Analyses et points de vue
Le pillage inlassable : Tétanisation de la RD Congo face aux détourneurs professionnels de deniers publics
Au cœur de la RD Congo, un phénomène insidieux et persistant étouffe la nation : le détournement éhonté des deniers publics. Jamais dans l’histoire récente d’une nation, une élite n’a été à ce point irresponsable. La régularité de ce comportement criminel et surtout les sommes détournées dépassent tout entendement.
Des noms familiers résonnent de manière récurrente dans les méandres de la corruption, sans que la justice n’ose les défier. Mais ce fléau ne se limite pas aux frontières nationales ; des acteurs étrangers s’immiscent dans des contrats opaques, s’accaparant d’énormes sommes par des voies d’urgence mystérieuses, laissant la population perplexe et dépouillée.
Ce cercle vicieux de pillage sape les fondations mêmes de la nation congolaise, privant le pays de ses richesses alors que ses trésors sont dilapidés devant nos yeux incrédules. Tant que cette impunité perdure, la nation restera prisonnière de ses prédateurs, condamnée à assister impuissante à la spoliation de son héritage.
Pour ces nouveaux Crésus de la RD Congo, les deniers publics sont comme l’eau bénite. Chacun y puise. Les dirigeants politiques actuels sont des hommes qui sont sortis de l’ombre pour entrer dans la boue. Ce qui est fâcheux dans les malheurs de notre peuple, c’est le fait que n’importe qui ayant milité dans un parti politique en RDC s’estime assez compétent pour parler des choses qu’il ne maitrise pas.
Il est impératif de briser ce silence complice, de questionner les complicités qui permettent à ces vautours de prospérer, de réclamer des comptes et de rétablir la justice. L’avenir de la RDC dépend de sa capacité à se libérer de ces chaînes, à mettre fin à cette hémorragie financière et à protéger ses ressources pour les générations à venir. La nation congolaise mérite mieux que d’être spectatrice de son propre dépouillement.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
