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Affaire « Olivier Mpunga » : le colonel Mopepe, l’OPJ Nzita, le brigadier Diamasivi et le policier Mushaba condamnés à perpétuité
Vendredi 24 décembre, à 22 heures, pendant que dans toutes les communes, des cultes d’action de grâces donnaient au réveillon de Noël, son caractère de profonde spiritualité, dans des terrasses, grillades et boissons, musique grinçants, pétards et feux d’artifice faisaient monter la pression, dans la salle d’audience de la Haute Cour Militaire, tous les membres de la composition de la chambre de flagrance debout, tombait l’arrêt dans l’affaire du meurtre d’Olivier Mpunga.
D’un ton grave, le premier président Bula Kasola, général de brigade,
prononçait la condamnation du commissaire supérieur principal Mopepe
Samwani à la servitude pénale à perpétuité pour tortures, 10 ans de
servitude pénale principale pour violation de consignes, confirmait sa détention et sa destitution des rangs de la Police nationale
congolaise. Après avoir réglé le sort du responsable des opérations de
la Direction de renseignements généraux, c’était le tour du commissaire supérieur principal Shongo Morgan qui a écopé de 10 ans de
servitude pénale principale pour violation de consignes, vu sa
détention maintenue et sa destitution de la PNC prononcée.
Quant au commissaire principal Nzita Mananga, l’OPJ instructeur du
dossier lui confié par le commissaire supérieur principal Mopepe, il a
été condamné à la servitude pénale à perpétuité. Sa détention ayant été confirmée, la Cour a décidé sa destitution de la Police nationale congolaise. Et s’agissant de deux bourreaux qui s’étaient acharnés sur Olivier Mpunga, chacun usant de tortures qu’il jugeait cruelles pour arracher les aveux du prévenu, le brigadier Diamasivi et l’agent de police Mushaba, étaient totalement abattus quand le premier président Bula Kasola a donné les dispositifs de l’arrêt. Contre tous les deux, il a été retenu la servitude pénale à perpétuité, ainsi que la
confirmation de leur détention et leur dégradation au sein de la PNC.
En ce qui concerne les fugitifs en cavale, la Cour s’est déclarée
incompétente. Tumba, Mbemba, Mampasi et Ikamba, pourront ainsi
continuer à s’évanouir dans la nature jusqu’au jour où l’étau de la
justice militaire parviendra à se refermer sur eux. Ce qui permettra à la Cour militaire d’ouvrir un autre procès sur base des poursuites
judiciaires engagées contre eux.
Examinant la constitution de la partie civile et l’action mue par les membres de famille d’Olivier Mpunga, la Cour a condamné chacun des
prévenus au paiement de la somme de 80.000 dollars ou l’équivalent en
monnaie locale. Se basant sur les plaidoiries des avocats de la
République dans cette affaire, en ce qu’ils ont démontré la mauvaise
direction pour la réparation des préjudices subis par la partie
civile, la Cour militaire de la Gombe a mis le civilement responsable
de policiers, l’Etat congolais, hors cause. Et pour cause? Quand des
policiers formés. Censés appliquer et faire respecter les lois de la
République et n’ignorant pas que la RDC a ratifié les instruments
juridiques internationaux interdisant les pratiques de la torture, se
compromettent, le civilement responsable se désolidarise d’eux. D’où pour raison pédagogique, ils doivent assumer toute la responsabilité
de leurs abus de pouvoirs, surtout qu’ils ont été commis dans les
locaux de la police.
La Cour a, enfin, condamné tous les prévenus au paiement des frais d’instance, à calculer par le greffier, et faute de le faire dans le
délai légal, ils seront punis des mois de servitude pénale
subsidiaire. Juste après le verdict, le prétoire de la Haute cour militaire a vibré au rythme de réactions des prévenus, leurs avocats
et les membres de leurs familles présents dans la salle jusqu’à 22 H
30’. Tous les prévenus et leurs conseils ont exprimé leur volonté de
se pourvoir en appel.
Encore faut-il présenter des éléments nouveaux
qui démontrent que l’arrêt de la Cour a été excessif dans la
distribution des peines par rapport aux infractions commises.
Voici la composition de la chambre de flagrance de la Cour militaire
: président, le général de brigade Bula Kasola, conseiller rapporteur
colonel Muaka Masinda, colonel Bongo Laurent, commissaire supérieur
principal Lubula et Mandanda, juges assesseurs, en présence de l’officier du ministère public, le colonel Lubuku Bungu, avec l’assistance de major Getou Soki Kilolo, greffier du siège.
Le Phare
À la Une
Nord-Kivu : Le BUREC dénonce les querelles politiques autour du gouverneur militaire
Le Bloc Uni pour la Renaissance et l’Émergence du Congo, BUREC, à travers son inter-fédération du Nord-Kivu, a publié ce 24 mai 2026 à Beni une déclaration politique sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la province. Dans ce document, les cadres et militants du parti affirment suivre « avec attention les situations politique et sécuritaire » dans le Nord-Kivu.
Face à la détérioration persistante de la situation sécuritaire, le BUREC/Nord-Kivu a réaffirmé son soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), au président Félix Tshisekedi ainsi qu’au gouverneur militaire du Nord-Kivu, Somo Kakule Evariste. Le parti salue notamment « les efforts consentis dans la recherche de la paix, la restauration de l’autorité de l’État et le développement ».
Dans la même déclaration, le BUREC recommande « le renforcement et l’intensification des opérations militaires contre l’AFC/M23, les ADF et les autres groupes armés réfractaires au P-DDRCS ». Cette formation politique estime que les offensives militaires doivent être renforcées afin de faire face à l’insécurité persistante dans plusieurs zones du Nord-Kivu.
Le parti a également condamné « les sorties médiatiques de certains politiciens et leaders d’opinion qui s’opposent à la gouvernance actuelle de la province ». Selon le BUREC, l’Union sacrée de la Nation au Nord-Kivu « n’a jamais été saisie d’une démarche pour laquelle le Gouverneur militaire aurait constitué une obstruction à un acteur politique, de surcroît un élu ».
Réaffirmant son appartenance à l’Union sacrée de la Nation, le BUREC/Nord-Kivu dit renouveler « avec force son soutien indéfectible à la gouvernance de la province du Nord-Kivu sous l’égide du Général-Major Somo Kakule Evariste, émanation de la volonté du Chef de l’État ».
Cette formation politique appelle par ailleurs les acteurs politiques à éviter d’impliquer l’armée dans les débats politiques. Le document rappelle que « l’armée est apolitique » et estime que le général-major Somo Kakule Evariste « devrait être épargné des querelles politiciennes afin de mieux se concentrer sur sa mission ».
Cette déclaration a été signée à Beni dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et plusieurs groupes armés actifs dans l’est de la RDC, notamment l’AFC/M23 et les ADF.
Franck Kaky
