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Suspension de la Task force UA/Affaires étrangères : la réplique claire et responsable de Marie Tumba Nzeza à Christophe Lutundula
A la suite de la publication de l’article intitulé : » Affaires étrangères : la Task Force de l’UA suspendue pour « inefficacité et improductivité » !, quelques membres de cette structure avaient réagi à chaud pour dénoncer une « campagne de diabolisation » pour des buts inavoués, notamment le placement des proches, le règlement des comptes personnels et l’accaparement des avoirs financiers et des biens matériels de la TASK FORCE, etc. Pour eux, à mi-mandat de la présidence de la RDC, ce noir dessein ne peut que concourir au sabotage de la mandature de la RDC et du Chef de l’Etat à la présidence de l’UA.
Considérant le « pamphlet » de son successeur comme intentionnellement irrespectueux et une tribune méchamment insultante contre les membres de la Task Force, qui sont pour la plupart des Haut fonctionnaires et des cadres de la diplomatie congolaise, la ministre d’État honoraire de la RDC en charge des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, a élevé la voix, ce mardi 13 juillet, pour éclairer la lanterne du chef du gouvernement au sujet des accusations d’inefficacité et d’improductivité dans le chef des personnalités nommées par elle.
» Pour réaliser une restructuration efficiente d’une structure qui est sous sa tutelle, le Ministre des Affaires Étrangères n’a pas besoin de boucs-émissaires, s’il estime que sa décision est au diapason de la vision du Chef de l’Etat, Président de l’Union Africaine et qu’elle répond aux ambitions de la politique étrangère de notre pays », a-t-elle appuyé.
Somme toute, à la suite de la ministre honoraire, plusieurs observateurs s’interrogent: » Pourquoi le Ministère des Affaires étrangères est-il devenu aphone et inerte depuis l’arrivée de la nouvelle autorité, qui est pourtant réputé pour sa verve oratoire? Pourquoi ce ministère régalien est-il incapable de se mettre au diapason de la vision du Chef de l’Etat et des ambitions de la politique étrangère de la RDC? Quelles sont les orientations données par le ministre depuis sa prise des fonctions? Qui empêche le Ministre de rencontrer les membres de la Task Force pour échanger avec eux sur tous ces sujets? ».
Pour eux, Christophe Lutundula s’est réfugié derrière des a priori et des préjugés.
Il faut noter aussi qu’à ce jour la TASK FORCE continue à fonctionner et ses membres n’ont jamais été notifiés d’une quelconque manière de cette décision de suspension. » Lutundula est juriste, il doit donc savoir que pour mettre fin à cette structure et aux fonctions de ses membres, il faut prendre un acte contraire. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il y a donc non seulement des faussetés et mais aussi des incohérences dans cette décision », a fait observer un analyste. Affaire à suivre…
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Ci-dessous l’intégralité de la lettre de Marie Tumba Nzeza au Premier ministre, Sama Lukonde
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Il m’a été donné de constater, sur les réseaux sociaux, la publication d’un article faisant état d’une lettre qui vous a été adressée par le Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères, concernant la suspension et la restructuration de la TASK FORCE chargée d’accompagner la mandature de la République Démocratique du Congo à la présidence du Conseil Exécutif de l’Union Africaine. Et, si je me permets de réagir à ladite lettre, c’est parce que, parmi les motivations pour justifier la suspension des activités de la TASK FORCE, j’ai été directement mise en cause et ce, de façon discourtoise.
En effet, il ressort de cette correspondance que mon successeur à la tête du Ministère des Affaires Etrangères fait état notamment de la non réception, lors de la remise et reprise, d’un quelconque rapport sur la pertinence et la réalité des prestations de la TASK FORCE conformément aux missions lui assignées.
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Je suis profondément surprise de lire ces propos qui ne reflètent ni la réalité et encore moins la vérité. Comme vous pouvez le remarquer dans le document ci-joint (Procès-verbal de passation de services), j’ai effectué la remise et reprise avec le Vice-Premier Ministre, Monsieur Christophe Lutundula Apala, le 27 avril 2021. Contrairement à ses allégations, le condensé du rapport d’activités de la TASK FORCE a figuré parmi les Annexes des dossiers prioritaires, qui ont été signés conjointement avec mon successeur.
Quant à la pertinence et à la réalité des prestations de la TASK FORCE, il convient de rappeler ici le contexte de la création de cette structure.
En effet, la mise en place de la TASK FORCE est consécutive à la volonté exprimée par le Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, d’assurer l’accompagnement de la mandature de la RDC à la présidence de l’Union Africaine à tous les niveaux des organes délibérants de l’UA ; à savoir :
● le PANEL pour appuyer la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement, ● la TASK FORCE pour suivre le Conseil Exécutif, les Comités Techniques Spécialisés (14 CTS) ainsi que les activités de l’Ambassade de la RDC à Addis-Abeba au niveau du Comité des Représentants Permanents (COREP). C’est dans ce contexte que j’ai pris un arrêté de création, d’organisation et de fonctionnement de la TASK FORCE, le 10 décembre 2020.
Dans le cadre de ses missions et sous mon leadership, la TASK FORCE a participé à plusieurs activités liées à l’Union Africaine et elle a produit des documents importants. A titre illustratif, on peut en citer les principaux :
– La préparation de la passation avec l’équipe ayant accompagné la mandature de la République d’Afrique du Sud ;
– L’élaboration du chronogramme des activités du Président du Conseil Exécutif ainsi que celui de la TASK FORCE ;
– La production d’un document synthèse de la vision stratégique du Chef de l’Etat dans le cadre de la présidence de l’UA par la RDC ;
– Les discours d’acceptation du mandat par notre Chef de l’Etat en sa qualité de Président de l’Union Africaine pour l’exercice 2021 et celui de clôture de la 34ème Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement ;
– La préparation des interventions de la Ministre des Affaires Etrangères à la 38ème Session Ordinaire sur la candidature de la RDC au Conseil de Sécurité des Nations Unies (A3) ;
– La Participation à la réunion de la 38ème Session Ordinaire du Conseil Exécutif de l’UA (par visioconférence) ;
– La préparation de l’intervention de la Ministre des Affaires Etrangères à la 34ème Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement ;
– Le rapport de la 38ème session du Conseil Exécutif de l’UA ;
– Le projet de décret portant création, organisation et fonctionnement de la Commission Interministérielle Permanente des experts pour les Comités Techniques Spécialisés (CTS) de l’UA en RDC;
– Le rapport des missions de consultation effectuées dans les pays concernés par le conflit sur le GERD avant les assises de Kinshasa ;
– La préparation technique de la Conférence ministérielle de Kinshasa sur le GERD du mois d’avril 2021 ;
– La production de l’approche de médiation de la RDC, approuvée par le Chef de l’Etat pour la facilitation des échanges entre les parties au contentieux du GERD ;
– Le projet de feuille de route sur le GERD ;
– L’élaboration du Communiqué final de la Conférence ministérielle de Kinshasa sur le GERD ;
– Le Projet de renforcement des capacités des cadres de la DGDA, du Ministère du Commerce Extérieur ainsi que ceux de l’Institut National de Statistique pour la maîtrise de l’outil d’extraction des données de l’Observatoire Africain du Commerce ;
– La préparation de l’activité à organiser par le Président du Conseil Exécutif avec la jeunesse estudiantine congolaise sur les stratégies de l’employabilité des jeunes au sein des structures de l’Union Africaine ; etc. pour ne citer que ceux-là.
Au regard de ce qui précède, il apparaît donc inutilement insultant de qualifier les membres de la TASK FORCE, dont la plupart sont des Hauts fonctionnaires du Ministère des Affaires Etrangères et des cadres de la diplomatie congolaise, d’improductifs, d’inefficaces et de pléthorique.
Considérant la qualité et le volume du travail qu’ils ont abattu avec abnégation et dévouement patriotique, alors qu’ils n’ont, à ce jour, touché aucune rémunération (ils accumulent sept mois de non-paiement depuis la création de la structure) et qu’ils sont même deux fois moins nombreux que ceux du PANEL dans son ensemble, il serait de bon aloi d’avoir un regard objectif dans l’analyse des prestations de la TASK FORCE.
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Pour réaliser une restructuration efficiente d’une structure qui est sous sa tutelle, le Ministre des Affaires Étrangères n’a pas besoin de boucs-émissaires, s’il estime que sa décision est au diapason de la vision du Chef de l’Etat, Président de l’Union Africaine et qu’elle répond aux ambitions de la politique étrangère de notre pays.
C’est pourquoi, pour terminer, je voudrais attirer votre attention sur le fait que nous sommes à mi-mandat de la présidence de la République Démocratique du Congo à l’Union Africaine et que la prochaine session du Conseil Exécutif sera organisée et présidée par le Ministre des Affaires Etrangères de la RDC.
Dans ce contexte, pour les six mois qui restent, je puis vous suggérer de veiller à ce que toute restructuration ne répondant pas objectivement à un besoin impérieux d’efficacité et de rentabilité ne puisse ramener inutilement notre pays à la case de départ. Car, l’échec d’une des structures dans l’accompagnement de la mandature entachera ipso facto tout le mandat de la RDC.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute considération.
Marie Tumba Nzeza
Ministre honoraire
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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
