Actualité
Kinshasa : 337 détenus graciés ont quitté la prison de Makala
Joie et soulagement pour plus de 300 prisonniers graciés depuis décembre 2020, mais qui ont finalement quitté la
Prison centrale de Makala ce jeudi
jeudi 27 mai 2021. Une démarche accélérée grâce à l’implication personnelle de la nouvelle ministre de la Justice, Mme Rose Mutombo.
Justifiant le retard dans l’exécution d’une décision prise depuis près d’un semestre, le lieutenant-colonel Flory Kadimba, directeur de ce centre pénitencier, explique: « Nous avons fait des listes que nous avons envoyées à la Cour d’Appel de Matete et de
la Gombe au début du mois de mars pour avis et considérations. Elles nous ont retourné les listes au mois d’avril avec avis et considérations. Il s’agit
de plus de 800 personnes qui devraient être libérées. Nous avons libéré 127 personnes
le 26 mai 2021, et plus de 210 personnes ont été libérées le 27 mai 2021. Nous ne savons pas dire pourquoi ce retard, mais
nous croyons que cela est peut-être dû à la lourdeur de l’administration. Quand nous avons constaté qu’il y a un grand retard, nous sommes allés voir
Mme le ministre de la Justice qui nous a promis qu’elle allait s’impliquer personnellement dans ce dossier pour arriver à décanter cette situation de retard dans l’exécution des ordonnances
présidentielles », a-t-il dit.
Notons que le directeur de la prison a salué, au passage, le pragmatisme de la ministre d’Etat Rose Mutombo Kiese. « Ça c’est le résultat du
pragmatisme et du dynamisme de Mme le ministre de la Justice. Nous la remercions beaucoup parce qu’avec ce geste, nous essayons de résoudre ce problème épineux de détention
illégale », indique-t-il.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
Politique
DPS Kwango : Jean Dilonga affirme avoir refusé des tentatives de corruption liées à un dossier de détournement
Le dossier de détournement et malversations au sein de la Division provinciale de la Santé qui a secoué notamment des responsables des Programmes spécialisés de santé publique a risqué de s’enterrer et d’être classé « sans suite ». Cette situation est monnaie courante au Kwango, où certains médecins érigés en chefs coutumiers à la tête de certains programmes ont eu l’habitude de corrompre les autorités pour garder les postes et même monter en grade au grand dam des faits parfois tangibles.
Les gris-gris de Kimafu n’ont pas fonctionné cette fois
Quatre médecins chefs de programmes ont été mis en cause : Dr Deo Lulengwa, coordonnateur du Programme National pour la santé sexuelle et de la reproduction (PNSR), est accusé d’avoir détourné une importante somme d’argent et des matériels (ordinateurs, médicaments, etc). Il a détourné 19.000 ampoules de Carbétocine, une molécule destinée aux femmes. Dr Lulengwa, en lieu et place d’utiliser le médicament dans le cadre du programme, a choisi de le vendre et se faire de l’argent.
Il n’a organisé aucune activité de supervision des activités de son programme alors qu’il est financé par les partenaires ; Dr Serge Kandi (coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées à Chimiothérapie Préventive MTN-CTP) a été audité autour d’une fuite d’information sur l’utilisation des fonds du partenaire End-Fund Ufar.
L’audit a donc révélé un vol de 18.000 $ destinés à la formation de formateurs ; Dr Théo Kulonda (coordinateur du Programme National de Transfusion Sanguine, PNTS) est reproché de mégestion et de détournement des fonds. Selon l’inspecteur provincial de la santé, son programme ne fonctionne pas. Il est inexistant. Pas d’activités, il s’est transformé en commerçant des poches de sang et se fait du fric.
Il y a aussi Dr Abbé Marc Lukanzu, médecin et prêtre du diocèse de Kenge qui a reçu la charge de conduire la coordination provinciale du programme national de santé de l’adolescent (PNSA). Il lui est reproché des erreurs minimes d’administration. Il a été recadré et orienté. Il reste le seul jugé clean parmi les médecins audités.
Dr Lulengwa, Kandi et Kulonda ont écopé d’une suspension et sommés de restituer les sommes et les matériels détournés avant d’espérer la réintégration. Les autorités provinciales sont déterminées à piocher jusqu’au dernier voleur de la DPS pour éradiquer le mal dans la système de santé au Kwango dont la qualité de soins de santé ne bouge jamais d’un iota malgré l’implication des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers, à cause des détournements protégés des complices et des marabouts. C’est un empire qui s’effondre !
Selon des informations à notre possession, les médecins visés par l’audit de l’inspection provinciale de la santé du Kwango sont revenus à la charge. Des sommes d’argent ont circulé pour convaincre certaines autorités à taire le dossier. Le chef de l’Inspection provinciale de la santé du Kwango, M. Jean Dilonga, a confié à CONGOPROFOND.NET que certaines personnes l’ont contacté avec des enveloppes à la clé pour obtenir l’enterrement du dossier.
« J’ai refusé tous les avantages en nature comme en argent qui m’ont été présentés par ces médecins qui sont venus me corrompre », a-t-il dit. M. Dilonga a révélé qu’il a été plusieurs fois contacté au téléphone et reçu des visites à sa résidence pour effacer le dossier.
« L’impunité ne régnera pas toujours », a-t-il pensé, renvoyant « les corrupteurs les mains vides. » En l’en croire, il faut que cet empire de voleurs s’effondre.
Émile Yimbu
