Actualité
Le débriefing du Chef de l’État Félix Tshisekedi : Entre justification personnelle et manque de vision globale
Lors du débriefing du chef de l’État le 22-02-2024, des questions cruciales ont été soulevées, révélant des aspects inquiétants de la politique actuelle. Entre la crise avec le Rwanda et la possibilité d’une déclaration de guerre, il est clair que la prudence est de mise. Malgré les initiatives en place, la paix reste le choix le plus sage.
La détention de Stanys Bujakera a mis en lumière les lacunes de notre système judiciaire, soulignant un problème plus vaste de séparation des pouvoirs. Le président reconnaît ces failles, mais agir pour les corriger est une toute autre histoire.
Les agressions dans l’Est soulèvent des interrogations sur les négociations : le refus de dialoguer avec d’autres acteurs que le Rwanda révèle un déséquilibre potentiel dans les relations régionales. Les manœuvres du Rwanda avec les FDLR soulèvent des préoccupations sérieuses quant à la stabilité de la région.
Enfin, la décision de cumuler les fonctions ministérielles et parlementaires met en lumière des problèmes de gouvernance profonds. La promesse de surveiller le non-cumul des émoluments semble minimiser l’ampleur du problème.
Enfin, Félix Tshisekedi reconnaît publiquement le rôle ambivalent de l’Union Européenne qui, par son récent accord d’un protocole avec le Rwanda sur les mines que ce dernier ne possède pas, affiche son soutien à ce pays recéleur et nous mène donc clairement une guerre par procuration.
Dans l’ensemble, ce débriefing a été plus une justification personnelle qu’une véritable révélation de vision globale et de grands projets nationaux. Il est temps d’exiger plus de nos dirigeants en termes de leadership et de planification stratégique pour l’avenir de la nation.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Politique
RDC : Andy Bemba évoque « La formation plus rapide du gouvernement et la réduction de sa taille » comme l’une des raisons principales de la réforme constitutionnelle
Le débat sur la révision constitutionnelle rebondit dans le paysage politique congolais. Pour Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée(NP), la question ne se limite pas à des ajustements techniques : il s’agit de repenser l’efficacité de l’État face aux urgences du pays.
« L’une des raisons pour lesquelles il nous faut revoir notre Constitution, c’est la nécessité d’une formation rapide du gouvernement et d’une réduction de sa taille », déclare-t-il. Selon lui, l’architecture actuelle ralentit la mise en place des équipes gouvernementales et alourdit le fonctionnement de l’exécutif.
Andy Bemba défend l’idée d’un « État plus léger, plus efficace et moins coûteux ». Dans sa logique, une équipe gouvernementale resserrée permettrait de réduire les dépenses de fonctionnement tout en accélérant la prise de décision. « Cela permettrait une meilleure gouvernance et des décisions plus rapides face aux défis du pays », insiste-t-il.
Le leader de Nouvelle Pensée pointe un problème récurrent : les longs délais de formation des gouvernements après les élections ou les remaniements. Ces périodes de transition, dit-il, bloquent l’action publique alors que les besoins en matière d’infrastructures, de sécurité, d’éducation et de santé restent urgents. Un exécutif plus restreint, avec des portefeuilles clairement définis, éviterait selon lui les chevauchements de compétences et les blocages politiques.
Au-delà de la taille, c’est la logique de gestion de l’État qui est visée. Andy Bemba estime qu’un gouvernement pléthorique génère des coûts inutiles qui pèsent sur le budget national sans garantir de meilleurs résultats. « Moins coûteux » ne signifie pas moins ambitieux, précise-t-il, mais plus rationnel dans l’allocation des ressources humaines et financières.
Cette position s’inscrit dans un débat plus large sur la réforme des institutions. Plusieurs acteurs politiques et de la société civile réclament depuis des années une rationalisation de l’appareil d’État pour le rendre plus réactif. Pour Andy Bemba, la Constitution doit encadrer ces changements afin d’éviter que la formation du gouvernement ne devienne un marchandage politique au détriment de l’intérêt général.
L’enjeu, conclut-il, est de donner au pays un exécutif capable d’agir vite et bien selon les besoins de la population. Dans un contexte où les défis économiques et sécuritaires s’accumulent, « La rapidité et l’efficacité ne sont plus un luxe, mais une nécessité ».
La proposition relance la question : la révision constitutionnelle doit-elle se limiter à des aspects politiques ou intégrer une réforme profonde du fonctionnement de l’État?
Blaise ABITA ETAMBE
