À la Une
UCC: Les professeurs Julien Kilanga Musinde, Stefaan Marysse et Mgr Barthélemy Adoukonou du Bénin élevés Docteurs Honoris Causa
La clôture du colloque international du Jubilé de Palissandre de l’Université Catholique du Congo(UCC), ce vendredi 29 avril 2022, a été marquée par l’octroi par cette institution des titres de Docteurs honoris causa à trois personnalités pour leur service dans le milieu académique, scientifique et religieux. Il s’agit du professeur Julien Kilanga Musinde, recteur honoraire de l’Université de Lubumbashi; de son homologue Stefaan Marysse de l’Université d’Anvers, et de Monseigneur Barthélemy Adoukonou du Bénin.
Né le 30 décembre 1950, Julien Kilanga est un linguiste francophone, professeur d’université, recteur honoraire de l’Université de Lubumbashi (1990-1997) et auteur congolais de la RDC. Membre de l’Agence intergouvernementale de la francophonie entre 2004 et 2006, il est docteur en langue et littérature françaises et directeur honoraire de la langue française et de la diversité des langues à Paris à l’Organisation internationale de la francophonie jusqu’en 2010.
À la suite de l’événement tragique sur le campus universitaire la nuit du 10 au 11 mai 1990 à l’université de Lubumbashi les autorités fermeront le Campus. Julien Kilanga, voyant le début de la mort de l’institution, mobilise ses influences et ses contacts, réussi à le rouvrir et en devient le Recteur. Il est auteur « Quelques préalables pour une politique linguistique cohérente au Zaïre. Africanistique », « Quelques réflexions sur la situation de la langue française au Zaïre », « Procédés d’enrichissement du vocabulaire et créations de termes nouveaux dans un groupe de langues de l’Afrique Centrale, essai ».
Chercheur au Centre d’études sur la région des grands lacs de l’Université d’Anvers, Stefaan Marysse suit depuis de nombreuses années l’économie congolaise. Il n’est pas un novice de la situation économique et sociale en République démocratique du Congo. Ce chercheur belge a encadré des enseignants et donné cours à l’Université de Kinshasa. La plupart de ministres congolais qui s’occupent des secteurs économiques, il les a connus « à travers leurs recherches, plutôt que dans leurs bureaux », confie-t-il.
Stefaan Marysse a écrit, entre autres, « L’Afrique des Grands Lacs », « Conjonctures congolaises: Chroniques et analyses de la RD Congo en 2011 », « Le bras de fer entre la Chine, la RDC et le FMI: La révision des contrats chinois en RDC », etc.
Enfin, Barthélemy Adoukonou, né le 24 août 1942 à Abomey, est un évêque catholique, originaire du Bénin, nommé secrétaire du Conseil pontifical pour la culture.
Fervent défenseur de la place de l’Afrique au sein de l’Église catholique, il est le fondateur du Sillon Noir, un mouvement de réflexion sur l’inculturation qui s’appuie sur les « intellectuels communautaires ». Déjà en 1970, il affirmait sa volonté de collaborer à l’inculturation en découvrant la nécessité de récupérer tout ce qu’il y a de saint dans les cultures africaines y compris dans le vodun. D’abord incompris, il parvint à se rallier des sages et des professeurs d’université autour de ses ambitions d’inculturation, notamment grâce à la traduction de la première semaine des Exercices Spirituels de Saint Ignace de Loyola en langue locale, le « fon », pour les chrétiens. Il défend l’idée selon laquelle la théologie africaine doit émaner de son anthropologie.
Il est auteur de « La mort dans la vie africaine », « Jalons pour une théologie africaine, I-II », « Thèse d’État à Paris: Grammaire et sémantique de la violence : le cas du Vodun béninois ».

Dans son mot de remerciement, le recteur professeur abbé Léonard Santedi a rapporté qu’il a été démontré, au cours de ce colloque, que plusieurs causes déstabilisant notre monde sont liées à l’éducation. « Ce colloque doit être considéré comme un grand moment du donner et du recevoir. Il est temps que les universités africaines en ce 21ème siècle participent à la construction de la paix et au développement de l’Afrique », a-t-il martelé.
Le recteur de l’UCC en a profité pour remercier toutes les personnes qui ont concouru à la réussite de ces assises. Dans le lot, il y a la Conférence épiscopale nationale du Congo( CENCO); le grand chancelier de l’UCC, Monseigneur Marcel Utembi; Le vice chancelier, Monseigneur Timothée Bodika; Le président du conseil d’administration de l’UCC, Monseigneur Fulgence Muteba; Le cardinal de la République centrafricaine, Dieudonné Zapalainga; Les différents conférenciers venus aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur du pays ainsi que tous les participants.
C’est le vice chancelier de l’Université Catholique du Congo, Monseigneur Timothée Bodika, qui a déclaré closes les assises scientifiques relatives au 65ème anniversaire de l’Université Catholique du Congo.
Mukendi Kalonji David/CONGOPROFOND.NET
À la Une
ARSP : Ted Beleshayi prend les commandes, l’heure du renouveau et des réformes ambitieuses a sonné
Le vent du renouveau souffle sur l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP). Par une série d’ordonnances présidentielles lues ce jeudi à la télévision nationale, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a procédé à un important réajustement stratégique en confiant la direction générale de cette institution clé à Ted Beleshayi. Il sera épaulé par Felly Samuna, nommé Directeur général adjoint.
Cette décision met fin au mandat de Miguel Kashal Katemb et ouvre un nouveau chapitre pour une institution appelée à jouer un rôle déterminant dans la promotion de l’entrepreneuriat national et l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise.

Le couronnement d’un parcours d’excellence
La nomination de Ted Beleshayi est largement perçue comme l’aboutissement d’un parcours marqué par la compétence, la discipline et la fidélité aux idéaux de son engagement politique.
Jeune cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et figure influente de la jeunesse du parti, le nouveau Directeur général incarne cette génération de dirigeants sur laquelle le Chef de l’État mise pour concrétiser sa vision de développement de la République démocratique du Congo.
Homme de terrain et de conviction, il s’est illustré par son attachement aux valeurs républicaines, à la justice sociale et à la bonne gouvernance. Son accession à la tête de l’ARSP apparaît comme un signal fort en faveur du renouvellement des élites et de la promotion des compétences nationales.
Un expert de la gouvernance financière à la tête de l’ARSP
Expert-comptable et auditeur chevronné, Ted Beleshayi présente un profil alliant expérience du secteur privé et maîtrise des rouages de l’administration publique.
Ancien cadre du cabinet KPMG entre 2011 et 2020, il a supervisé la certification des comptes de multinationales actives dans les secteurs minier, énergétique et des télécommunications. Il a également travaillé avec d’importants bailleurs internationaux, notamment la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), tout en participant à plusieurs missions d’audit stratégique pour l’État congolais.
Fondateur de BelkasGroup SAS et parfaitement anglophone, il s’est spécialisé dans la gouvernance financière, l’audit et la gestion des risques avant d’exercer comme haut fonctionnaire au sein d’un organe supérieur de contrôle rattaché à la Présidence de la République.
Le choix d’un technicien face aux défis de la régulation
Dans un contexte où la régulation économique exige davantage de rigueur et de transparence, le choix du Chef de l’État s’est porté sur un profil résolument technique.
Inspecteur des finances de formation, Ted Beleshayi apporte à l’ARSP une expertise forgée au sein des institutions de contrôle les plus exigeantes du pays. Sa maîtrise des mécanismes d’audit et de gestion des risques constitue un atout majeur pour renforcer la crédibilité de l’institution.
L’opinion publique attend désormais une gouvernance davantage orientée vers les résultats, la transparence et l’orthodoxie financière. L’ARSP dispose ainsi d’un dirigeant capable de rassurer les investisseurs tout en veillant à la protection des intérêts des entreprises congolaises.
Les grands chantiers de la nouvelle équipe
Si l’administration précédente a contribué à populariser la loi sur la sous-traitance, sa mise en œuvre a parfois été critiquée pour certaines lourdeurs administratives, un déficit de lisibilité et des tensions récurrentes avec les opérateurs économiques.
Pour réussir son mandat, la nouvelle équipe dirigeante devra relever plusieurs défis majeurs.
Le premier consistera à rationaliser les mécanismes de contrôle en privilégiant une approche fondée sur des audits systématiques, transparents et impartiaux.
La poursuite de la digitalisation des procédures devra également permettre de simplifier l’obtention des attestations d’enregistrement et de réduire les contraintes administratives qui pèsent sur les PME.
Réconcilier l’ARSP avec le secteur privé
L’une des priorités du nouveau management sera également de restaurer un dialogue constructif avec les acteurs économiques.
Dans cette perspective, un rapprochement avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) pourrait favoriser une application plus harmonieuse du cadre réglementaire de la sous-traitance.
L’objectif sera de privilégier la concertation et la confiance plutôt que les rapports de confrontation.
Par ailleurs, la réussite de la politique de sous-traitance ne devrait plus être mesurée uniquement à travers le volume financier des contrats attribués aux entreprises locales, mais également par le nombre d’emplois créés, la qualité de ces emplois et l’efficacité du transfert des compétences au profit des Congolais.
Enfin, l’opérationnalisation des mécanismes de financement entre les PME, les banques et le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) demeure un enjeu essentiel pour permettre aux entreprises nationales d’exécuter efficacement les marchés qui leur sont confiés.
Une nouvelle ère pour la sous-traitance en RDC
L’ARSP entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire. Porté par la dynamique de la jeunesse, fort de son expérience en audit et en gouvernance financière, Ted Beleshayi dispose des atouts nécessaires pour impulser une nouvelle vision de la régulation de la sous-traitance.
Son mandat sera jugé à l’aune de sa capacité à transformer cette institution en un véritable levier de création de richesses, d’emplois et d’opportunités pour les entrepreneurs congolais, faisant ainsi de la sous-traitance un moteur durable de l’émergence économique de la République démocratique du Congo.
A.B.
