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RDC : Les services gratuits offerts par les OSC aux survivantes des VSBG sont très limités

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En RDC, les survivantes des violences sexuelles et basées sur le genre ne bénéficient pas totalement d’une prise en charge holistique. Cette situation s’observe malgré la mise en place depuis 2009 de l’Agence nationale de la lutte contre les violences faites à la femme et la jeune fille (AVIFEM) par le Gouvernement Congolais et ses partenaires. Une agence pour soutenir la lutte contre les violences sous toutes ses formes avec comme vocation, d’apporter une assistance holistique aux survivantes.

Malgré les limites dans la prise en charge des survivantes, le pays continue toujours d’enregistrer des cas des violences sexuelles et basées sur le genre.

D’après un rapport de l’ONU sur les violences faites aux femmes, on estime à 200 mille le nombre de survivantes de viol vivant aujourd’hui en RDC. En 2020, plus de 4.000 de ces femmes sont devenues membres du mouvement national des survivant(e)s.

A Kinshasa des organisations de la société civile (OSC) font de leur mieux pour apporter assistance aux survivantes des VSBG avec les moyens de bord. C’est le cas du réseau genre et droits des femmes et de la Lizadeel.
Malgré l’existence de l’agence du gouvernement, certaines structures membres du réseau genre et droits des femmes estiment que ce n’est pas suffisant. Pour Nathalie Yoka Mbombo, chargée des programmes au réseau genre et droits des femmes « Ce que nous demandons à l’état congolais, est qu’il y ait une vraie prise en charge holistique, qu’on la sente effectivement ».

« Souvent lorsque nous référons les survivantes aux instances judiciaires ça n’aboutit pas. Au niveau de l’assistance médicale, il y a toujours des failles. Et ça revient à l’état de corriger toutes ces erreurs dans la prise en charge des survivantes », révèle-t-elle.

« Nos organisations accueillent les survivantes, mais elles ne disposent pas d’hôpitaux pour suivre l’évolution elles-mêmes. Les avocats et les psychologues font leur travail mais il y a toujours un blocage quelque part. Notre synergie regroupe 25 organisations. Nous prenons en charge les survivantes en les référant vers les institutions médicales. On les accompagne psychologiquement et socialement », fait-elle savoir.

Pour Maître Liévin de la Ligue de la zone Afrique pour la défense des droits des enfants et élèves (Lizadeel), son organisation apporte un accompagnement judiciaire dès l’arrivée des survivantes.
« Nous avons des partenaires qui nous appuient dans la prise en charge médicale et psychologique. Ces services sont rendus gratuitement et sont disponibles à tout moment malgré la limite des services à offrir faute de moyens. Grâce à notre apport, plusieurs personnalités, auteurs des violences ont été poursuivies. Nous avons obtenu des décisions judiciaires qui les ont condamnés. Nous avons des centres d’assistance judiciaire dans chaque maison communale. Vous y trouverez un avocat, un psychologue et un assistant social», explique-t-il.

Blandine (nom d’emprunt) est une survivante des violences sexuelles. Elle était battue et violée par son mari. Elle nous parle du service gratuit dont elle avait bénéficiée pour son cas.
« C’est grâce à la Lizadeel que j’ai eu le courage de dénoncer mon ex époux », révèle-t-elle.

« J’allais tellement mal chaque jour et j’étais loin des mes enfants. Grâce à l’avocat qu’on m’avait donné sans payer même un centime, suite à l’accompagnement du psychologue, j’ai pu m’en sortir de cet enfer. Aujourd’hui je loue ma propre maison et je suis autonome. Ils ne m’ont pas donné de l’argent car je travaille mais, ils m’ont beaucoup aidé sans rien demander en retour », nous confie-t-elle

De la même manière que Blandine, Joséphine (nom d’emprunt) a bénéficié aussi de l’accompagnement de la Lizadeel.

«J’étais victime de viol, lorsque j’ai dénoncé personne ne m’avait cru », explique-t-elle avec regret.

« Les avocats à qui j’ai donné l’argent pour ma défense ont été corrompus. C’est ainsi qu’on m’a indiqué l’adresse de la Lizadeel qui a tout pris en charge et nous sommes allés en procès. Mon bureau a été condamné à 20 ans de prison depuis 2018. C’était un pasteur qui avait violé 90% de ces fidèles et personne n’avait eu le courage de dénoncer mais moi, je l’ai fait », révèle-t-elle.

« La Lizadeel a été très attentive à mon cas, et actuellement je suis guérie de mes blessures », se réjouit-elle.

« À chaque fois que j’apprends un cas similaire au mien, je n’hésite pas à conduire la survivante à la Lizadeel, car elle est toujours disposée à nous venir en aide », affirme-t-elle.

« Il arrivait des moments où quand j’allais dans leur centre, je manquais le transport pour retourner chez moi, et la Lizadeel prenait en charge les frais de transport », témoigne Joséphine.

La disponibilité des services de l’état dans la prise en charge et suivi des survivantes

A en croire Florence BOLOKO, Directrice Générale et experte en genre au ministère du Genre, Famille et Enfant, le gouvernement de la RDC a mis en place sous sa supervision, depuis 2009 une agence nationale de lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes, à la jeune et à la petite fille, AVIFEM en sigle.

D’après elle, cette agence est un instrument du gouvernement pour soutenir la lutte contre toute forme de violences basées sur le genre.
«Nous recevons également des appels à travers le 122, notre numéro d’appel gratuit pour le suivi», explique-t-elle.

Cependant, pour cette experte en genre, la sensibilisation doit continuer. Il est important d’avoir des journalistes, des magistrats, des avocats ainsi que des psychologues formés et engagés dans la lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre pour accompagner les survivantes jusqu’à la réparation.
« A coté de la sensibilisation, il y a aussi l’accompagnement dans la vulgarisation des instruments juridiques favorables à la femme, car elle a le droit à l’information. Elle doit se connaitre et connaitre ses droits pour pouvoir les défendre ».

S’agissant de la responsabilité du gouvernement dans la lutte contre l’impunité, Florence Boloko précise qu’un projet dénommé «justice, autonomisation et dignité pour la femme et la fille congolaise », a été mise en place. Il est prévu, à travers ce projet, de faire une prise en charge holistique dans certaines institutions médicales de Kinshasa, notamment au centre mère et enfant de Ngaba, à l’hôpital de Kintambo ainsi qu’à l’hôpital de référence de Ndjili. Il s’agit des centres intégrés des services multisectoriels CISM qui ont pour mission, la prise en charge médicale, psychosociale, juridique et la réinsertion socioéconomique.

Jusqu’ici, aucune survivante n’a parlé d’une prise en charge ou d’une disponibilité quelconque d’un centre pour s’occuper d’elle de la part du gouvernement. Les quelques survivantes de la commune de Ngaba que nous avons rencontrées et qui n’ont pas voulu s’exprimer nous ont semblé ne pas connaître ce centre. Le même constat a été fait à Kintambo. Au centre mère et enfants de Ngaba, les personnes rencontrées nous ont fait savoir que les femmes ne dénoncent pas, donc les seuls cas qu’ils enregistrent c’est en rapport avec les coups et blessures sur mineurs.

Me Liévin appelle toutes les survivantes à dénoncer et de s’approcher de la Lizadeel et d’autres structures pour une assistance gratuite dans plusieurs domaines. Selon lui, la femme a longtemps été humiliée, il faut que cela cesse.

Elda Along/Congoprofond/ JDH

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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)

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Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter. 

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.

« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.

Exaucé Kaya

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