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Société

Kintambo : Le Bureau du quartier Salongo menacé de destruction

Les habitants de la commune de Kintambo s’indignent de la spoliation du Bureau du quartier Salongo par des tiers, nouvellement construit en partenariat avec la ville d’UCCLE de Belgique, occupé par les services de la commune depuis octobre 2022.  

Ledit partenariat était signé jadis avec l’ancien bourgmestre Didier Tenge-Te-Litho. Puis la bourgmestre Inona Sengi Fatuma a continué avec le projet après l’élection du précité à la députation provinciale en décembre 2018.

Dans le contrat exercice 2017-2021 signé en partenariat avec la ville d’UCCLE, il était question de la construction des bureaux des quartiers de la commune de Kintambo, après celui de LUBUDI-LUKA. Il reste ceux des quartiers ITIMBIRI et KILIMANI.

Signalons que le bureau du quartier Salongo est situé précisément au croisement des avenues Kasa-Vubu et Bangala, dans l’espace vert du camp Babylone, non loin du camp militaire et de la Mosquée.

Les Notables de la commune de Kintambo, réunis autour du Club dénommé «Kintambo na Biso», protestent énergiquement contre la construction illégale d’une Station-service, car synonyme de destruction imminente du Bureau du quartier Salongo, pourtant nouvellement construit avec le financement des partenaires.

Les mêmes notables, choqués par le comportement des autorités tant nationales que provinciales impliquées dans le dossier, particulièrement le bourgmestre de Kintambo, avaient saisi le Ministère de l’Urbanisme et Habitat, la Sous-division de l’Urbanisme, le Gouverneur pour solliciter l’arrêt immédiat des travaux.

Dans la foulée, ils fulminent de colère en disant que ce site ne sera jamais destiné à la construction d’une Station-Service ni spolié par des tiers.

A l’allure où la situation évolue, il y a risque de connaitre des échauffourées entre policiers et habitants de Kintambo si l’on y prend garde. On signale que des tonnes de sable jetées hier lundi vers 17 heures dans le site risquent d’envenimer encore la situation ce mardi 20 février 2024. Il est à noter que tout récemment des jeunes de Kintambo avaient saccagé le premier chantier érigé sur les lieux. C’est ainsi que le spoliateur avait réquisitionné des forces de l’ordre pour sécuriser le site.

Contre toute attente, le site est déjà clôturé par des tôles en signe de démarrage incessant des travaux de construction d’une Station-Service, et presque tous les après-midi, les véhicules viennent y jeter du sable.

A ce jour, croit-on savoir, la cheffe du Bureau subit de fortes pressions afin de quitter le site dans l’objectif de raser ledit bâtiment.

Il y a lieu de rappeler qu’à l’investiture Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo en 2019, il avait pris l’engagement de récupérer tous les terrains et immeubles appartenant au domaine privé de l’Etat.

En 2020, grâce à l’arrêté du Ministre d’Etat en charge de l’Urbanisme et Habitat décidé d’appliquer les mesures du Président de la République, deux anciens dignitaires avaient été déguerpis des résidences de l’Etat. Ironie du sort, la commune de Kintambo, sous l’autorité du bourgmestre, somme curieusement le Bureau du quartier de quitter son siège sans toutefois lui trouver un endroit approprié pour le délocaliser. Une façon de dire que le Bureau du quartier Salongo est poussé d’aller travailler dans la rue.

Toujours dans le même site, rapportent nos sources, sous le gouverneur André Kimbuta, une station-service y avait été érigée en 2018, ce qui avait occasionné de vives tensions. L’ancien Président, Joseph Kabila, y était même descendu pour ordonner la destruction immédiate du chantier. Et, le calme était revenu.

Affaire de gros «sous»

Des informations en circulation autour de la construction de cette Station-service font état d’une affaire de gros «sous» pour obtenir sa construction dans ce site déjà occupé par le Bureau du quartier Salongo, et plusieurs noms sont cités.

Pourtant, dans une correspondance datée du 4 décembre 2021, référencée n°121/012/0501/C.KINT.2021, la bourgmestre INONA Fatuma avait saisi le Ministre provincial de l’Intérieur, sécurité et justice, pour l’informer de l’Appel d’offres lancé par le partenaire, rappelant qu’il n’y avait pas d’espace vide dans ce site.

Jean-René Ekofo/LE PHARE