À la Une
Entrepreunariat : Malukisa Sivi et Bula Bula Nadège, les 2 lauréates Prix Pierre Castel 2022 !
Malukisa Sivi, directrice Générale de Manitech Congo Sasu, et Bula Bula Nadège, directrice générale de My succes, ont réussi à séduire, le vendredi 13 mai, les différents membres du jury Prix Pierre Castel par la performance de leurs sociétés. Cette cérémonie du grand jury local Prix Pierre Castel s’est tenue à la Clé des Châteaux à Kinshasa/Gombe.
Pré-sélection dominée par une forte participation des femmes (5 contre un homme), ces demi-finalistes ont, tour à tour, présenté leurs entreprises et l’impact du Prix Castel sur leurs activités. Le jury était composé de : Jean-Claude Hoolans, Mireille Kabamba, Cyril Segond, Joëlle Nyota et, enfin, Léopold Petit Petit. Ceux-ci, après avoir écouté toutes les présentations, ont pris l’affaire en délibéré pour enfin désigner les deux gagnantes, à savoir: Nadège Bula Bula et Malukisa Sivi.

Très émue, Malukisi Sivi, directrice générale de Manitech Congo sasu, a avoué sa surprise. « Sincèrement, je ne m’y attendais pas parce que la compétition était rude. J’étais toujours optimiste face aux autres, qui sont aussi talentueux. Étant tous entrepreneurs, nous connaissons les failles et les points forts d’entreprendre au Congo…», a-t-elle martelé.
Quant à l’autre candidate, elle a révélé sa détermination à gagner ce prix: «Visant l’excellence et étant venue pour gagner, être nominée n’était guère une surprise pour moi ».

Notons que les deux lauréates devront présenter, en vidéo-conférence, leurs projets devant les cadres du fonds Pierre Castel. A l’issue de cette interview, le premier et le second prix seront, enfin, déterminés.
Dorcas Ntumba /CONGOPROFOND.NET
À la Une
Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
