Culture
L’écrivaine-journaliste Emmanuella Salama : 1 visage, 2 plumes !
Et si Emmanuella Salama était plus grande qu’elle le pensait ? Chroniqueuse de musique, humanitaire, conférencière, celle qui vient désormais de passer du journalisme à la littérature s’est offert un nouveau public avec la publication de son premier livre. « En tout cas, elle m’a impacté et j’ai pris un engagement de suivre ses pas », témoigne Gloire Abasi, président du Parlement des jeunes.
Sa trajectoire, on la connait : journaliste et présentatrice de l’émission culturelle Star en action sur la radio Canal Révélation (émettant à Bunia), puis correspondante d’Urban Scène (Radio Okapi), Emmanuella Salama s’est taillé une réputation à la mesure des paradoxes de son personnage. Celle qu’on « aime passionnément », celle qui « fascine », celle qui prône « l’unité autour d’elle », celle dont « le sourire ne quitte pas les lèvres ». Ayant côtoyé les aînés sacrés d’hier : Ushindi Ki-Isenge, Nathan Mugisa…, les chances de la voir dans la littérature étaient plus grandes.
Licenciée en Relations internationales de l’Université de Bunia, Salama vient s’ajouter, avec cette publication, à la liste des auteurs qui proposent aux jeunes des thèmes qui servent de motif à quelque chose. Maintenant, on parle d’elle comme d’une diva.
« Ensemble, nous pouvons », pour mettre le pied à l’étrier, mais pas que !
« Ce livre, à vous qui favorisez l’unité, la cohésion sociale et la solidarité », la dédicace résume tout ou presque. Le 25 mai 2025 est historique pour la littérature iturienne et pour Emmanuella Salama. « Ensemble nous pouvons », son premier livre à être baptisé.
Une sorte de reflet de tout ce que se perçoit dans les sociétés, cet ouvrage conseille au « renforcement du développement personnel pour bien oser et exploiter vos talents, gérer l’entourage et vivre ensemble dans la diversité ». Ce livre hisse au plus haut le quotidien de cette jeune fille originaire de Mahagi à la satisfaction de Claudine Nzeni, qui a présidé le vernissage au nom du gouverneur de province.
« Ensemble, nous pouvons », c’est plus qu’un livre. Dans la rue, sur ses réseaux, à travers son micro, elle n’avait cessé de motiver et d’encourager avec ce slogan résumé aujourd’hui dans un livre de plus de 100 pages avec lequel elle brise les codes de la littérature.
« C’est la première fois que Washindi Publishing publie une femme », révèle Ushindi Ki-Isenge, éditeur de cet ouvrage.
« Je me suis privé de plusieurs choses », le sacrifice de l’ancienne élève de l’école d’application du CEPROMADE (EDAC) a payé. Dans un temps record pour un débutant, deux mois, elle a pu finir son premier ouvrage.
Écrivaine-journaliste, une double identité qui prend de l’ampleur à l’image du lien historique entre le journalisme et la littérature. Stylo, carnet… La source d’inspiration est généralement la même : le terrain. Sur sa double identité, depuis le vernissage de son premier livre, la tendance se dessine pour Salama : « À l’instant, après cette longue série de dédicaces, je me sens plus dans la peau d’un écrivain ».
Emmanuella : « Salama »
Le sourire, le calme, la confiance, le visage peuvent même porter les traces du nom ou les caractéristiques du nom peuvent prédire le statut social d’un être. Le cas pour Emmanuella est porté par la « sûreté », la « tranquillité » de son nom « Salama ». Face aux stéréotypes, psychanalyse, elle gère ses forces en misant d’abord sur elle-même. « C’est normal que les gens pensent ce qu’ils veulent, mais ce qui est en nous, c’est nous-mêmes qui gérons ».
Dans une province comme la sienne, réputée terre à histoire tumultueuse, Emmanuella Salama Nyaluiny, à travers son livre, prône aussi l’unité « pour Ituri autrement (fort, en paix, développé) ».
Via buniaactualite.cd
Culture
Lovo et les premières traces de l’humanité : une thèse archéologique portée par le Dr Lohanga Konga
Le chercheur congolais, l’archéologue Dr Lohanga Konga soutient que le massif de Lovo, dans le Kongo Central, pourrait constituer un témoignage exceptionnel des origines humaines et spirituelles. Une hypothèse qui ambitionne de repositionner le Congo dans les grands récits de l’histoire mondiale.
Dans cet échange avec la colonne culture de la Rédaction de Congoprofond le vendredi 05 juin dernier, ce chercheur africain affirme à toutes les lettres les origines de l’humanité. Thèse que veut porter au toit du monde à travers plusieurs démarches scientifiques pour la connaissance générale et afin extirper l’africain de toutes théories du complexe de l’infériorité et d’autres stigmates qui rongent sa pensée depuis la nuit de temps.

Une nouvelle lecture des origines de l’humanité émerge des recherches menées par le Dr Lohanga Konga. L’archéologue congolais affirme que le massif de Lovo, situé dans Kongo Central, représente bien plus qu’un simple site naturel ou archéologique. Selon lui, cet ensemble géologique constituerait une mémoire ancestrale de l’humanité, susceptible d’éclairer les premiers chapitres de l’histoire humaine bien avant les civilisations traditionnellement considérées comme fondatrices.
À travers plusieurs années de recherches et d’interprétations archéologiques, le scientifique défend l’idée que les formations rocheuses, les grottes et les traces anciennes observées à Lovo témoigneraient d’une présence humaine remontant à une période extrêmement reculée. Cette hypothèse conduit le chercheur à envisager le massif comme un espace de référence dans l’étude des origines de la civilisation.
Une relecture archéologique des origines humaines

Pour le Dr Lohanga Konga, le débat sur les origines de l’humanité mérite d’être réexaminé à partir des données africaines encore insuffisamment explorées. Il considère que le massif de Lovo pourrait offrir des indices majeurs permettant d’enrichir la compréhension scientifique des premiers peuplements humains.
Selon ses analyses, certains alignements naturels, la configuration géologique du site ainsi que plusieurs éléments symboliques présents dans le paysage méritent une investigation approfondie. Le chercheur soutient que ces caractéristiques pourraient révéler une continuité historique et culturelle exceptionnelle.
Dans cette perspective, Lovo apparaît comme un patrimoine susceptible d’intéresser non seulement les archéologues, mais également les spécialistes de l’anthropologie, de l’histoire des religions et des civilisations anciennes. Le site est présenté comme un espace où se croisent mémoire géologique, héritage culturel et traditions spirituelles.
Entre patrimoine scientifique et héritage spirituel
L’une des particularités de la démarche du Dr Lohanga Konga réside dans l’articulation qu’il établit entre archéologie et spiritualité. À travers une approche qu’il qualifie d’« archéo-théologie », il estime que certaines traditions spirituelles africaines, notamment celles liées au kimbanguisme, pourraient être relues à la lumière du patrimoine ancien de Lovo.
Le chercheur voit dans ce massif un lieu symbolique dont l’importance dépasse les frontières du Congo. Selon lui, la préservation et l’étude de ce patrimoine constituent un enjeu majeur pour les générations futures et pour la valorisation de l’histoire africaine dans le récit universel de l’humanité.

Cette thèse suscite naturellement des débats au sein des milieux académiques. Comme toute proposition scientifique portant sur les origines humaines, elle appelle à des investigations complémentaires, à des analyses multidisciplinaires et à une validation par la communauté scientifique internationale.
Quoi qu’il en soit, les travaux du Dr Lohanga Konga ont déjà le mérite de replacer le massif de Lovo au centre des réflexions sur le patrimoine archéologique congolais. Ils contribuent également à raviver l’intérêt pour un site dont le potentiel historique, culturel et scientifique demeure encore largement à explorer.

À travers cette démarche, le chercheur lance un appel à la mobilisation des institutions publiques, des universités et des organismes internationaux afin d’encourager de nouvelles campagnes de recherche et de conservation. Pour lui, comprendre Lovo, c’est aussi approfondir la connaissance des racines les plus anciennes de l’humanité.
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