Connect with us

Analyses et points de vue

L’employabilité comme commerce d’âmes : L’élite congolaise et le déficit de reconnaissance pour les penseurs et les philosophes

Published

on

Au cœur de la machine implacable de l’employabilité en République Démocratique du Congo se trouve une réalité amère : un système qui transforme les aspirations individuelles en une quête désespérée de postes sans âme, de piston et de connivence. Les élites congolaises se pressent vers la fonction publique et les sphères politiques, non par vocation ou par passion, mais par un calcul froid visant à s’approprier une part du gâteau de pouvoir et de richesse.

Pour les citoyens ordinaires, la formation et l’éducation ne sont pas des portes ouvrant sur un monde de possibilités et d’épanouissement, mais des clés fragiles pour tenter de percer le marché de l’emploi, souvent inaccessible sans les précieux sésames de la recommandation ou des relations. Au cœur de cette triste réalité, se trouve une question brûlante : des penseurs et philosophes reconnus mondialement auraient-ils leur place dans ce système d’employabilité implacable en RDC ?

La réponse est douloureusement évidente : non. Les esprits brillants, les intellectuels, les artistes qui façonnent notre compréhension du monde et éclairent nos consciences se trouvent relégués aux marges de la société congolaise, souvent méprisés ou ignorés par un système obsédé par la productivité matérielle et le pouvoir politique. Mais que serait le monde sans ces philosophes, ces grands penseurs et intellectuels ? Une terre stérile, dépourvue de toute profondeur, de toute humanité, de toute aspiration à la vérité et à la beauté.

Il est temps de questionner les fondements de ce paradigme déshumanisant, de cette logique mercantile qui réduit l’individu à un simple pion sur l’échiquier de l’employabilité. Il est temps de réaffirmer la valeur inestimable de la pensée, de la créativité, de la réflexion dans la construction d’une société véritablement libre, éclairée et prospère. Les philosophes, les penseurs, les intellectuels doivent retrouver leur juste place au sein de la société congolaise, non pas comme des parias, mais comme des guides, des éclaireurs, des visionnaires qui ouvrent des horizons nouveaux et des possibilités infinies pour un avenir meilleur pour tous.

TEDDY MFITU 

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture

Published

on

L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.

Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.

Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.

La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.

Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Continue Reading