Politique
A la moindre escarmouche : Entre promesses brisées et la tentation de la guerre
Depuis son accession au pouvoir, Félix Tshisekedi a jonglé avec des promesses grandioses qui ont fini par se retourner contre lui. Son engagement à faire de la RDC l’Allemagne d’Afrique et son projet de prélèvement mobile ( RAM ) ont été des fardeaux qui ont pesé lourdement sur son premier mandat. Maintenant, confronté à la menace de devoir honorer ses paroles par la guerre, le président semble piégé par ses propres discours.
Alors qu’il a toujours préféré la diplomatie pour s’élever sur la scène internationale en rencontrant les grands de ce monde, Tshisekedi se retrouve désormais dans une impasse. La rhétorique belliqueuse « À la moindre escarmouche » résonne comme un écho menaçant dans l’Est de la RDC, où le prix à payer en vies humaines devient de plus en plus lourd.
Les morts qui s’accumulent dans cette région stratégique ne sont pas seulement le résultat de conflits historiques et complexes, mais aussi le symbole d’une tentative désespérée de Tshisekedi de prouver sa force et de défier ses adversaires politiques. Entre le M23, les forces de l’AFL de Corneille Nangaa et les tensions avec le Rwanda de Paul Kagame, le président se retrouve dans une situation où la diplomatie cède le pas à la brutalité de la guerre. C’est clairement revenir à la case de départ.
Alors que la communauté internationale observe avec inquiétude cette escalade de violence, il est devenu impératif pour Félix Tshisekedi de reconsidérer ses priorités et de trouver des solutions pérennes pour mettre fin au bain de sang qui ravage l’Est de la RDC. Dans un contexte où les enjeux politiques se mêlent aux intérêts économiques et géostratégiques, la tentation de la guerre comme ultime solution se précise jour après jour. Ce qui risque de plonger le pays dans un chaos encore plus profond, mettant en péril la stabilité régionale et la vie de millions d’innocents.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Politique
« Que les parents gardent les enfants à la maison » : L’opposition annonce une journée morte contre « révision ou changement » de la constitution, Andy Bemba appelle à l’unité face à la marche du 3 juin
« Que les Parents gardent les enfants à la maison » : L’opposition annonce une journée morte contre « Révision ou changement » de la constitution, Andy Bemba appelle à l’unité face à la marche du 3 juin
À deux jours de la marche annoncée par l’opposition pour barrer la route à la révision ou changement de la constitution, Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée(NP), a pris position ce lundi 1er juin 2026. Dans une déclaration ferme, il rappelle la priorité du moment : l’unité nationale.
« Je respecte le droit de chacun à exprimer ses opinions et à manifester pacifiquement. Cependant, dans le contexte actuel d’agression que traverse notre pays, je considère que la priorité nationale devrait être l’unité, la défense de notre souveraineté et le soutien à nos forces engagées pour protéger l’intégrité du territoire », a déclaré Andy Bemba.
Le président de Nouvelle Pensée estime que si les débats politiques sont légitimes, ils ne doivent pas faire perdre de vue l’essentiel. « Les débats politiques sont légitimes, mais ils ne devraient pas détourner notre attention de l’enjeu fondamental qui est la préservation de la nation. »
Cette sortie intervient alors que l’opposant Martin Fayulu Madidi a appelé à une journée morte ce mercredi 3 juin 2026. « Nous demandons aux parents d’élèves de garder les enfants à la maison et de n’aller eux-mêmes ni au travail ni au marché, pour prouver à Félix Tshisekedi que le peuple n’est pas d’accord avec son projet », a lancé le leader de l’ECiDé, afin de faire pression contre tout projet de révision ou de changement de la Constitution.
Face à cet appel, Andy Bemba plaide pour la continuité de la vie sociale : « Laissons le peuple et nos enfants vaquer librement à leurs activités quotidiennes. Ils sont notre avenir, l’avenir de cette nation. ».
La marche du 3 juin s’inscrit dans un climat politique tendu, marqué par la fracture entre partisans et opposants à la modification de la loi fondamentale congolaise. Pour NP, l’heure n’est pas à la division mais au sursaut patriotique.
Blaise ABITA ETAMBE
