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Violences sexuelles liées aux conflits : FONAREV reçoit 14 recommandations des experts, pour l’identification et la réparation des victimes
Au total, 14 recommandations sont formulées auprès du Fonds National de Réparation des Victimes des Violences sexuelles liées aux conflits et des Crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), par des experts de la justice transitionnelle, membres des Organisations et Associations de défense des Droits de l’Homme, à la clôture du 1er Forum National sur l’identification des victimes, la procédure de réparation individuelle et le partenariat avec l’écosystème, tenu à l’Hôtel Hilton à Kinshasa-Gombe, du lundi 27 au mercredi 29 novembre 2023.

En effet, pendant trois jours, ces experts venus de 26 provinces de la République Démocratique du Congo, ont travaillé en trois commissions chargées de réfléchir sur différents thèmes ayant trait à la question d’identification et réparation des victimes.
Il s’agit notamment de la commission sur la méthodologie d’identification des victimes, la commission sur la procédure de l’identification de l’écosystème et enfin celle sur la stratégie de communication lors de l’identification.
Dans l’ensemble, cinq allocutions ont sanctionné la fin dudit Forum, à savoir : le discours de restitution des travaux, le mot de la représentante des victimes, les allocutions du représentant des Associations, du Directeur Général du Fonarev et le mot de clôture du Ministre des Droits Humains.

S’agissant des recommandations, le professeur Paul-Denis Nzita, Coordonnateur des travaux en commissions et qui en a fait la restitution, les a présentées en trois catégories, se référant d’abord à l’identification des victimes et des ayant droit, ensuite à l’identification de l’écosystème et enfin à la communication.
Concernant l’identification des victimes et des ayant droit, les experts recommandent au Fonarev ce qui suit : la mise au point d’une stratégie adaptée pour communiquer avec les victimes dans la confidentialité, l’identification des structures travaillant dans le domaine similaire qui sont déjà sur le terrain, la mise au point des mécanismes efficaces de protection des victimes, l’ajout sur la liste des victimes, les noms des parents biologiques, la tribu, ainsi que le pays d’origine et enfin l’organisation d’une identification pilote qui va permettre de tester toute la méthodologie.
Pour ce qui est de l’identification de l’écosystème, le professeur Makaya a souligné ce qui suit : « Mettre en place un comité de suivi permanent, prendre référence au document du test protection, Division du genre, justice et cartographie des acteurs, pour passer à la sélection des partenaires de mise en œuvre, mettre en place une commission pour la sélection des projets des partenaires, déterminer l’apport attendus de l’écosystème dans la réparation et renforcement des capacités des acteurs ».

Enfin pour la communication, les experts, à l’issue de ces trois jours de réflexion, ont fait au Fonarev les recommandations ci-après : Impliquer les victimes, non seulement comme cible, mais aussi comme acteurs, dans la sensibilisation, Prendre en considération des victimes se trouvant aussi bien en RDC qu’à l’étranger, Organiser la carte de vente des partenaires, en vue d’obtenir des appuis financiers complémentaires nécessaires, Demander aux ONG de décourager l’identification de fausses victimes, en insistant sur les sanctions pénales prévues à cet effet, et enfin Veiller à la sécurité des victimes lors de l’identification et à la confidentialité des informations reçues auprès d’elles.
Aussi, doit-on le souligner, à ces recommandations issues de travaux en commissions et faites au Fonarev, s’ajoutent celles des Associations, représentées par monsieur Raphael Wakenga, notamment : l’organisation d’une vaste campagne de sensibilisation et de vulgarisation des instruments régissant le Fonarev, ainsi que des outils d’identification des victimes sur base d’une communication efficiente, Procéder sans tarder aux essais des outils élaborés au cours de ce Forum, dans certains sites pilotes dans quelques provinces de la RDC, Prévoir les mécanismes de protection des victimes, des témoins et des ONG qui accompagnent les victimes, Continuer sur cette lignée d’écoute et de collaboration avec les ONG locales, au profit des victimes et enfin Installer les bureaux provinciaux dans quelques provinces, sans que les uns soient sous tutelle des autres, surtout dans la partie Est du pays, compte tenu de la sensibilité de la question.
Pour sa part, la représentante des victimes à cette cérémonie de clôture, a indiqué que le Fonarev est un soulagement pour les victimes et a demandé leur implication à toutes les étapes de l’identification, afin que les fonds leur soient bénéfiques.
Notons que cette préoccupation des victimes rencontre l’une des recommandations des experts qui veut que le Fonarev demande aux ONG de décourager l’identification de fausses victimes, en insistant sur les sanctions pénales prévues à cet effet.

A ce propos, le Directeur General du Fonarev, Lucien Lundula Lolatui, rassure : « Notre objectif est de garantir l’efficacité, l’équité, la transparence et la traçabilité des données individuelles des victimes, pendant et après l’identification ».
Concernant précisément l’implication des victimes dans ce processus, le Directeur Général souligne : « La campagne de communication diffusera des messages axés sur quatre thèmes principaux. Le premier, à savoir : désormais, vous n’êtes plus seuls. Le second, vous avez droit à la justice et à la réparation, le troisième : votre choix compte, le quatrième : aidez-nous à vous identifier et à savoir ce qui vous est arrivé ».
Et d’ajouter : « En somme, nous allons faire des victimes et des survivants, des acteurs clé de notre stratégie de communication ».
Rappelons en guise de conclusion que le Fonds National de Réparation des Victimes des Violences sexuelles liées aux conflits et des Crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) a été créé sous l’impulsion du couple présidentiel et ce, avec une triple mission : identifier les victimes des violences, les aider à accéder à la justice et évaluer les réparations.
Avec ce 1er Forum National sur l’identification des victimes, la procédure de réparation individuelle et le partenariat avec l’écosystème, cette structure vient de se doter d’un instrument de travail pouvant lui permettre de mener efficacement et objectivement ses opérations et ce, pour l’intérêt supérieur de vraies victimes .
Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET