Musique
Fespam 2023 : Un pari gagné pour Gervais Hugues Ondaye
Lancée le 15 juillet 2023 par le président de la République du Congo, Denis Sassou-N’Guesso en présence du premier ministre, Anatole Collinet Makosso, de la ministre de l’industrie culturelle, touristique, artistique et des loisirs, le Festival Panafricain de musique a connu cette année des innovations qui ont abouti à des contrats d’enregistrement en studios entre musiciens. Des initiatives rendues possibles grâce à un homme, le commissaire général, Gervais Hugues Ondaye.
Depuis l’arrivée de ce grand culturel à la tête du commissariat du Fespam, des changements étaient perceptibles dans la prise en charge des artistes musiciens pouvant participer au festival. Du point de vue contrat, tous ont été logés à la même enseigne et les cachets étaient équitables. Personne n’a été servie plus que l’autre. Contrairement à d’autres éditions, cette fois-ci plus de 500 orchestres ont presté et le public a une fois de plus répondu présent pour soutenir l’événement.
Pour la première fois de son histoire, le Fespam ne s’est pas seulement limité à Brazzaville. Deux nouveaux sites ont été ouverts à Mayanga, dans le 8è arr. de la ville capitale et un autre à Kintélé dans le département du Pool. C’étaient les sites les plus chauds que ce festival n’a jamais connus depuis sa création en 1996.
La musique urbaine s’est exprimée à côté de la rumba et d’autres genres de musique. Cela a permis la découverte de beaucoup de jeunes talents qui sont sortis de l’ombre : Tidiane Mario, Diesel Gucci, Nestelia Forest, Maestro, et autres qui se sont imposés emballant avec eux le public qui n’attendait plus ça après 8 ans d’hibernation de ce grand rendez-vous panafricain de musique.
Aujourd’hui, l’arrivée de Sidiki Djabaté, de Ferré Gola, a permis la signature de contrats d’enregistrement de quelques titres en studio avec respectivement Diesel Gucci et Kevin Mbouandé. Ce dernier traversera le fleuve Congo dans des prochains jours pour l’enregistrement d’un album avec Ferré Gola. Mariusca ira en tournée dans les prochains mois avec l’artiste musicienne en vogue du Sénégal à travers l’Afrique.
En dehors de quelques couacs constatés dans le déroulement, s’il faut s’en tenir aux plaintes reçues ici et là, le Fespam a replongé le monde africain de l’ambiance longtemps perdue depuis 8 ans. Grâce à cette édition de relance, à partir de Brazzaville, une bonne partie du continent a retrouvé ses marques sur les différents podiums des concerts.
La rumba qui a fait l’objet du grand symposium a embarqué les participants dans une vision continentale donnant à cette danse, partie du Congo Brazzaville pour l’Afrique et le reste du monde, une autre dimension allant jusqu’à sa conservation. « Une conservation qui sera possible avec la création d’un musée qui lui sera dédié », a confié la Pr. Yvette Balana de l’université de Douala.
Cependant pour la prochaine édition, le commissariat général devra tenir compte des erreurs de la dernière édition pour améliorer davantage le nombre d’artistes musiciens et la programmation. Revoir aussi le cachet qui n’a pas été du gout de tout le monde. Car il y a eu des orchestres qui ont refusé de monter sur le podium parce que mécontents. C’est le cas de Jean Valise qui a refusé de jouer au palais des congrès à cause de 500 mille qu’on lui aurait proposés.
Le Commissariat devra également réfléchir sur la rotation des orchestres à chaque édition pour revaloriser les artistes à travers des cachets conséquents. Enfin, éviter de ramener sur le podium des groupes qui ont disparu de la scène musicale depuis des lustres pour ne réapparaitre qu’à de telles occasions.
Achille Tchikabaka/CONGOPROFOND.NET