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WILPF/RDC : Faire face aux masculinités militarisées pour une paix féministe
La Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté en (WILPF RDC) a organisé, samedi 18 septembre 2021, un atelier de construction d’alliances entre militantes et activistes des droits des femmes. Cadre choisi: la salle Maïko derrière le Palais du peuple, sur le thème : « faire face aux masculinités militarisées ».
Ces concepts qui semblent nouveaux chez certaines participants à l’atelier font parti d’un projet conjoint entre WILPF RDC et l’organisation internationale « MenEngage ».
Pour Me Lisette Mavungu, vice présidente de WILPF, l’objectif dudit projet est de travailler en synergie avec les associations sœurs pour trouver les causes profondes afin de faire face aux masculinités militarisées qui rongent notre société. « Les femmes ont été mises en cause pendant plusieurs années. Le système patriarcal dans nos sociétés accorde la place la plus importante à l’homme ainsi que d’autres avantages sociaux au détriment de la femme. Celle-ci est victime de ce système qui bafoue ses droits. Ce système patriarcal fait parti des masculinités militarisées. Cependant, à travers ce projet pilote nous cherchons à avoir l’équilibre entre femme et homme », déclare la vice-présidente de WILPF.
D’après la présidente de cette structure internationale, Annie Matundu » Maman 1325″, « Nous devons tous faire face aux masculinités militarisées femme et homme pour une paix féministe ». Elle définie cette paix féministe comme étant une paix centrée sur les personnes, basées sur l’égalité, la justice et la sécurité démilitarisée qui implique de s’attaquer aux causes profondes de la violence avec une optique féministe qui prête attention à la dynamique du pouvoir et qui remet en question le patriarcat et les rôles traditionnels des femmes, faisant progresser les besoins des femmes et des personnes de tous les sexes.
Me Pathy Siwala a fait comprendre aux participants que la masculinité militarisée n’est autre que cette volonté d’imposer son point de vue, sa force, son pouvoir, son autorité, sa domination pour nuire à l’autre. Bref, une société construite sous le modèle militaire. Elle se manifeste partout dans notre société.
Ainsi, il y a nécessité de construire des alliances pour travailler autour d’une table afin de lutter contre la masculinité militarisée dans tous les domaines de la vie. Plusieurs associations ont été conviées à cet atelier dont l’Union congolaise des femmes des médias (UCOFEM).
Elda Along / Congoprofond.net
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
