Actualité
Éboulements au Kasaï : Guy Mafuta pose le principe de la sécurité civile des populations
Prenant la parole après une motion d’information lors de la plénière du jeudi 9 juin 2022 à l’Assemblée nationale, le député national Guy Mafuta Kabongo a fait part à la représentation nationale d’une catastrophe naturelle, l’éboulement du sol survenu 7 juin dernier dans la localité de Samba, territoire de Tshikapa, dans la province du Kasaï.
L’élu de Tshikapa a signifié que cette catastrophe était pourtant évitable ; mais malheureusement, elle a causé la mort d’environs soixante jeunes, ensevelis sous les décombres. « Il est renseigné l’existence de quinze puits d’environs 16 mètres de moyenne dans un espace réduit. Ces puits de développent en couloirs et passerelles souterrains, à travers lesquels ces creuseurs extirpent le gravier pour tamiser le diamant. Le sol ayant cédé certainement au poids d’une centaine de personnes sur la surface, bon nombre des creuseurs sont étouffés sous le sol », a-t-il fait savoir à l’Assemblée.
Et d’ajouter : « Avec les outils rudimentaires utilisés, bêches, houes et bâtons, ils n’ont certainement pas pu sauver à temps les vies humaines retenues sous ces décombres. La seule tâche qui leur reste est celle de faire sortir les corps sans vies de nos compatriotes étouffés ».
Du fait de l’absence de morgue et la lenteur de cet exercice, a également dénoncé Guy Mafuta, la décomposition des corps sera inévitable et les maladies peuvent s’inviter, si aucune mesure sanitaire n’est prise. Le député national élu à Tshikapa a déploré qu’à ce jour, aucune intervention humanitaire n’est renseignée au niveau de la province ou national. Aussi a-t-il donc demandé de secourir les compatriotes frappés par cette catastrophe, qui pouvait être évitée, en soulignant que que ces corps sans vie qui se trouvent encore sous le sol appartiennent aux Congolais qui ne sont pas tous de cette localité, certains proviennent d’autres provinces dont le Kwilu et le Kasaï central. A cet effet, Guy Mafuta a posé quelques préoccupations et demandé que les responsabilités soient établies.
Quelle est la responsabilité de l’exécutif provincial, celle de la division des mines, et surtout celle du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, (SAEMAPE) ? Toutes ces instances perçoivent des taxes et autres droits. Quel est le statut de cet espace ? Est-ce une zone d’exploitation artisanale ? Une ferme qui a des minerais ? Autant des questions qui méritent des réponses responsables. Qu’en est-il de la suite ? Quid des assurances ? Ces jeunes travaillent-ils dans une coopérative comme l’exige le Code minier pour l’exploitation artisanale ? Les responsabilités doivent être établies. Quelque part quelqu’un n’a pas fait son travail ou l’a très mal fait et il faut le sanctionner.
Quid du sort de familles des victimes ?
Il faut noter que la Fondation Muna Yala a pris en charge les frais funéraires de tous les corps déjà retrouvés. Guy Mafuta a, par la suite, demandé aux députés nationaux de faire preuve de solidarité et de compassion pour consoler les familles des victimes.
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
Politique
DPS Kwango : Jean Dilonga affirme avoir refusé des tentatives de corruption liées à un dossier de détournement
Le dossier de détournement et malversations au sein de la Division provinciale de la Santé qui a secoué notamment des responsables des Programmes spécialisés de santé publique a risqué de s’enterrer et d’être classé « sans suite ». Cette situation est monnaie courante au Kwango, où certains médecins érigés en chefs coutumiers à la tête de certains programmes ont eu l’habitude de corrompre les autorités pour garder les postes et même monter en grade au grand dam des faits parfois tangibles.
Les gris-gris de Kimafu n’ont pas fonctionné cette fois
Quatre médecins chefs de programmes ont été mis en cause : Dr Deo Lulengwa, coordonnateur du Programme National pour la santé sexuelle et de la reproduction (PNSR), est accusé d’avoir détourné une importante somme d’argent et des matériels (ordinateurs, médicaments, etc). Il a détourné 19.000 ampoules de Carbétocine, une molécule destinée aux femmes. Dr Lulengwa, en lieu et place d’utiliser le médicament dans le cadre du programme, a choisi de le vendre et se faire de l’argent.
Il n’a organisé aucune activité de supervision des activités de son programme alors qu’il est financé par les partenaires ; Dr Serge Kandi (coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées à Chimiothérapie Préventive MTN-CTP) a été audité autour d’une fuite d’information sur l’utilisation des fonds du partenaire End-Fund Ufar.
L’audit a donc révélé un vol de 18.000 $ destinés à la formation de formateurs ; Dr Théo Kulonda (coordinateur du Programme National de Transfusion Sanguine, PNTS) est reproché de mégestion et de détournement des fonds. Selon l’inspecteur provincial de la santé, son programme ne fonctionne pas. Il est inexistant. Pas d’activités, il s’est transformé en commerçant des poches de sang et se fait du fric.
Il y a aussi Dr Abbé Marc Lukanzu, médecin et prêtre du diocèse de Kenge qui a reçu la charge de conduire la coordination provinciale du programme national de santé de l’adolescent (PNSA). Il lui est reproché des erreurs minimes d’administration. Il a été recadré et orienté. Il reste le seul jugé clean parmi les médecins audités.
Dr Lulengwa, Kandi et Kulonda ont écopé d’une suspension et sommés de restituer les sommes et les matériels détournés avant d’espérer la réintégration. Les autorités provinciales sont déterminées à piocher jusqu’au dernier voleur de la DPS pour éradiquer le mal dans la système de santé au Kwango dont la qualité de soins de santé ne bouge jamais d’un iota malgré l’implication des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers, à cause des détournements protégés des complices et des marabouts. C’est un empire qui s’effondre !
Selon des informations à notre possession, les médecins visés par l’audit de l’inspection provinciale de la santé du Kwango sont revenus à la charge. Des sommes d’argent ont circulé pour convaincre certaines autorités à taire le dossier. Le chef de l’Inspection provinciale de la santé du Kwango, M. Jean Dilonga, a confié à CONGOPROFOND.NET que certaines personnes l’ont contacté avec des enveloppes à la clé pour obtenir l’enterrement du dossier.
« J’ai refusé tous les avantages en nature comme en argent qui m’ont été présentés par ces médecins qui sont venus me corrompre », a-t-il dit. M. Dilonga a révélé qu’il a été plusieurs fois contacté au téléphone et reçu des visites à sa résidence pour effacer le dossier.
« L’impunité ne régnera pas toujours », a-t-il pensé, renvoyant « les corrupteurs les mains vides. » En l’en croire, il faut que cet empire de voleurs s’effondre.
Émile Yimbu
