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Sextape, CENI, Kabila, « Sauvons le Congo », Fatshi, rôle des pasteurs, etc.: Kuthino Fernando éventre le boa !
Dans une interview réalisée à Paris avec notre confrère Ado Yuwe, l’archevêque Kuthino Fernando, initiateur du mouvement » Sauvons le Congo », a décidé de crever l’abcès sur les questions brûlantes qui font l’actualité et de revenir sur son incarcération, sa libération, ainsi que sa maladie.
Kuthino Fernando a commencé par relever les leçons tirées de sa vie en prison. Pour cet homme de Dieu, la principale leçon est que les Congolais sont de mauvaise foi et n’aiment pas ce pays. » Les gens sont des Mitema Mabe c’est-à-dire sont de mauvaise foi (Ndlr). Le Congolais est un sorcier, en plus de ne pas aimer son pays. L’ennemi du Congo, c’est le Congolais. Il est prêt à tout à cause de l’argent. J’ai vécu en prison pendant 10 ans et j’ai vu le cœur du Congolais… », a-t-il expliqué.
Réaffirmant qu’il était fier de son combat pendant la période Kabila, le leader de l’église « Armée de Victoire » a fait savoir sa satisfaction de ne plus voir ce régime au pouvoir. » Ce n’est que le commencement. Ils ont tout fait pour m’empêcher de parler afin de rester au pouvoir. Mais ils ne sont plus là… »
Concernant l’affaire de possession des armes illégales trouvées dans son bureau, Kuthino Fernando continue encore à le démentir formellement. » C’est faux et archifaux ! Ils n’ont pas trouvé d’armes dans mon église ni dans ma maison, encore moins dans mon bureau. Ils ont forcé mon bureau par des soi-disant militaires torse nue. La preuve j’ai été condamné pour autre chose. Comment peut-on faire un tel montage ? Comment ne peut-on pas avoir froid aux yeux pour jeter des armes dans le bureau de quelqu’un, ensuite l’accuser ? Le pouvoir de la honte ! La honte avec un grand H majuscule ! La honte ! Ils ont fait ça avec Chebeya en jetant des préservatifs et des ongles à côté de son cadavre ! Quelle honte ! «

Séjournant toujours en Europe pour des soins de qualité, le pasteur a souligné que ses pépins de santé remontent à son passage en prison.
A sa sortie de prison en 2014, après avoir été condamné à 10 ans d’emprisonnement dans une tumultueuse affaire de tentative d’assassinat de son collègue, le pasteur Ngalasi de l’église La Louange, le pasteur Kuthino Fernando avait déclaré avoir pardonné ses bourreaux.
Les pasteurs doivent éveiller les consciences !
Revenant sur le rôle du pasteur dans la société, l’homme de Dieu est d’avis que ses pairs doivent éveiller les consciences. » Le pasteur est un homme de la population. Il a, avec lui, une grande partie de la cité et influence les choix de la cité. »
Il poursuit en disant : » le rôle du pasteur est de gagner des âmes, mais il doit aussi enseigner les gens, que les gens connaissent leurs droits et prospérer. L’évangile de Jésus-Christ marche avec l’amour de la patrie. C’est-à-dire l’évangile répond aux besoins quotidiens de l’homme. L’évangile ne peut pas être l’opium du peuple… »
Concernant la situation politique qui prévaut en RDC, Kuthino estime qu’il y a beaucoup de ratées qui peuvent être améliorées. » L’Union sacrée est une bonne chose, car le Congo se bat avec la grande puissance qui utilise les gens de l’intérieur ».
Pour ce qui est de ses relations avec les autres pasteurs, Kuthino estime qu’elles sont cordiales.
Ceni : Que l’amour de la patrie l’emporte !
Interrogé sur les balbutiements du processus de désignation du président de la CENI par les confessions religieuses, le pasteur Kuthino Fernando estime que seul l’amour du pays et de Dieu peut aider à faire bouger les choses. » Pour l’amour du pays, apprenons à faire des sacrifices ! Pour l’amour de Dieu, on peut dire que ça je laisse. Ce que je peux dire est que seul l’amour de Dieu et l’amour de la patrie peuvent aider à sortir de cette situation au-delà des intérêts de tout un chacun ».
Concernant la succession par filiation dans l’église, il estime que pour son cas il s’agit d’un appel, car sa fille interprète bien la parole de Dieu et fait des études de théologie. Pour ce qui est du pasteur Moïse Mbiye, il le bénie et l’encourage de continuer l’œuvre de son père.
Au sujet des nombreuses vidéos sextapes qui touchent les hommes de Dieu, Kuthino Fernando s’est abstenu de tout commentaire, mais s’est interrogé de vive voix : » Comment ils en arrivent là? »
David MUKENDI KALONJI/CONGOPROFOND.NET
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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
