Analyses et points de vue
Le droit international moderne : Héritage européen ou outil de domination ?
Le droit international moderne, souvent présenté comme un système neutre et universel, trouve en réalité ses racines dans l’histoire européenne du 17ème siècle, marquée par l’expansion des empires coloniaux. Trois caractéristiques principales mettent en lumière la nature complexe et controversée de ce système juridique.
Premièrement, le droit international a été historiquement utilisé pour légitimer la division du monde entre les états civilisés et les états non-civilisés. Cette distinction, loin d’être anodine, a servi à justifier l’exploitation et la domination des peuples considérés comme inférieurs. Ainsi, le droit international a souvent été un instrument de perpétuation des inégalités et des injustices entre nations.
Deuxièmement, les états européens ou occidentaux ont longtemps considéré que leur personnalité juridique était supérieure à celle des autres états, qu’ils qualifiaient de non civilisés. Cette vision ethno-centriste a conduit à une hiérarchisation des nations, où devenir civilisé revenait à s’aligner sur les normes occidentales en général et européennes en particulier.
Cette conception biaisée a perduré dans les relations internationales, influençant les dynamiques de pouvoir et de domination entre les états. Troisièmement, le droit international a été utilisé pour légitimer l’expansion des empires européens et la colonisation de vastes territoires à travers le monde. Ainsi certaines nations principalement européennes se trouvent sur les cinq continents.
Les notions de souveraineté, d’indépendance et de civilisation ont été définies exclusivement par les états européens, qui ont imposé leurs propres critères et standards aux autres nations. Ainsi, le droit international a été un outil de justification des politiques impérialistes et des pratiques colonialistes, au détriment des peuples autochtones et des cultures locales.
Le droit international moderne, loin d’être un système impartial et égalitaire, porte en lui les stigmates d’une histoire marquée par l’impérialisme et la domination. Il est essentiel de reconnaître et de déconstruire ces héritages européens afin de promouvoir un ordre juridique international plus juste et équitable pour tous les peuples du monde.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts
Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.
Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
