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Sama Lukonde : non aux écuries familiales !
Presque trois semaines après la clôture de ses consultations en vue de la formation du premier gouvernement post FCC-CACH, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde n’a toujours pas dévoilé la liste de ses « élus ». Entre-temps, de nouvelles moutures des présumés ministrables, sur lesquels il aurait jeté son dévolu, avec l’aval du Chef de l’Etat, sont en libre circulation dans les réseaux sociaux. Associées aux anciennes listes tombées dans le public, cela fait un peu désordre. On se demande finalement qui est ministrable et qui ne l’est pas.
Il nous semble utile de revenir sur l’un des points du critérium qui a souvent troublé plus d’un compatriote, à savoir le cumul des mandats et des fonctions par des dignitaires du kabilisme.
Grâce à la magie d’une loi électorale taillée sur mesure, des écuries familiales ont fait main basse, de 2011 à 2018, sur tous les mandats électifs.
Dans ce contexte, un candidat ou une candidate au portefeuille bien garni pouvait se faire élire à la fois Député national, Sénateur, Député provincial, Gouverneur de province, Président de l’Assemblée provinciale… Il ou elle s’arrangeait pour avoir, comme « suppléant » son époux ou son épouse, son fils ou sa fille, son neveux ou sa nièce, son oncle ou sa tante, son beau-frère ou sa belle-sœur, son beau-fils ou sa belle-fille.
Et, comme si cela ne suffisait pas, il ou elle jouait des pieds et des mains pour se faire nommer ministre national ou provincial, président d’un conseil d’administration, directeur général ou directeur général adjoint d’une entreprise publique… dans le dessein inavoué de céder son mandat électif à un membre de famille ou de clan.
Sama Lukonde interpellé
Habitués à vivre et à faire vivre leurs familles et clans aux frais de la République, les cumulards des mandats politiques rêvent de perpétuer la « mangeoire » nationale sous le régime de Félix Antoine Tshisekedi, comme c’était déjà le cas durant les deux premières années de son mandat. S’il y a une suggestion à faire au Premier ministre Sama Lukonde, c’est celle consistant à vérifier, à la loupe, les dossiers des candidatures des ministrables pour connaître les identités et les statuts de leurs suppléants à la députation nationale et provinciale, aux sénatoriales, dans la course aux gouvernorats et à la présidence des parlements provinciaux.
Il serait souhaitable qu’il s’assure que le concitoyen ou la concitoyenne qui postule comme ministre n’a pas comme suppléant député national ou provincial ou encore sénateur, sa propre épouse ou son propre mari, son propre fils ou sa propre fille, son propre neveu ou sa propre nièce, son propre oncle ou sa propre tante, etc. Car, les mœurs politiques du kabilisme étaient telles qu’on pouvait retrouver, dans le système, le père au gouvernement, la mère à l’Assemblée nationale, le fils au Sénat, la fille à l’assemblée provinciale, le neveu au conseil d’administration d’une entreprise publique, la nièce dans le comité de gestion d’une entreprise publique, etc.
Les limiers des « services » pourraient même être mis à contribution pour déceler les liens de sang entre les députés nationaux, provinciaux ainsi que les sénateurs candidats ministres, de manière à casser la chaîne de prise en charges des écuries familiales par le Trésor public.
Il ne serait pas normal que l’argent du contribuable congolais serve au confort des familles biologiques et clans dont les « chefs » se sont positionnés dans les institutions de la République.
C’est du reste à cause de la prise en otage de la République par des familles et clans biologiques que des voix s’élèvent pour suggérer l’élimination systématique, des listes électorales, des suppléants ayant des liens de sang avec des candidats. Si Sama Lukonde peut déjà bloquer, à son niveau, les architectes de la « République familiale », ce serait une grande avancée dans la construction d’une société égalitaire en RDC.
Kimp/LE PHARE