Connect with us

Provinces

Kwango : Jonathan Wata perd le contrôle de la province

Published

on

Le leadership politique à la province du Kwango était prêt à basculer. Les élections législatives de décembre 2023 ont changé la donne. A la tête de l’Abg (Alliance pour la Bonne Gouvernance), Jonathan Wata Bialosuka a raflé cinq sièges à l’Assemblée provinciale du Kwango, ce qui l’a hissé au niveau de première force politique locale. Lui-même étant doublement élu député national, dans la circonscription de Tshangu à Kinshasa, et député provincial dans la circonscription à un siège de Kenge ville, au Kwango. Une prouesse qui a conféré à Jonathan Wata une certaine notoriété politique, là où il a été en concurrence avec son géniteur politique, le président de l’Assemblée nationale Christophe Mboso N’kodia Pwanga.

Avec cinq députés provinciaux dans sa gibecière, le rebelle fils politique de Mboso était sûr de tout. D’abord les accords politiques provinciaux qui consacrent la rotation par territoire à la tête des institutions provinciales (gouverneur de province, président de l’Assemblée provinciale) lui donnaient cet avantage de présenter le candidat gouverneur de province et même le président de l’Assemblée provinciale.

Aux dernières élections de sénateurs et gouverneurs de province, Jonathan Wata, sous l’ivresse de son poids politique, a lancé cinq candidats sénateurs et a pris parti en faveur de la candidature de Collette Lukamata, élue de l’Udps, au poste de gouverneur. Jonathan Wata a ainsi « vendu » le tour rotatif de son propre territoire de Popokabaka, en faveur de Feshi.

A Popokabaka, toutes les forces vives se sont liguées contre lui pour avoir « vendu » le tour de Popokabaka à la tête de l’exécutif provincial. Même s’il a réussi à faire élire son beau-frère au poste de président de l’Assemblée provinciale, qui est de Popokabaka bien sûr, Jonathan Wata n’a pu convaincre ses frères et sœurs qui attendaient le poste de gouverneur.

Ses candidats sénateurs se sont brouillés. Mathilde Muzinga, députée provinciale élue de Kenge, s’est portée candidate, ayant une voix à son avantage.

Au finish, il n’a eu aucun sénateur. Le candidat Kimvwete Gaston, l’homme le plus en vue de ses listes électorales s’est vu sortir avec zéro voix, malgré toutes les « motivations » sorties des ses poches en faveur de quelques députés provinciaux pour lui offrir quelques suffrages. Et il pleura. C’est ici que l’histoire s’est répétée : Jonathan Wata a eu le même résultat que Mboso aux élections de deuxième degré en 2019. Cette année-là, la CRD de Mboso n’a produit aucun sénateur, bien qu’ayant trois députés à l’Assemblée provinciale.

Le candidat Mavungu est sorti de Kenge avec zéro voix. Les députés provinciaux de son parti lui ont réservé une fin de non-recevoir.

Qu’est-il arrivé à Jonathan Wata ? Pourquoi ses députés provinciaux n’ont-ils voté un sénateur de leur parti politique ? A Kenge, les bruits n’ont pas tardé à courir. Les députés provinciaux de l’Abg auraient refusé d’obéir au dicktat de Jonathan Wata, jugé peu courtois dans les décisions prises avec un certain niveau d’orgueil.

Même le suppléant de Jonathan Wata qui a pris place à l’hémicycle n’a pas donné sa voix aux candidats du parti ! Selon l’opposant Maker Muhota, le député Emery Kunga a voulu sanctionner son maître en réponse à des instructions reçues qu’il juge peu orthodoxes, et aurait « décidé de montrer son indépendance d’esprit face à une collaboration suspecte basée sur des accords politiques où seul le maître compte gagner ».

Jonathan Wata a perdu aussi la bataille pour le gouvernorat. Malgré tous les moyens mis en jeu pour le soutien de sa candidate de Feshi, qu’il a présentée comme une candidature du chef de l’État Félix Tshisekedi et une condition pour que le président de la République s’intéresse au Kwango, le leader de l’Abg a été battu. C’est son challenger Willy Bitwisila qui a remporté la victoire, prouvant. Un plat de la revanche qui s’est mangé très froid, au regard de la lutte de positionnement que les deux se livrent pour le contrôle du territoire de Popokabaka.

Jonathan Wata n’a pu digérer da défaite a gouvernorat et aux sénatoriales. Le 29 avril, jour des scrutins couplés, il a quitté Kenge dans la totale discrétion, difficile de se consoler en présence de l’effervescence provoquée à Kenge par l’élection de son adversaire politique local Willy Bitwisila.

Coincé par les adversaires renforcés -selon les dires de Maker Muhota-, Jonathan Wata a totalement perdu la bataille pour le contrôle de la province du Kwango.

Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET

Provinces

Beni : Six membres de la communauté pygmée, dont la star Nzanzu Mangesse, tués lors d’une attaque attribuée aux ADF à Ngadi

Published

on

La ville de Beni, au Nord-Kivu, a de nouveau été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Au moins six civils issus de la communauté autochtone pygmée ont perdu la vie dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026 au quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori.

D’après plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants, les assaillants se sont introduits dans le quartier avant de s’en prendre à un campement occupé par des membres de cette communauté. « Les assaillants ont d’abord ciblé un campement des pygmées où ils ont exécuté les pygmées à l’arme blanche avant de poursuivre l’assaut dans d’autres parties de Ngadi », a relaté un jeune résident du quartier.

Après cette première attaque, les hommes armés auraient poursuivi leur incursion dans d’autres zones de Ngadi. Outre les six personnes tuées dont les corps ont été retrouvés et identifiés par la population locale, plusieurs civils auraient été enlevés et emmenés vers une destination inconnue, faisant craindre un bilan plus lourd dans les prochaines heures.

La population pleure également la disparition de Nzanzu Mangese, considéré comme l’une des personnalités les plus connues de la région. Son décès a provoqué une vive émotion parmi les habitants, qui dénoncent la persistance de l’insécurité dans cette partie du territoire de Beni.

Cette nouvelle attaque remet en évidence les défis sécuritaires auxquels restent confrontées les populations civiles, en particulier les communautés autochtones, malgré les opérations militaires menées contre les groupes armés actifs dans la région.

Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET

Continue Reading