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EPST : La synergie des syndicats des enseignants présente ses recommandations à Judith Suminwa

Les enseignants du secteur public de la République Démocratiques du Congo, notamment ceux affiliés à la Synergie des Syndicats des Enseignants du Congo, réunis en Assemblée Générale à Kinshasa le samedi 13 avril 2024, pour évaluer les problèmes récurrents qui gangrènent leurs conditions socio-professionnelles, ont fait quatre recommandations au nouveau Premier Ministre, Suminwa Tuluka Judith, à savoir : l’élaboration d’une politique salariale, la convocation urgente d’une table ronde pour évaluer la réforme de la gratuité de l’enseignement avant son extension au secondaire général, la dépolitisation de l’Examen d’Etat et enfin l’annulation des actes irréguliers relatifs à la retraite des enseignants.

En effet, ces enseignants estiment que le respect de ces recommandations permettra au Gouvernement de la République de répondre aux attentes des enseignants.

A travers la presse, Jean-Bosco Puna, Secrétaire Général du Syndicat des Enseignants des Ecoles Catholiques (SYNECAT) et porte-parole de la Synergie des Syndicats, a fait les déclarations suivantes : « Les enseignants réunis en Assemblée Générale, au regard des questions urgentes et pressantes, formulent les recommandations suivantes à Madame la Première Ministre : l’élaboration d’une politique salariale comme l’unique moyen pour le Gouvernement de répondre aux attentes des enseignants et tous les agents et fonctionnaires de l’Etat, la reforme sur la gratuité de l’enseignement au niveau primaire accentue la baisse criante de la qualité de l’enseignement de notre système et exige la convocation urgente d’une table ronde, pour une évaluation sans complaisance de la réforme, avant d’envisager son prolongement au secondaire ».

Et d’ajouter : « L’organisation de l’Examen d’Etat doit être dépolitisée et revenir essentiellement à l’Inspection Générale de l’EPST, pour éviter la débâcle de l’édition 2022-2023, la retraite des enseignants initiée par le Ministre Tony Muaba, est un véritable déni de droit. Les enseignants demandent au Premier Ministre d’annuler les actes irréguliers relatifs à cette retraite et de promouvoir un processus de retraite régulier et transparent qui respecte la dignité humaine ».

Considérant toutes ces recommandations, il convient de souligner que celui qui va piloter le sous-secteur de l’EPST, au sein du prochain Gouvernement, doit être un homme ou une femme qui privilégie l’intérêt général. Il est paradoxal de constater que jusqu’aujourd’hui, il existe encore des enseignants NP, dans les écoles secondaires et bureaux gestionnaires, en dépit de tous les efforts consentis par le Gouvernement de la République pour les absorber.

Au total, 144.944 agents étaient éligibles à la paie, selon la décision du Conseil des Ministres du vendredi 08 mai 2020 et ce, après l’opération d’identification menée conjointement par la DINACOPE et les syndicalistes des enseignants, en février 2020, sous le Ministre Willy Bakonga Wilima. Hormis les 58 mille du primaire payés en octobre de la même année et peut-être 3 mille de la maternelle payés en juin 2021, tous les autres des écoles secondaires et des bureaux gestionnaires, précisément les bureaux de sous-divisions, de l’Inspection, de SERNIE et de coordinations des écoles conventionnées, ont été mis de côté après le départ du Ministre Bakonga et ceux qui sont encore actifs continuent d’attendre.

Soulignons que le remaniement opéré au sein du Gouvernement, en avril 2O21, a joué à leur désavantage, car beaucoup de gens mécanisés récemment dans les Antennes et Directions provinciales de la DINACOPE, ne figuraient pas dans le fichier validé par le Conseil des Ministres. Plusieurs NP des écoles consolidées restent jusqu’à ce jour non payés.

Rappelons que ces recommandations de la Synergie des Syndicats surviennent après la montée au créneau du Syndicat National des Inspecteurs de l’Enseignement au Congo (SYNIECO) et de l’Intersyndicale des Syndicats qui ont envoyé des messages forts en direction du Gouvernement de la République, lesquels messages laissent planer un spectre de perturbation des activités scolaires.

Bref, le Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique qui sera désigné par Judith Suminwa Tuluka et qui va hériter d’une situation peu reluisante, pour un climat apaisé dans ce sous-secteur, aura intérêt à se pencher minutieusement sur ces contentieux administratifs, notamment le rétablissement de véritables enseignants NP dans leur droit, la retraite honorable, la situation salariale, la question de l’Examen d’Etat, etc.

Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET