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La guerre de Poutine: une perspective marxienne (Tribune de prof Patience Kabamba, PhD, anthropologie)

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Je connais de nombreux jeunes Ukrainiens qui n’ont pas connu l’Union des Républiques Socialistes Sovietiques (URSS). Ils ont grandi dans l’éuphorie de la révolution orange de Maidan, de la quête de la liberté, de démocratie et du bien-être – toutes les valeurs que l’on attribue à l’Occident capitaliste.

Les bombardements de Poutine détruisent les infrastructures militaires et civiles, ils mettent fin aux vies des soldats et des civils innocents, mais ne détruiront jamais cette quête de liberté qui a caractérisé l’Ukraine de ces trois dernières décennies.

Le grand problème de la Russie ne sera sans doute pas d’occuper l’Ukraine ou d’y placer des dirigeants fidèles à Poutine, mais plutôt de pouvoir diriger ce pays avec une mentalité soviétique.
L’Ukraine n’est pas sortie du juron russe géographiquement seulement, mais surtout mentalement. Kiev s’est rapproché de l’Occident mentalement et non typologiquement.

La guerre actuelle vise donc à retourner l’Ukraine dans l’ancienne URSS. Il y a des militaires russes en Géorgie, en Biélorussie et donc l’Ukraine sera une troisième nation qu’il faut absolument retourner dans les jurons soviétiques. Cependant, il sera impossible à Poutine de faire basculer les 40 millions d’Ukrainiens dont la plus grande partie de la jeunesse a déjà goute aux délices de la liberté capitaliste et du bien-être à l’Occidental.

Nous assistons donc en plein 21eme siècle à une guerre qui vise à rétrograder les populations vers les mentalités du 20eme siècle. C’est là que réside l’impossibilité structurelle de la démarche de Poutine.

Les arrestations arbitraires des opposants en Russie, des empoisonnements des dissidents – le cas de Navalny me vient à l’esprit – sont des recettes qui ne sont plus attractives aujourd’hui pour les jeunes Ukrainiens. Ce ne sont pas les bombes russes qui vont modifier cette donne. La répression du régime de Poutine vis-à-vis des russes qui s’opposent à sa guerre produit le conditionnement qui fait que la perception de la nécessité du surgissement révolutionnaire Ukrainien se cristallise solidemment.

Le Rapalo gazier n’aura pas lieu

Le traite de Rapalo en 1922 entre la Russie et L’Allemagne avait permis à ce dernier de reconstituer son arsenal militaire en dépit des contraintes que lui ont imposé le traité de Versailles. L’accord de Rapalo permettait ainsi à l’Allemagne technologique d’utiliser les matières premières russes . Cette coopération avait permis à Hitler de reconstituer son arsenal militaire utilisé pendant la deuxième guerre mondiale.

La dépendance de l’Allemagne sur le gaz russe avait des allures d’un Rapalo bis dans ce sens que des milliards des dollars offerts à la Russie par l’Allemagne a parmi au premier de moderniser son armements qu’elle utilise aujourd’hui en Ukraine.

Néanmoins, l’Allemagne a aujourd‘hui accepté de faire partie des pays qui punissent économiquement son allie gazier russe. Il n’y aura donc pas de nouveau Rapalo pour le moment.

Les marchés frémissent

Aux regards des analyses de Karl Marx, la guerre en Ukraine est une aubaine pour le marché mondial suite à l’ampleur de la décomposition économique mondiale. A travers la reconstruction qui pointe à l’horizon, le marché peut espérer sortir des taux de profit négatifs dans lesquels le marché se débat depuis 2018. Ce qui se passe dans un espace donné est déterminé par le tout de l’espace mondial. Notre socle méthodologique est qu’il y a une dialectique historique mondiale dans la spécificité de la dialectique guerrière poutinienne. Toute l’histoire du devenir mondial est perceptible dans les révolutions récentes, y compris la révolution orange de Maidan. Il y a une production de l’unicité qualitative dans ce qui se produit aujourd’hui. Nous pouvons percevoir au travers de la guerre en Ukraine, la tendance de la marche du monde.

Le guerre de Poutine empêche le prolétariat russe de se soulever et de poser la question capitale de lutte des classes en Russie. Cette guerre est souvent justifiée par le rapprochement de l’Ukraine vers l’OTAN. Les interrogations ne vont pas plus loin que cela. On ne se demande pas pourquoi les Ukrainiens, surtout les jeunes, veulent-ils quitter la dictature soviétique pour une vie de liberté au sein de l’OTAN . Ils veulent quitter la tyrannie de l’ordre despotique vers la tyrannie de la valeur d’échange. C’est le choix que les Ukrainiens préfèrent opérer pour l’instant. Et je pense que nous devons respecter ce choix. Il n’y a aucune bombe qui va les empêcher de choisir la marchandise contre répression dictatoriale, le Disneyland contre le goulag, Berlin contre Moscou, l’Amérique consommatrice contre la dictature empoisonneuse des libertés.

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25 mai : L’ambassadeur Dr Jospin Lohanga présente le kimbanguisme comme un instrument du “soft power africain”

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Le message livré le 25 mai 2026 par le Dr Jospin Lohanga Konga, ambassadeur itinérant de Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani, dépasse largement le seul cadre religieux.

À travers une communication accordée à congoprofond.net⁠ à l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique et de la Noël kimbanguiste, le diplomate spirituel a développé une véritable vision géopolitique du kimbanguisme, présenté comme un outil d’influence culturelle et civilisationnelle africaine.

Le kimbanguisme comme levier stratégique africain

Dans son intervention, le Dr Lohanga a défendu l’idée d’un « soft power africain » fondé sur les valeurs spirituelles, culturelles et historiques propres au continent.

Trois axes majeurs ont été mis en avant :
– enseigner une histoire africaine complète et décomplexée ;
– faire du kimbanguisme un levier d’influence culturelle africaine ;
– bâtir des partenariats internationaux fondés sur des valeurs définies par les Africains eux-mêmes.

Cette orientation inscrit clairement le discours dans la perspective de l’Agenda 2063 de Union africaine, programme stratégique visant à construire « l’Afrique que nous voulons ».

La diplomatie des langues africaines

Autre élément marquant : le caractère multilingue du message.
Après le français et l’anglais, le discours a été relayé en Lingala, Kikongo, Kiswahili et Tshiluba. Pour le Dr Lohanga, cette démarche ne relève pas du simple symbole, mais d’une volonté affirmée de replacer les langues africaines au cœur de la renaissance continentale.

Dans un contexte où les institutions africaines demeurent encore largement dominées par les langues héritées de la colonisation, cette initiative apparaît comme un acte culturel fort.

Entre spiritualité et diplomatie

À travers cette communication, le Dr Jospin Lohanga Konga confirme son rôle de diplomate spirituel engagé dans le rayonnement du kimbanguisme et de l’Afrique.

Son discours conjugue foi, mémoire, identité et stratégie continentale dans une même vision intellectuelle et géopolitique.

Au moment où l’Afrique cherche de nouveaux repères dans un monde en mutation, cette parole venue de Nkamba rappelle que l’influence des nations se joue aussi dans les récits culturels, les symboles et les héritages spirituels.

Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET 

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