Société
Kasaï Central : le ministre Puela demande pardon à la population de Kazumba pour le carnage de 2017
En séjour dans l’espace Kasaï, le ministre des Droits humains Albert Fabrice Puela s’est rendu dans le territoire de Kazumba pour s’enquérir de la situation des droits de l’homme dans cette partie du centre de la République. Après avoir entendu de ses propres oreilles le récit du drame vécu par la population en 2017, le patron des droits humains a au nom du gouvernement central et du président de la République, demandé pardon aux villageois.
« En ce 22 juin 2021, nous nous sommes rendus dans ce village, qui n’avait jamais cessé de faire son deuil, pour restituer les restes de cet échantillon des corps. Au nom du Président de la République et du gouvernement, nous avons sincèrement et très humblement demandé pardon aux compatriotes victimes de cette barbarie inqualifiable, en attendant que, dans le cadre de la justice transitionnelle, les victimes soient indemnisées. Plus jamais ça dans notre pays », a martelé Albert Fabrice Puela.
Il est à noter que grâce à l’implication et la collaboration de la Monusco par son Bureau conjoint aux Droits de l’homme (BCNUDH), quelques corps (un échantillon de 10) ont été déterrés et identifiés.
Pour rappel, le 07 mai 2017, des militaires dans 4 grands véhicules ouvrirent le feu sur une paisible population en plein marché au village Tshisuku, dans le territoire de Kazumba au Kasai central, tuant plus de 50 personnes et faisant plusieurs centaines de blessés. Un véritable carnage indigne de notre société. La vidéo a d’ailleurs fait le tour du monde. Plusieurs corps seront ensevelis dans un charnier (fosse commune).
Petit Ben Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Jeux d’argent en RDC : Le ministère des Finances lance la grande réforme de la régulation du secteur
Le gouvernement congolais franchit une étape décisive dans la modernisation du secteur des jeux d’argent. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Cellule de surveillance des jeux d’argent a engagé un vaste processus de réforme destiné à assainir et structurer un secteur en pleine expansion.
C’est dans cette dynamique que le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, Dieudonné Ntumba, a présidé une importante réunion avec les opérateurs du secteur au Centre financier de Kinshasa. Cette rencontre marque le lancement d’une série d’activités visant à mettre en place un cadre moderne de régulation, conforme aux standards internationaux.

Un partenariat entre l’État et les opérateurs
Dans son allocution, Dieudonné Ntumba a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés afin de garantir une concurrence loyale et de prévenir les dérives liées à la criminalité financière.
« Le rôle de l’État n’est pas d’empêcher les activités économiques, mais de les encadrer », a-t-il déclaré, rappelant que cette démarche s’inscrit dans la vision du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka visant à moderniser l’économie nationale tout en protégeant les populations vulnérables.
Une plateforme numérique pour contrôler les flux financiers
Parmi les mesures phares annoncées figure la mise en place d’une plateforme centralisée de régulation. Cet outil permettra aux autorités de suivre en temps réel les transactions et les mouvements financiers générés par les opérateurs de jeux.
L’objectif est double : renforcer la transparence du secteur et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Les opérateurs ont ainsi été invités à intégrer leurs systèmes à cette nouvelle infrastructure technologique.
Vers un nouveau cadre légal
La réforme s’accompagne également d’une évolution du cadre juridique. Un projet de loi sur la régulation des jeux d’argent est actuellement examiné au Parlement. Ce texte ambitionne de remplacer les dispositions héritées de l’époque coloniale par une législation moderne adaptée aux réalités actuelles du marché.
En attendant son adoption, la Cellule de surveillance poursuit la mise en œuvre des mécanismes de contrôle et d’encadrement destinés à préparer le secteur à cette transition.
Un soutien des acteurs du secteur
Les opérateurs présents à la réunion ont salué l’initiative du ministère des Finances. Responsable commercial et marketing de PixLab RDC, l’un des participants a estimé qu’un environnement mieux réglementé permettra aux entreprises d’exercer leurs activités dans un climat plus sécurisé et plus prévisible.
À l’issue des échanges, Dieudonné Ntumba a réaffirmé la volonté du ministère des Finances de maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse de cette réforme stratégique pour l’économie nationale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
