Diplomatie
Ouganda : 900.000 Euros de la France au bénéfice des réfugiés
Pour une énième fois, en l’espace d’un mois, la France s’est montrée très solidaire et concernée par la question des réfugiés en Ouganda. Elle a fait un don de 900.000 euros au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) en Ouganda.
Cette annonce a été faite par Son Excellence Xavier Sticker, Ambassadeur de France en Ouganda, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à sa résidence à Nakasero le 12 juin dernier.
Dans son allocution devant la presse, l’Ambassadeur Sticker a souligné l’importance de la question des réfugiés et a noté que de nombreux réfugiés cherchent refuge en Ouganda. Il a également mentionné la crise de financement à laquelle le UNHCR est confronté et a exprimé la volonté de la France d’apporter un soutien conséquent. Il a expliqué que les fonds supplémentaires accordés permettront notamment de «recruter 250 enseignants pour l’enseignement primaire et 100 enseignants pour l’enseignement secondaire». De plus, plus de 1000 personnes exposées à des risques de violence basée sur le genre et des survivantes bénéficieront d’un accès à des services complets de gestion des cas de violence (juridique, psychosociale, médicale).
L’Ambassadeur Sticker a également rappelé le protocole d’accord signé précédemment avec Action Contre la Faim (ACF) pour un montant de 500 000 euros. Ce partenariat a-t-il indiqué «vise à lutter contre l’insécurité alimentaire, la malnutrition et à réaliser des projets d’accès à l’eau» dans deux autres camps de réfugiés en Ouganda.
En tant que l’un des dix principaux contributeurs au UNHCR dans le monde, la France se dit fière d’être l’un des promoteurs du prochain Forum mondial sur les réfugiés qui aura lieu du 13 au 15 décembre 2023 à Genève. Parmi les autres pays co-organisateurs figurent la Colombie, le Japon, la Jordanie, le Niger et l’Ouganda. L’événement vise à façonner le soutien international aux réfugiés et à encourager des idées novatrices pour résoudre cette problématique.
Dans son adresse, l’Ambassadeur a également souligné l’importance du sport dans le développement des talents des réfugiés et a appelé à encourager cette dimension.
Présent à cette conférence de presse, Mathew Crentsil, Représentant pays pour le UNHCR, a exprimé sa gratitude pour ce partenariat solide avec la France, soulignant l’engagement fiable du pays. Il a rappelé que l’Ouganda accueille plus de «1,5 million de réfugiés et que les financements diminuent». Il a souligné le besoin urgent de soutien pour les nouveaux arrivants en 2023, car seuls 13% des 846 millions de dollars nécessaires au Plan de réponse aux réfugiés en Ouganda (UCRRP) ont été financés jusqu’à présent.
Crentsil a salué le modèle d’accueil unique de l’Ouganda et a souligné la valeur de ses expériences pour apporter un changement significatif dans la vie des réfugiés et des communautés d’accueil.
Douglas Asiimwe, Commissaire par intérim pour les réfugiés au sein du Bureau du Premier ministre, a quant à lui souligné «l’engagement continu du gouvernement ougandais à accueillir les réfugiés malgré les difficultés rencontrées». Il a affirmé que l’Ouganda maintiendra son humanité et son modèle d’accueil, car les personnes fuient généralement les situations de détresse pour trouver des endroits plus sûrs, tels que l’Ouganda.
Claudine N. I. @infoclaudia85
À la Une
Ukraine-Afrique : Kiev veut dépasser les 6,7 milliards USD d’échanges commerciaux avec l’Afrique
À l’occasion de la Journée de l’Afrique, célébrée le 26 mai à l’Académie diplomatique Hennadii Oudovenko relevant du ministère ukrainien des Affaires étrangères, l’Ukraine a affiché sa volonté de renforcer ses relations politiques, économiques et sécuritaires avec les États africains. Prenant part au forum « Ukraine – Afrique : le Passé, le Présent et l’Avenir des Relations », le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrii Sybiha, a livré un plaidoyer en faveur d’un partenariat « pragmatique et mutuellement bénéfique » entre Kiev et le continent africain.

L’Ukraine et l’Afrique unies contre le néocolonialisme
Dans son allocution, Andrii Sybiha a rappelé que la Journée de l’Afrique symbolise « la victoire contre le colonialisme » et l’unité des peuples africains. Établissant un parallèle entre les luttes historiques africaines et la guerre que mène actuellement son pays, le ministre ukrainien a estimé que l’Ukraine comprend « mieux que quiconque » la valeur de la souveraineté et de la liberté face à « une agression néocoloniale ».
Le chef de la diplomatie ukrainienne a également insisté sur le rôle majeur que peut jouer l’Afrique dans les efforts internationaux pour la paix. Il a appelé à une mobilisation commune contre la désinformation et l’influence russe sur le continent, évoquant notamment le recrutement illégal de mercenaires africains par des réseaux liés à Moscou.
« Cette pratique doit être arrêtée. Il s’agit de sauver des vies », a-t-il déclaré avec fermeté.
Kiev mise sur l’essor économique et humain de l’Afrique
Qualifiant le XXIe siècle de « siècle de l’Afrique », Andrii Sybiha a dénoncé les visions stéréotypées encore portées sur le continent. Selon lui, l’Afrique représente aujourd’hui l’un des principaux moteurs de croissance mondiale grâce à ses ressources naturelles, son dynamisme économique et surtout son capital humain.
L’Ukraine entend ainsi devenir un partenaire fiable de cette « Renaissance africaine ». Le ministre a souligné l’ouverture du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy au dialogue avec les dirigeants africains ainsi qu’avec African Union.
Évoquant les liens historiques entre Kiev et plusieurs pays africains, Andrii Sybiha a rappelé que des ingénieurs et scientifiques ukrainiens avaient contribué au développement industriel de nombreux États africains au XXe siècle. Il a notamment cité des infrastructures emblématiques comme le Haut barrage d’Assouan en Égypte ou encore le complexe sidérurgique d’Ajaokuta au Nigeria.
Offensive diplomatique ukrainienne sur le continent africain
Le ministre ukrainien a annoncé l’ambition de son pays de dépasser le volume commercial de 6,7 milliards de dollars enregistré avant la guerre. Pour atteindre cet objectif, Kiev multiplie les initiatives diplomatiques sur le continent.
Huit nouvelles ambassades ont récemment été ouvertes en Afrique, portant à 18 le nombre total de représentations diplomatiques ukrainiennes. De nouveaux projets d’implantation sont également envisagés, notamment une ambassade en Zambie ainsi qu’un consulat général au Cap, en Afrique du Sud.
« L’Ukraine considère l’Afrique non comme un objet d’aide, mais comme un acteur égal et puissant de la politique mondiale », a affirmé Andrii Sybiha.
Selon lui, l’Ukraine souhaite proposer des solutions technologiques concrètes dans plusieurs secteurs stratégiques, avec une approche fondée sur le bénéfice mutuel et le partenariat d’égal à égal.
Sécurité, agriculture et numérique : les trois piliers de la stratégie ukrainienne
Le chef de la diplomatie ukrainienne a présenté une vision baptisée « Ukraine — partenaire stratégique pour le développement durable de l’Afrique — 2063 », en référence à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Cette stratégie repose sur trois axes majeurs.
– Le premier concerne la sécurité alimentaire. L’Ukraine veut aller au-delà du simple rôle d’exportateur de céréales pour devenir un partenaire technologique capable d’accompagner la modernisation agricole africaine, notamment dans les infrastructures ferroviaires, portuaires et énergétiques.
– Le deuxième pilier porte sur la sécurité et la cybersécurité. Fort de son expérience acquise dans le conflit avec la Russie, Kiev propose son expertise dans la lutte contre les drones, la guerre électronique ainsi que la protection des systèmes numériques. Un projet d’alliance cybernétique régionale et un centre de surveillance contre la désinformation russe figurent parmi les initiatives annoncées.
– Enfin, le troisième volet concerne la transformation numérique et la formation. L’Ukraine souhaite partager son expérience dans la digitalisation des services publics à travers la plateforme Diia et développer des partenariats universitaires pour former une nouvelle génération de spécialistes africains.
Pour Andrii Sybiha, l’Afrique ne doit plus être perçue sous l’angle de l’assistance humanitaire, mais comme un espace stratégique de coopération internationale.
« Ensemble, nous sommes capables de construire un espace entièrement nouveau de sécurité et de développement », a conclu le ministre ukrainien.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
