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Kinshasa : Les architectes de la RDC opposés à la transformation du Palais de Justice par l’entreprise turque Milvest
Dans une correspondance adressée récemment à la ministre de la Justice, Rose Mutombo, les architectes de la RDC ont exprimé leur préoccupation au sujet du projet de réhabilitation du Palais de justice tel que pensé et exécuté par la société turque Milvest. Pour ces professionnels réunis dans l’Ordre national des Architectes (ONA), ce projet est « inadapté et ne cadre pas avec l’esprit de la protection du patrimoine et des biens culturels historiques de la RDC ».
En effet, indiquent-ils, « nous voyons et constatons comme tous les Kinois, les travaux de rénovation du palais de Justice de Kinshasa par l’entreprise Turque Milvest. Les images affichées sur place ainsi que celles qui circulent dans différents réseaux sociaux présentent une transformation complète de l’aspect architectural de cet immeuble ».
Tout en saluant cette initiative visant à réhabiliter ce bâtiment longtemps resté sans entretien, les architectes ont fait part de leurs préoccupations quant à la nature de ces travaux qui risquent de porter atteinte à l’un des bâtiments historiques et emblématiques du patrimoine Architectural de la ville de Kinshasa.
A les en croire, du point de vue architectural, le Palais de justice de Kinshasa constitue un exemple représentatif du courant moderne de l’architecture dite coloniale dans la ville de Kinshasa. Ce courant architectural baptisé « modernisme tropical », convient-il de rappeler, créé vers les années 40, symbolise l’adaptation de l’Architecture moderne en milieu tropical. « Il s’agit donc d’un concept dont les valeurs architecturales, culturelles et historiques sont reconnues mondialement », insiste Fiyou Ndondoboni, président de l’ONA.
Il convient de noter que la ville de Kinshasa dispose d’un important patrimoine architectural du style « modernisme tropical ». C’est dans ce cadre que l’Ordre National des Architectes et plusieurs acteurs se mobilisent pour la sauvegarde de ces ouvrages dont la plupart sont dans un état de délabrement avancés.
Par ailleurs, l’article 1er de l’Ordonnance-Loi n° 77-016 du 15 mars 1971 relative à la protection des biens culturels stipule : « Les immeubles dont la conservation présente un intérêt public au point de vue de l’histoire, de l’art ou de l’archéologie, peuvent être classés en totalité ou en partie, dans les conditions établies par les articles ci-après, comme biens culturels immobiliers. Il en est de même des immeubles dont le classement est nécessaire pour isoler, dégager, assainir ou mettre en valeur un immeuble classé ou proposé pour le classement ».
L’une des missions confiées au Conseil National de l’Ordre National des Architectes par la loi N°18/034 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et fonctionnement de l’Ordre National des Architectes (ONA), est de conseiller les pouvoirs publics sur toutes questions intéressant la profession d’architecte, les projets d’architectes et du développement du pays.
En définitive, les architectes de la RDC sollicitent donc l’arrêt immédiat des travaux et la mise en place en urgence d’une commission spéciale et mixte composée des membres des institutions suivantes :
- Ministère de la culture et des arts
- Ministère des travaux publics et infrastructures
- Ordre National des Architectes
- Ministère de la justice et garde des sceaux
Cette commission sera chargée de donner son avis sur les travaux à réaliser en tenant compte des aspects liés à la conservation du patrimoine.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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25 mai : L’ambassadeur Dr Lohanga Konga Jospin présente le kimbanguisme comme un instrument du “soft power africain”
Le message livré le 25 mai 2026 par le Dr Jospin Lohanga Konga, ambassadeur itinérant de Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani, dépasse largement le seul cadre religieux.
À travers une communication accordée à congoprofond.net à l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique et de la Noël kimbanguiste, le diplomate spirituel a développé une véritable vision géopolitique du kimbanguisme, présenté comme un outil d’influence culturelle et civilisationnelle africaine.

Le kimbanguisme comme levier stratégique africain
Dans son intervention, le Dr Lohanga a défendu l’idée d’un « soft power africain » fondé sur les valeurs spirituelles, culturelles et historiques propres au continent.
Trois axes majeurs ont été mis en avant :
– enseigner une histoire africaine complète et décomplexée ;
– faire du kimbanguisme un levier d’influence culturelle africaine ;
– bâtir des partenariats internationaux fondés sur des valeurs définies par les Africains eux-mêmes.
Cette orientation inscrit clairement le discours dans la perspective de l’Agenda 2063 de Union africaine, programme stratégique visant à construire « l’Afrique que nous voulons ».
La diplomatie des langues africaines
Autre élément marquant : le caractère multilingue du message.
Après le français et l’anglais, le discours a été relayé en Lingala, Kikongo, Kiswahili et Tshiluba. Pour le Dr Lohanga, cette démarche ne relève pas du simple symbole, mais d’une volonté affirmée de replacer les langues africaines au cœur de la renaissance continentale.
Dans un contexte où les institutions africaines demeurent encore largement dominées par les langues héritées de la colonisation, cette initiative apparaît comme un acte culturel fort.
Entre spiritualité et diplomatie
À travers cette communication, le Dr Jospin Lohanga Konga confirme son rôle de diplomate spirituel engagé dans le rayonnement du kimbanguisme et de l’Afrique.
Son discours conjugue foi, mémoire, identité et stratégie continentale dans une même vision intellectuelle et géopolitique.
Au moment où l’Afrique cherche de nouveaux repères dans un monde en mutation, cette parole venue de Nkamba rappelle que l’influence des nations se joue aussi dans les récits culturels, les symboles et les héritages spirituels.
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
