Société
Congo-Brazza/Développement industriel et Promotion du secteur privé : Le ministre Antoine Nicéphore Fylla de Saint-Eudes reçoit Eco-Camaco
Eco-Camaco est une entreprise qui va commencer à fabriquer et monter des tracteurs agricoles en République du Congo. Le ministre du développement industriel et de la promotion du secteur privé, Antoine Nicéphore Fylla de Saint-Eudes, a réceptionné cette société chinoise dans la zone industrielle de Maloukou Tréchot, dans le département du Pool, sous le patronage du ministre d’Etat, chargé du suivi des programmes économique et social, Gilbert Ondongo. Il avait à ses côtés le ministre des zones économiques spéciales, Willy Etoka, président directeur général d’Eco-Comaco et la directrice générale de la société Mesfield.
La reprise des activités d’Eco-Camaco intervient après la Covid-19 qui a temporairement perturbé son implantation. La relance de ce projet devra accompagner la République du Congo dans la mécanisation de l’agriculture. M. Wang, représentant de la chaine de montage des tracteurs, a fait savoir que la société Eco-Camaco est une entreprise qui fabrique les tracteurs agricoles. Elle a la capacité d’en fabriquer 100.000 par année, et a plus de 10.000 travailleurs qualifiés. « Cette chaine que nous montons au Congo fait partie de celles que nous avons déjà dans le monde. C’est aussi la première chaine automatisée en Afrique. La conception de cette chaîne aura une capacité de production de 3 000 tracteurs par année dans le pays. Nous avons prévu de créer 200 emplois directs », a précisé Wang.
En effet la création de Eco-Camaco en 2019, relève le défi de la mécanisation de l’agriculture afin de lutter contre la pauvreté et limiter les importations des denrées alimentaires. Cette ambition d’indépendance alimentaire sera créatrice d’emploi pour la jeunesse qui participera non pas seulement à l’agriculture, mais à une agriculture modernisée et mécanisée aux rendements efficaces intégrées dans des échanges régionaux et mondiaux.
Dans le cadre du partenariat public-privé, la société Eco-Camaco est engagée dans le montage et la commercialisation sous peu des tracteurs agricoles. Ceci devra permettre aux exploitants d’augmenter leur production grâce à des techniques modernes. « Ce projet relève de la vision personnelle du chef de l’Etat, son excellence Denis Sassou-N’Guesso, vision que l’on retrouve dans son programme de société, le Chemin d’avenir. Et la matérialisation et l’opérationnalisation de cette vision a été réalisée des mains de maître du ministre de l’économie, des finances et du portefeuille public, le ministre d’Etat, Gilbert Ondongo. Nous ne faisons qu’appuyer cette démarche parce qu’elle est rationnelle. Rationnelle parce qu’elle vise à augmenter la production », a affirmé le ministre du développement industriel et de la promotion du secteur privé, Antoine Nicéphore Fylla de Saint-Eudes.
La ministre des zones économiques spéciales, Jean-Marc Thystère Tchicaya, a félicité Willy Etoka qui a tenu parole dans le temps avec le partenaire chinois. Il a rappelé qu’à l’initiative du président de la République, Denis Sassou-N’Guesso, et de son homologue du Rwanda, Paul Kagamé, il a été signé un contrat de concession qui lie les deux Républiques à avoir un développeur pour le Parc industriel de Maloukou qui fait partie intégrante de la zone industrielle d’Ignié. « Ce partenariat est entrain d’être opérationnalisé puisque la représentante de la société Mesfield, la directrice générale est ici avec nous et devrait commencer sous quinzaine les travaux de voiries pour viabiliser ce Parc de façon à continuer à attirer des investisseurs dans cette zone industrielle », a-t-il déclaré.
Ministre d’Etat, Gilbert Ondongo établissant le lien entre Eco-Oil et Camaco qui ferait de l’Etat un actionnaire pour appuyer ces deux entreprises et bien faire fonctionner le partenariat que nous avons public-privé. « Notre volonté de développer l’industrie, notre volonté de développer l’agriculture, de mécaniser l’agriculture, ces deux volontés se sont rencontrées ici, à Maloukou. Cela tombe à point nommé parce que nous sommes entrain d’appliquer un Plan national de développement (PND) 2022-2026, dont le premier pilier sur les six qu’il compte c’est l’agriculture au sens large », a déclaré le ministre d’Etat.
Achille Tchikabaka/CONGOPROFOND.NET
Provinces
Gemena : impatiente face au blocage du chantier de modernisation, la jeunesse hausse le ton contre IMMO-SERKAS
À Gemena, l’attente commence à peser lourd. Alors que les travaux de réhabilitation et de modernisation de la ville devaient redessiner le visage urbain, le ralentissement du chantier suscite une vague de mécontentement, particulièrement chez les jeunes.
Depuis plusieurs jours, des messages et vidéos circulent sur les réseaux sociaux pour dénoncer le retard et la qualité perçue des travaux. « Certains individus récidivistes et instrumentalisés diffusent des messages et vidéos de désinformation et désorientation à des fins inavouées », dénonce un communiqué récent de l’entreprise adressé à la population. Mais pour une partie de la jeunesse, ces accusations ne suffisent pas à masquer une frustration bien réelle.
« Depuis l’existence de cette ville, il n’y a jamais eu un seul mètre de route asphaltée », rappelle Me Rufis Enyela, coordinateur du mouvement citoyen lutte pour le changement (LUCHA) dans le Sud-Ubangi. C’est précisément cette promesse historique qui alimente l’impatience. Les jeunes de Gemena, qui espéraient voir enfin des routes praticables, des caniveaux fonctionnels et un éclairage public digne de ce nom, voient le chantier piétiner.
Selon la société IMMO-SERKAS SARL en charge de l’exécution, la responsabilité ne revient pas à l’entreprise. « Les travaux d’assainissement, de pose des bordures et le début des travaux de la chaussée sont exécutés selon les règles de l’art », affirme-t-elle. Le blocage viendrait d’ailleurs : « Cela fait près d’une année que plus de 4 factures de l’entreprise déjà introduites et ayant reçues l’avis de non-objection du Ministre des Finances, ne sont toujours pas payées par le BCECO ».

Conséquence directe : le matériel est à l’arrêt. « Plusieurs camions bennes, 33 conteneurs chargés de bitumes, les engins complets destinés à l’asphaltage proprement dit de nos routes, sont déjà importés » et restent bloqués dans les entrepôts de l’ONATRA en attente de déblocage des fonds. Pour les jeunes mobilisés, cette situation est difficile à accepter alors que les routes comme Gemena-Akula et Gemena-Songo restent « totalement impraticables ».
La colère s’exprime de plus en plus ouvertement. Certains y voient un manque de considération pour la province et une incapacité des acteurs politiques à défendre les projets locaux. « Les mêmes individus sont muets sur ces réalités beaucoup plus graves », souligne le communiqué, qui appelle à la vigilance.
Face à cette tension, l’appel à l’apaisement se fait insistant. « Restons concentrés, ne cédons pas aux informations non vérifiées et sans fondement. Notre rôle est d’assurer un atterrissage en douceur pour que Gemena bénéficie enfin de routes durables », peut-on lire.
Le message se termine sur une note d’espoir : « Gemena mérite mieux. Cela passe par la patience, la vérité et l’unité de tous ». Reste à savoir si cette patience suffira à calmer une jeunesse qui attend des actes concrets, et non plus des promesses.
Blaise ABITA ETAMBE
