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Kwango : le ministre provincial de Pêche et Elevage poursuivi pour exportation frauduleuse de cannabis

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Petreman Mabanza Muyambi, ministre provincial de Pêche et Élevage du Kwango, risque plusieurs années d’emprisonnement pour exportation frauduleuse de « cannabis sativa ». Une cargaison d’environ 18 tonnes a été saisie entre ses mains, entre le 11 et 14 juin 2021, dont un lot sur le tarmac de l’aéroport international de Ndjili, un autre dans un entrepôt et un troisième lot dans un convoi de trois remorques au niveau de la cité de Mbankana (commune de la Nsele).

Selon un réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation qui a saisi l’Assemblée provinciale en vue de la levée des immunités du ministre, cette cargaison de cannabis appartient à la société Instadose Pharma Drc Sarl et « était destinée à être exportée à bord d’un avion-cargo de la compagnie Ethiopian Airlines qui attendait déjà sur le tarmac de l’aéroport ».

Dans son réquisitoire, le procureur général fait savoir que le ministre était là pour apporter une assistance au directeur général de la société Instadose Pharma Drc Sarl en vue de faciliter l’exportation frauduleuse du cannabis.

Dans ce réquisitoire pris en août et dont copie est parvenue à CONGOPROFOND.NET, le procureur général sollicite de l’Assemblée provinciale du Kwango la levée des immunités pour pourvoir poursuivre le ministre Petremand Mabanza.

Le sort du ministre Petremand Mabanza est scellé !

Lundi 01 novembre prochain, l’Assemblée provinciale du Kwango entend examiner la correspondance du Ministère public, lors d’une plénière.

Le sort du ministre provincial se trouve scellé et suspendu à la volonté des députés provinciaux, qui doivent décider s’il conviendra de le sauver ou bien le livrer à la justice.

Selon une source, le jeu se joue avec le président de l’Assemblée provinciale Mulenga Upala Wenslens. Mais dans les couloirs, des députés provinciaux promettent de livrer le ministre provincial et menacent de citer de nouveaux noms dans cette affaire, pour faire punir tour le monde dans la chaîne du réseau mafieux. Selon un député provincial qui a recquis l’anonymat, il y a des ramifications au sommet de l’exécutif provincial.

Émile YIMBU/CONGOPROFOND.NET

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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !

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Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.

Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.

De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.

Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?

Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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