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Ecoles fictives : Ilunkamba, Bakonga, Mayo, Sele Yalaghuli…, tous complices !

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La découverte de plus de 1000 écoles fictives dans les listings de paie du ministère de l’Enseignement Primaire Secondaire et Technique, agréées sur pied de faux arrêtés ministériels, suivie de leur désactivation tardive, en ce mois de mars 2021, à la demande du Premier ministre sortant Sylvestre Ilunga Ilunkamba, laisse plus d’un Congolais sans voix. Comment pareille maffia a-t-elle pu s’installer dans le secteur éducatif, sans inquiéter ses gestionnaires au quotidien, notamment le ministre Willy Bakonga, le Secrétaire général du même ministère, l’Inspecteur général de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, le Directeur du Secope (Service de Contrôle de la Paie des Enseignants), ni le chef du gouvernement, et encore moins les ministres des Finances et du Budget, qui se faisaient passer pour les « sentinelles » de la fameuse « chaîne de dépense » ?

L’autre fait intriguant concerne le silence des syndicats des enseignants ainsi que celui de l’ANAPECO (Association Nationale des Parents d’Elèves du Congo), qui auraient dû donner l’alerte au sujet du gonflement de la liste des écoles et des effectifs fictifs.

De la responsabilité d’Ilunga Ilunkamba

Le Premier ministre sortant, Ilunga Ilunkamba ne peut pas prétexter l’ignorance, pour avoir piloté, aussitôt après son entrée en fonction, en septembre 2019, avec les partenaires éducatifs (syndicats des enseignants, parents d’élèves, gestionnaires d’écoles conventionnées, inspecteurs de l’EPST, experts du gouvernement), plusieurs réunions d’évaluation de la mise en œuvre de la gratuité.

C’est d’ailleurs sur base de leur état des lieux que le Président de la République avait donné le feu vert à l’application de la gratuité dans le secteur de l’enseignement officiel de base.

Le Premier ministre démissionnaire ne peut prétendre n’avoir pas constaté le gonflement démesuré de l’enveloppe de paie des enseignants, d’autant plus qu’en janvier 2020, une commission spéciale avait été mise sur pied, sur décision du Conseil des ministres, pour procéder au toilettage des listes de nouvelles unités mécanisées mais non payées ainsi que celles des nouvelles unités non mécanisées et non payées.

On se souvient qu’à l’époque, les fichiers du Secope avaient enregistré plus de 300.000 nouvelles unités, ce qui posait un sérieux problème de budgétisation des effectifs. C’est également en ce moment que des rumeurs ont commencé à circuler au sujet d’écoles fictives couvertes par de faux arrêtés ministériels et d’enseignants fictifs recrutés dans la parfaite illégalité.

Dès lors que les dépenses de paie des enseignement et de fonctionnement des écoles ainsi que de fameuses « provinces éducationnelles » étaient passées du simple au double, voire au triple ou au quadruple, cette situation ne pouvait laisser le chef du gouvernement insensible, car constituant un sérieux goulot d’étranglement dans l’application de la gratuité.

De la responsabilité des ministres du Budget et des Finances

S’il y a deux ministres qui devraient réagir, dès réception des listes d’écoles et d’enseignants multipliées par deux ou trois, c’est bel et bien celui du Budget et son collègue des Finances, qui ont la charge de veiller à la traçabilité des fonds publics. Jean-Baudouin Mayo et Sele Yalaghuli n’avaient pas besoin de loupes pour constater, dès le premier mois de mise en application de la gratuité, que la « chaîne de dépense » venait d’imploser avec des enseignants et des agents administratifs de plus de 1.117 écoles « suspectes » à payer et des frais de fonctionnement à libérer.

On peut les considérer, sans autre forme de procès, comme complices des maffieux qui avaient levé l’option de saboter le processus visant à alléger le fardeau des parents d’élèves congolais au niveau de l’enseignement de base. Les limiers de la justice devraient s’intéresser à ces deux ministres, dans le meilleur délai, afin qu’ils expliquent par quelle magie ont été budgétisés plus de mille écoles fictives avec leurs effectifs, également fictifs.

De la responsabilité du ministre Bakonga

Tout au long du procès des saboteurs de la gratuité de l’éducation de base à la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, l’Inspecteur général de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, ainsi que le Directeur du Secope (Service de Contrôle de la Paie des Enseignants) n’ont cessé de pointer du doigt leur ministre de tutelle, Willy Bakonga, comme le principal ordonnateur des dépenses de paie des enseignants, des frais de fonctionnement des services administratifs, d’achats d’intrants sous le régime des marchés de gré à gré, etc.

Il était cité aussi comme l’auteur des arrêtés d’agrément d’écoles et de recrutement de nouvelles unités, dont la plupart sont réputés faux.

Si le secteur de l’enseignement de base est maintenant gangrené par des écoles et d’enseignants fictifs, sa responsabilité est largement engagée. Dans l’hypothèse où il aurait hérité d’une situation maffieuse créée par ses prédécesseurs, il était de son devoir de la dénoncer en Conseil des ministres ou aux instances judiciaires compétentes. Pour ne l’avoir pas fait, il doit avoir le courage de jouer carte sur tables afin que l’opinion nationale connaisse la vérité. Dans le cas contraire, sa place est à la prison de Makala, où sont condamnés à 20 ans de travaux forcés deux des fossoyeurs de la gratuité pris la main dans le sac, en attendant que la liste s’allonge.

De la responsabilité du Secrétaire général à l’EPST

Gardien du « temple de l’EPST », le Secrétaire général de ce ministère peut être considéré comme le principal auteur ou complice des saboteurs de la gratuité de l’éducation de base.

En tant que patron de l’administration, toutes les listes d’écoles, enseignants et agents fictifs étaient traitées, en dernier ressort, à son niveau, avant leur transfert vers les ministères de la Fonction publique, du Budget et des Finances.

Il apparaît, à ce titre, comme l’une des pièces maitresse du dispositif des détournements des fonds alloués à la rémunération du personnel et au fonctionnement des services et écoles. Qu’il soit un simple exécutant des ordres de son ministre de tutelle ou « parrain » des réseaux maffieux, il ne peut alléguer l’innocence.

Bref, une large maffia a pris en otage, pendant deux ans, l’éducation de base, la sabotant systématiquement à travers l’agrément d’écoles fictives et le recrutement d’enseignants fictifs. Cela fait de la matière pour la justice, qui a déjà pris plusieurs petits poissons dans ses filets, en attendant de s’attaquer aux requins.

Kimp/LE PHARE

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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades

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La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.

Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).

Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet

Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.

Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.

« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.

Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.

Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.

« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.

Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.

Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.

« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.

Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.

Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.

« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.

Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.

« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.

Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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