Analyses et points de vue
À la recherche des racines africaines de l’écriture : Du Papyrus à la Permedjat
Dans la quête de comprendre les origines du mot « papier », une exploration fascinante nous emmène à travers les méandres de l’histoire de l’écriture. Le terme « papier » trouve ses racines dans le mot « papyrus », le matériau ancestral sur lequel nos ancêtres ont tracé les premiers mots de l’humanité.
En Égypte ancienne, le papyrus était vénéré comme un support sacré pour l’écriture, et le livre était appelé « medjat ». Cette connexion avec l’Afrique et son riche héritage scriptural est profonde et souvent négligée.
De même, le mot « bibliothèque », avec son origine dans le terme égyptien « permedjat », révèle un lien significatif avec l’africanité de l’écriture. La bibliothèque, bien plus qu’un simple dépôt de livres, incarne la mémoire collective et la sagesse accumulée de l’humanité.
En embrassant le concept de « permedjat », nous honorons non seulement l’origine de notre savoir écrit, mais aussi la contribution essentielle de l’Afrique à la civilisation mondiale. À travers ces mots anciens et puissants, nous sommes rappelés de l’importance de reconnaître et de célébrer les fondations africaines de l’écriture.
Loin d’être des vestiges du passé, ces termes résonnent encore aujourd’hui dans notre utilisation quotidienne de la langue. En reconnaissant et en honorant cette africanité de l’écriture, nous enrichissons notre compréhension de nous-mêmes en tant qu’êtres humains façonnés par une tradition scripturale universelle, dont les racines plongent profondément dans le sol fertile de l’Afrique antique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Byamungu : De la cellule de Ndolo au cerveau du renseignement M23, itinéraire d’un traître made in Kigali
Le général Jean-Claude Byamungu incarne, peut-être plus que tout autre, le visage biface d’une armée congolaise minée de l’intérieur. C’est l’incarnation de l’infiltration. Formé dans les rangs des FARDC, portant l’uniforme de la République, il connaissait chaque caserne, chaque plan de bataille, chaque faille de l’appareil sécuritaire congolais.
Puis vint la disgrâce, ou plutôt la mise en scène de la disgrâce : la prison militaire de Ndolo, où il fut enfermé sous des accusations floues, avant de s’en évaporer dans des conditions qui relèvent moins de la négligence que de la complicité active. Ce qui aurait dû être le terminus d’une carrière brisée n’était en réalité qu’une étape vers sa reconfiguration en atout stratégique pour Kigali via le nouveau branding du RDF/M23 New Look.
À peine sorti de l’ombre des geôles kinoises, Jean-Claude Byamungu est réapparu sous les couleurs du RDF/M23, recyclé en chef du renseignement, comme si sa défection n’attendait qu’un signal pour s’officialiser. Sa nouvelle fonction au sein de la rébellion n’a rien d’anecdotique : elle est la clé de voûte de l’efficacité militaire du mouvement. En confiant le renseignement à cet ancien haut gradé, le M23 et ses parrains du RDF ne se contentent pas d’acquérir un soldat de plus.
Ils s’offrent une cartographie vivante des dispositifs ennemis, une mémoire des codes et une connaissance intime des hommes qu’il a jadis commandés. Jean-Claude Byamungu n’est pas un simple renégat, il est l’architecte des infiltrations, celui qui sait où frapper parce qu’il sait où les FARDC sont vulnérables. Son passage de la prison au commandement opérationnel est une insulte à la justice congolaise.
C’est une preuve éclatante que l’évasion de Ndolo fut moins un exploit personnel qu’une extraction méthodique, digne des services parallèles rwandais. Ce qui se joue avec Jean-Claude Byamungu dépasse la trahison individuelle : c’est le symbole d’une guerre où l’ennemi se cache moins derrière les collines que dans les rangs mêmes de l’État congolais. Qu’un général, censé défendre la patrie, finisse par orchestrer les assauts contre elle depuis une base rebelle.
Voilà qui dit tout du degré de décomposition des institutions et du cynisme de Paul Kagame. Le Rwanda ne se contente pas de recycler les déchets de l’armée congolaise ; il les transforme en armes de précision. Jean-Claude Byamungu est aujourd’hui la preuve vivante que Kinshasa, en tolérant l’impunité des complicités internes, a laissé le renseignement adverse s’écrire depuis ses propres prisons. Un défi lancé non seulement à la souveraineté congolaise, mais à l’intelligence de tout un peuple.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
