imposé par le présidium de l’Union sacrée.

« Il était devenu impératif au vu des candidatures retenues qu’il fallait respecter le genre. Le présidium a décidé d’en tenir compte au niveau des postes de rapporteur et de questeur adjoint. C’est ainsi qu’étant la seule femme élue sénatrice aux couleurs du MLC sur l’ensemble du pays, l’honorable Françoise Bemba Ndokwa a été d’office désignée par le présidium pour briguer le poste de Rapporteur qui revient au MLC », peut-on lire dans ce document.

Signalons que selon la liste des candidats réaménagée par la Sénat, la position de rapporteur est également disputée par les sénateurs Justin Kalumba, Ivan Kazadi, et Nefertiti Ngudinza.

Les membres du Bureau définitif de la Chambre haute du parlement seront élus et installés ce lundi 12 août, après l’audition des messages de campagne des candidats retenus.

Willy Theway Kambulu/CONGOPROFOND.NET

Actualité

Sanctions, souveraineté et rhétorique de résistance : José Makila tacle les sanctions américaines infligées à Joseph kabila 

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Dans une sortie au ton résolument offensif, José Makila Sumanda, président de l’Alliance des Travaillistes Congolais pour le Développement (ATD), ancien ministre des Transports sous Joseph Kabila et figure du mouvement « Sauvons la RDC » né du conclave de Nairobi en 2025, a livré une diatribe vigoureuse contre les sanctions du Trésor américain visant l’ancien chef de l’État congolais. 

Derrière cette déclaration, se dessine une posture politique articulée autour de la souveraineté nationale, mais aussi une lecture profondément critique des dynamiques géopolitiques contemporaines.

D’emblée, Makila Sumanda rejette toute interprétation neutre de ces sanctions, qu’il qualifie de « politiquement motivées » et d’expression d’une « ingérence étrangère permanente ». À ses yeux, il ne s’agit pas d’un simple mécanisme de pression diplomatique, mais d’un instrument stratégique visant à « affaiblir la République Démocratique du Congo ». 

En convoquant un registre lexical empreint de gravité et de solennité, il inscrit son propos dans une tradition discursive où la défense de la souveraineté devient un impératif quasi existentiel.

Cette dénonciation s’accompagne d’une mise en cause implicite du pouvoir en place à Kinshasa, accusé de passivité, voire de complaisance. « Cette dérive est inacceptable », martèle-t-il, suggérant que l’absence de réaction ferme pourrait être interprétée comme une forme d’acquiescement tacite.

Une telle affirmation révèle les lignes de fracture internes qui traversent aujourd’hui le paysage politique congolais, où la question de la légitimité et de l’autonomie décisionnelle demeure centrale.

Par ailleurs, Makila Sumanda mobilise une rhétorique historique pour réhabiliter la figure de Joseph Kabila. Il rappelle qu’à « seulement 29 ans », celui-ci aurait hérité d’un État en déliquescence, pour ensuite œuvrer à sa stabilisation. Cette relecture, qui confine à une forme de réhabilitation politique, vise à contrer les narratifs externes jugés « biaisés » et à restituer au peuple congolais le monopole de l’évaluation de son histoire. « Seul le peuple congolais possède la légitimité », insiste-t-il, érigeant ainsi la souveraineté populaire en principe cardinal.

Cependant, au-delà de la défense d’un homme, c’est bien une vision du monde qui se déploie. Les sanctions sont présentées comme les symptômes d’un système international inégalitaire, où les grandes puissances s’arrogeraient le droit de « s’ériger en arbitres ». Cette posture critique, qui frôle parfois le souverainisme radical, s’inscrit dans une longue tradition de défiance vis-à-vis des ingérences occidentales en Afrique.

La répétition incantatoire du « Non » « Non à l’ingérence étrangère », « Non aux injonctions politiques » confère au discours une dimension performative, presque militante. Elle traduit une volonté de mobilisation collective face à ce qui est perçu comme une menace systémique.

En définitive, cette prise de position illustre moins un simple désaccord diplomatique qu’un affrontement de narratifs : d’un côté, une logique internationale de sanctions présentée comme régulatrice ; de l’autre, une revendication farouche d’autodétermination. Et dans cet entrelacs de discours et de rapports de force, une question demeure en suspens : « la souveraineté proclamée peut-elle réellement s’exercer dans un monde interdépendant, ou n’est-elle qu’un idéal sans cesse réaffirmé face à des contraintes inéluctables ? »

Blaise ABITA ETAMBE/CongoProfond.net

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