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Lutte contre les flux financiers illicites en RDC : le ministre Patrick Muyaya recommande la création des parquets financiers
Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, Jean Pierre Pasi Zapamba, député national et Président de l’APNAC-RDC ainsi que Jimmy Kande, ancien gestionnaire et analyste du risque crédit, ont animé un News Forum mercredi 8 décembre 2021 à l’hôtel Sultani, dans la commune de la Gombe, sur « La lutte contre les flux financiers illicites en RDC : état des lieux et perspectives ». Ce News Forum a sanctionné un atelier d’échanges de trois jours organisé par 0sisa (Open Society Initiative for Southern Africa).
Reconnaissant que la République Démocratique du Congo vit dans un contexte «corruptogène» et que s’il faut parler de la question de la corruption, c’est à travers tous les secteurs de la vie publique, Patrick Muyaya , qui a salué le travail abattu et qui continue à être abattu par l’Inspection Générale des finances(IGF), a préconisé la mise sur pied des parquets financiers, qui seront en mesure de traquer, suivre de près ce qui se passe dans les finances.
Selon lui pour bien comprendre la situation, il faut partir d’un diagnostic et pour en sortir, il faut une prise de conscience collective. Selon lui, le gouvernement dont il est membre affiche une ferme volonté politique claire pour lutter contre la corruption qui s’est enracinée dans la mémoire collective depuis plusieurs décennies.
Il a fait savoir qu’actuellement, les banques congolaises subissent des pressions. Même au niveau du gouvernement, il est difficile de faire une transaction de plus de 10.000 dollars à l’étranger. Le pays est sous surveillance et, le gouvernement travaille pour remédier à cette situation qui n’est pas bonne pour l’économie. Il a fait savoir qu’il faut considérer que nous sommes dans un contexte de nettoyage systématique et chacun a sa responsabilité. La question des flux financiers doit être traitée dans sa globalité. Avec tout ce qui est dit en matière de corruption, le ministre de la Communication et Médias a également attiré l’attention de tous sur le principe de la présomption d’innocence qu’il faut toujours privilégier.
Les flux illicites favorisés par un commerce illicite
Ces précisions portées par le ministre Patrick Muyaya ont été données en réaction aux arguments avancés par Jean-Pierre Pasi Zapamba.
Expliquant que les flux financiers renvoyent au mouvement de fonds à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, Jean-Pierre Pasi a invité les Congolais à la dénonciation des cas suspects. Prenant comme exemple les immeubles qui pullulent à travers le pays, les riverains ne sont pas capables d’en connaître les vrais propriétaires et de demander l’origine des fonds. Et pourtant, il peut s’agir de l’argent sale, en provenance de la mafia, qui l’affecte dans la construction des immeubles afin de le blanchir et lui donner une autre orientation.
Pour sa part, Jimmy Kande a souligné que la RDC reste exposée plus au risque en ce qui concerne les flux financiers illicites. A cause d’une économie informelle, un grand nombre d’activités économiques restent incontrôlées. L’argent qui est payé en cash n’est pas retraçable. Ceci conduit à une faible inclusion financière qui avoisine à peine 6%.
Personne n’est en mesure de dire combien d’argent passe à travers les 94% des personnes non bancarisées. Il y a également une absence d’identification des personnes qui viennent à la banque. Toutes les cartes qui sont présentées dans une banque, le sont également sur le marché parallèle. Voilà pourquoi le gouvernement est tenu de doter les Congolais d’une carte d’identité sûre a estimé Pierre Pasi Zapamba, afin de lutter contre ces flux financiers illicites. Car, le pays se trouve dans une situation généralisée qui le place dans un environnement propice aux activités de blanchiment d’argent.
Yves Kadima/Le Phare
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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
