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CENI : Katumbi demande à F. Tshisekedi de ne pas avaliser la candidature de Kadima
Depuis entérinement de l’équipe Denis Kadima par l’Assemblée nationale pour diriger la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), plusieurs langues se délient. Dans le lot, Moïse Katumbi, président de « Ensemble pour la République », a, dans une lettre adressée au président de la République, demandé à ce dernier de ne pas avalisé cette désignation.
« Vous me donnez aujourd’hui l’occasion de vous demander de rejeter purement et simplement la liste entérinée par l’Assemblée nationale. Cautionner les irrégularités qui ont émaillé le processus d’entérinement des membres de la CENI, conduira irrévocablement le pays vers un nouveau cycle de désordres », peut-on lire dans sa lettre de Katumbi.
Katumbi a aussi rappelé à Félix Tshisekedi : « Dans un récent passé, nous avons combattu ensemble dans l’opposition pour mettre fin aux antivaleurs qui ont conduit le pays dans un état de déchéance morale et de délabrement avancés. Nous avons lutté ensemble contre l’arbitraire, les violations systématiques des lois de notre pays et les velléités répétées de modifier la Constitution dans le but de conserver le pouvoir. »
Pour Moïse Katumbi, il a été insoutenable de laisser un individu puisse confisquer aux Congolais le pouvoir de choisir ses dirigeants. « Il nous était insoutenable qu’un individu puisse s’arroger pour des raisons personnelles le droit de confisquer au peuple congolais son pouvoir de se choisir librement ses dirigeants au terme d’un processus démocratique, libre, transparent et inclusif. Le peuple congolais nous a entendus. Des millions de compatriotes se sont dressés contre la dictature. Vous savez aussi bien que moi le nombre de Martyrs auxquels nous devons aujourd’hui de vivre la première alternance de pouvoir apaisée dans l’histoire de notre pays. Certains s’emploient aujourd’hui par leurs manoeuvres à rendre vain leur sacrifice. »
Le patron de « Ensemble pour la République » dénonce la méthode utilisée par l’ancien pouvoir pour définir les dirigeants de la CENI, en estimant que cela met en péril la cohésion nationale.
« Alors que nous nous approchons des prochaines échéances électorales, les mêmes méthodes dénoncées hier pour imposer à la tête de la CENI un homme politique controversé ont repris. La contestation a gagné les institutions. Démonstration est faite qu’une poignée de compatriotes outrepassent les textes de loi pour assurer leur maintien au pouvoir. Leur attitude met gravement en péril la cohésion nationale. J’en appelle à votre sagesse afin de ne pas jeter le pays dans de nouveaux déchirements aux conséquences funestes pour l’ensemble du peuple congolais. », a-t-il ajouté
Enfin, Katumbi a rappelé à Félix Tshisekedi qu’il avait également rejeté la désignation de Ronsard Malonda par manque de consensus et doit faire le même pour Denis Kadima. « Hier, vous avez rejeté une première fois et à juste titre une première liste non consensuelle. Nul ne peut envisager un seul instant qu’aujourd’hui vous puissiez avaliser le travail partisan d’une commission paritaire contestée au risque de jeter sur la CENI un tel voile de suspicion qu’il lui sera impossible d’accomplir sa mission d’organiser, en toute indépendance, neutralité et impartialité des scrutins libres, démocratiques, transparents et inclusifs. Là où l’Assemblée Nationale a échoué, il vous revient de forger cet indispensable consensus, seule voie à même de garantir un cycle électoral apaisé. »
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
