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Lettre aux enfants de la RDC : Même le plus grand pape de l’histoire ne peut donner que ce qu’il a ! (Par TONDUANGU Kuezina Daniel)

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La République Démocratique du Congo (RDC) a été la première étape du voyage du souverain pontife en Afrique ; un voyage apostolique qui a conduit le pape François en RDC et au Soudan du Sud du 31 janvier au 5 février 2023.

Dans son discours du 31 janvier au Palais de la Nation , en réponse à son hôte de marque le Président de la RDC, monsieur Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, devant les autorités du pays, les représentants de la société civile et le corp diplomatique, au-delà du message spirituel d’appel à la prière pour la réconciliation, certains passages de l’adresse du pape ont été hautement politiques : il a, tour à tour, fustigé la communauté internationale qui reste inactive devant le génocide oublié dont souffre la RDC, après avoir fait remarqué les souffrances endurées par les Africains pendant les siècles d’esclavage et de colonisation ; le pape a condamné, par la suite, le colonialisme économique qui est en train de succéder au colonialisme politique, surtout que les colons actuels ne sont pas toujours ceux que nous connaissons historiquement. En effet, les affairistes de l’Asie sont entrés dans la danse… « Retirez vos mains de la République Démocratique du Congo, retirez vos mains de l’Afrique ! cessez d’étouffer l’Afrique : elle n’est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser. Que l’Afrique soit protagoniste de son destin. » Comment peut-on dire mieux ?

Le pape a trouvé ensuite des mots et des métaphores justes pour parler aux Congolais, on retient dans ces propos que la vraie richesse sont les personnes et les bonnes relations entre elles. La jeunesse doit être au centre des préoccupations des gouvernants : « les diamants les plus précieux de la terre congolaise sont ses enfants qui doivent bénéficier de véritables opportunités éducatives qui leur permettent de mettre pleinement à profit leurs brillants talents » a-t-il dit.

Il a aussi appelé le peuple congolais au travail : courage, frère et sœur congolais ! relève-toi, reprends dans tes mains, comme un diamant très pur, ce que tu es, ta dignité, ta vocation à garder en harmonie et en paix la maison que tu habites. Revis l’esprit de ton hymne national, en rêvant et en mettant en pratique ses paroles : « par le dur labeur, nous bâtirons un pays plus beau qu’avant, dans la paix ».

Le pape a condamné fermement le tribalisme, le régionalisme, la corruption…et a appelé à la justice et à l’organisation des élections transparentes. Le pouvoir que les gens veulent obtenir, n’a de sens en effet que s’il devient service, a-t-il poursuivi.

Au-delà du contenu de ses discours, la seule présence du pape en RDC a permis que le monde entier sache davantage ce qui se passe dans ce pays, notamment à l’Est. « Mon cœur se rend aujourd’hui dans l’Est de cet immense pays, qui n’aura pas de paix tant qu’elle ne sera pas obtenue là, dans sa partie orientale », a t- il déclaré le premier février devant les victimes des violences à l’Est du pays.

Pour l’étape de Kinshasa qui s’est achevée le 3 février, le pape a apporté dans ses différents messages le réconfort, la consolation et l’espérance au peuple Congolais.

Dans son éditorial de vendredi 3 février 2023, l’excellent éditorialiste politique José NAWEJ appelle l’opinion nationale a capitalisé la visite du pape : maintenant il faut travailler, demande-il, pour assurer le service après-vente autour du plaidoyer du pape en rapport avec la guerre de prédation dans l’Est de la RDC et moi d’ajouter : pour inviter à l’intelligence collective pour la reconstruction de l’Etat congolais.

Mais malheureusement depuis plusieurs jours, les échanges qui polluent les réseaux sociaux des Congolais, les critiques de forme et les récupérations politiciennes fustigeant le comportement ou les propos des uns et des autres ; et même certaines polémiques de bas niveau, nous font passer loin de l’essentiel. Cela me fait penser à ce proverbe chinois qui dit : « Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ». Le pape a joué sa partition, il ne peut pas faire plus …C’est au peuple Congolais de se mettre au travail hic et nunc.

Comme le disait Joseph KI-ZERBO dans son livre entretien « A quand l’Afrique ? » Quand on est au pied du mur (comme la RDC en ce moment), il faut planter un nouveau décor, inventer un nouveau scénario et dresser un nouveau casting pour une nouvelle pièce plus digne de l’être humain.

Fait à Rosoy, le 6/2/2023

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« L’Afrique ne doit pas subir les récits des grandes puissances”, (Dr Johnson Aniki, le doyen de la communauté africaine en Ukraine)

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Installé en Ukraine depuis près de 40 ans, le Dr Johnson Aniki est aujourd’hui considéré comme l’une des figures historiques de la communauté africaine dans ce pays d’Europe de l’Est. Homme d’affaires d’origine nigériane et observateur attentif des relations internationales, il s’est exprimé sur la guerre russo-ukrainienne dans une interview accordée à CONGOPROFOND.NET⁠ depuis la ville de Kyev.

Pour lui, les Africains doivent analyser ce conflit avec indépendance et éviter de se laisser entraîner par les narratifs imposés par les grandes puissances mondiales.

Une lecture géopolitique fondée sur l’expérience

Témoin de plusieurs décennies d’évolution politique en Ukraine, Johnson Aniki estime que le regard africain sur la guerre diffère souvent de celui porté par l’Occident. Selon lui, de nombreux citoyens africains établissent un parallèle entre l’intervention militaire russe en Ukraine et certaines opérations occidentales menées par le passé sur le continent africain. Cette perception, explique-t-il, alimente aujourd’hui un débat profond sur la souveraineté, les intérêts stratégiques et la place de l’Afrique dans les rapports de force internationaux.

L’appel à une diplomatie africaine indépendante

À travers sa prise de parole, le Dr Johnson Aniki invite les dirigeants africains à adopter une posture davantage centrée sur les intérêts du continent. Il considère que l’Afrique doit renforcer sa capacité d’analyse géopolitique afin de ne pas devenir un simple terrain d’influence pour les puissances étrangères.

Dans un contexte mondial marqué par les rivalités entre blocs internationaux, il plaide pour une diplomatie africaine plus autonome, capable de défendre les priorités économiques, sécuritaires et politiques des peuples africains.

Une guerre qui redessine les équilibres internationaux

Pour Johnson Aniki, le conflit entre la Russie et l’Ukraine dépasse largement les frontières européennes. Cette guerre, affirme-t-il, reconfigure les alliances diplomatiques et accentue la compétition d’influence entre puissances mondiales, notamment en Afrique. Alors que Moscou, Washington, Bruxelles et Pékin multiplient les initiatives diplomatiques sur le continent, plusieurs pays africains cherchent désormais à maintenir une position équilibrée et pragmatique face aux tensions internationales.

Le Dr Johnson Aniki est un entrepreneur nigérian vivant en Ukraine depuis environ 40 ans. Considéré comme le doyen de la communauté africaine dans ce pays, il est connu pour son engagement en faveur des diasporas africaines et pour ses interventions sur les questions géopolitiques liées aux relations entre l’Afrique, l’Europe de l’Est et les grandes puissances mondiales. Grâce à son parcours universitaire et entrepreneurial en Ukraine, il est devenu une figure influente dans les débats portant sur la coopération internationale et la souveraineté africaine.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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