À la Une
RDC : Un Mécanisme national de prévention en gestation comme réponse efficace dans la lutte contre la torture
En collaboration avec le Bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l’homme ( BCNDUDH), le ministère des Droits humains a tenu un point de presse accompagné d’une table-ronde sur la lutte contre la torture en RDC, ce mercredi 06 juillet à Kinshasa.
Initialement prévue le 26 juin dernier, date de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la torture, cette session a été commémorée ce mercredi 6juillet sur fond de la présentation du rapport des Organisations de la société civile (OSC) sur la situation de torture en République démocratique du Congo.
Intervenant à ce sujet, Maître Henry Wembolua a deploré la persistance de la torture en RDC : « Les ONG œuvrant dans le domaine des droits de l’homme ont constaté avec regret que la torture continue à être pratiquée au pays et que l’attention réservée par le gouvernement pour y mettre fin n’est pas satisfaisante…».
Parmi les orateurs, le ministre des Droits humains a plaidé pour la création en bonne et due forme d’un Mécanisme national de prévention conformément aux dispositions du protocole facultatif de la convention contre la torture (OPCAT) qui serait, selon lui, la réponse efficace et efficiente dans la lutte contre la torture en RDC. « Il est impérieux de rapidement doter notre pays d’un Mécanisme qui réponde réellement aux principes édictés par les principes de Paris afin que celui-ci puisse jouer un rôle essentiel dans la prévention de la torture en RDC », a martelé le ministre.
Quant au représentant du lieutenant-général Lucien- René Likulia, auditeur-général des FARDC, il a évoqué la répression des responsables de ces actes ignobles par les juridictions militaires en RDC de 2016 à nos jours.
Ce dernier a évoqué d’abord les différents cas répertoriés dans les juridictions militaires où les officiers ont été tenus pour responsable des actes de torture commis sur des tiers. Puis de formuler des recommandations qui permettront à la justice militaire de mieux faire son travail pour pareils cas: « La mise à la disposition des officiers du ministère public des moyens logistiques ou matériels ainsi que la construction des nouveaux réfectoires répondant aux normes serait une avancée majeur … ».
La Société civile a, quant à elle, plaidé pour une modification de la loi portant pénalisation de la torture: « La loi portant pénalisation de la torture ne porte en elle qu’un ou deux articles et cela est vraiment lapidaire ».
Concernant la contribution de la CNDH dans la lutte contre la torture en RDC, le professeur André Maziembo a précisé les activités au quotidien menées par sa structure dans cette lutte. « Une personne qui connaît ses droits peut se défendre lors qu’ils sont violés. Voilà pourquoi nous misons sur la sensibilisation d’abord, ensuite nous exerçons par des visites périodiques dans les lieux d’incarcération, les formations, les enquêtes,… », a-t-il appuyé.
Notons qu’au-delà d’un point de presse et d’une table ronde, a permis aux personnes victimes d’une quelconque forme de torture de saisir, séance tenante, le ministre des Droits humains, pour que la justice leur soit, enfin, rendue.
Dorcas Ntumba /CONGOPROFOND.NET